À propos du DAPA

Le certificat d’applicateur de produits antiparasitaires et assimilés, dit aussi CAPA, mais plus généralement DAPA est nécessaire à tout professionnel ayant à faire avec des produits phytosanitaires ou biocides (insecticides, raticides, désinfectants).

Sont concernés aussi bien le responsable du rayon « jardin » du Super U local, que le chef du service hygiène communal, ou l’agent de service de l’entreprise de dératisation/désinsectisation qu’appelle la clinique voisine.

Passons rapidement sur l’histoire « bizarre » du DAPA (le décret d’application est arrivé deux ans après la loi instituant ce diplôme, qui lui même s’appuie sur un texte de 1942…) pour souligner que si, dans l’esprit, l’idée est louable (on ne plaisante pas avec les produits ayant une influence sur notre santé et/ou notre environnement), dans les faits, c’est du grand n’importe quoi.

Premièrement, pour qu’une entreprise puisse faire commerce de la distribution ou de l’application de produits biocides, il lui suffit de justifier de la présence d’un certifié titulaire du DAPA pour dix agents non certifiés. C’est notoirement insuffisant. C’est un peu comme si dans un grand restaurant étoilé on édictait qu’un seul cuisinier diplômé pour 10 commis est nécessaire…
Dans la réalité, on a d’ailleurs maintes fois constaté que le certifié est au bureau pendant que ce sont des intérimaires peu qualifiés qui vont dératiser les berges du canal traversant la commune…

Deuxièmement, ce DAPA doit être renouvelé tous les cinq ans. Un dossier doit être rempli (encore de la paperasse…). La commission qui décide du renouvellement se base essentiellement sur les formations suivis par le candidat depuis l’obtention de son certificat, et sur les justificatifs d’achat de documentations techniques ou juridiques en rapport avec l’activité.

C’est complètement débile. Quand on pense que le permis de conduire, qui est hautement plus « dangereux » que le DAPA n’est pas renouvelable (il l’est seulement pour quelques permis « spéciaux »)… L’encadrement législatif des produits biocides est tel, que n’importe quel praticien de terrain est largement informé de ce qu’il convient de savoir par les organisations patronales, technico-commerciaux et revues professionnelles. Ensuite, sa pratique professionnelle, souvent quotidienne, a-t-elle vraiment besoin d’être
actualisée tous les cinq ans?

Troisièmement, en « ratissant large » au niveau de son contenu et de son public cible,
le contenu du DAPA, et, surtout, les différences d’interprétation qu’en font les centres de
formation laissent rêveur… Il est en effet composé de 3 unités capitalisables :

  • UC1 : Domaine technologique et professionnel,
  • UC2 : Domaine économique et règlementaire,
  • UC3 : Domaine Expression et Communication, auxquelles ont peu faire dire tout et son contraire.

Tous les CFFPA sont agrées par le ministère de l’agriculture pour dispenser des
formations initiales ou de renouvellement du DAPA. Mais de l’un à l’autre, on relève des
disparités ubuesques…

C’est ainsi qu’à L…, les candidats au DAPA, ayant derrière eux quinze ans de pratique en dératisation et désinsectisation, devaient « couper » un tracteur en deux (au niveau de sa boite de vitesses) pour le faire passer par une ouverture où il ne serait jamais passé en
entier…

Tandis qu’à N… il suffisait de remplir un QCM, avec un bon coup de main du formateur.

Alors qu’à M… on mettait les candidats dans des conditions proches du BAC (sujet
rédactionnel, silence dans la classe, le formateur qui surveille que personne ne copie sur le
voisin…).

Et ce formateur d’un CFPPA (très compétent dans son domaine) qui déplore que les candidats au renouvellement se fassent suer à cent sous l’heure dans ses cours du soir, dont le contenu est à des lieux de leurs préoccupations professionnelles…

Eh oui ! Qu’ont en commun un nouvel agent désinsectiseur/dératiseur, un gérant de coopérative agricole, un artisan en espaces verts, un responsable de rayon de grande surface ? Ils ont besoin du DAPA, mais font des choses très différentes l’un de l’autre !

C’est ainsi que nombre de mes clients titulaires du DAPA fraîchement renouvelé ont fait
appel à mes services pour suivre une « vraie » formation en dératisation/désinsectisation, que d’autres préfèrent passer une journée de stage chez un de mes concurrents (dont le métier est à la base le négoce de biocides) à lire le journal dans un coin, en attendant les « papiers » qui justifient la formation leur soient remis, que d’aucuns ont « échangé » ces « papiers » contre une grosse commande de biocides…

Donc, en résumé, le DAPA est davantage un certificat de « pharmacien », alors qu’il
conviendrait qu’il soit un diplôme de « praticien », voir de « trappeur ». Les besoins en formation sont en effet considérables en matière de lutte antiparasitaire insectes/rongeurs, notamment dans l’agriculture. Je suis toujours effaré devant les dégâts causés par l’incompétence d’applicateurs (animaux domestique ou rapaces tués) ou celle de vendeur de grande surface lorsqu’un client demande des conseils pour lutter contre des lérots…

Bon, maintenant que j’ai poussé mon coup de gueule, qu’est-ce que je propose ?

D’abord, une révision du référentiel du DAPA, qui est un des rares diplômes à n’avoir pas été révisé depuis sa création. Il serait temps de distinguer dans les textes ce que le terrain
« distingue » depuis toujours, quite à instituer plusieurs variantes du DAPA pour les distributeurs, pour les applicateurs « cultures » et pour les applicateurs « rongeurs et insectes », voire même distinguer les dératiseur/désinsectiseurs de la ville et des champs, comme ce bon Lafontaine nous l’a fait remarquer.

Ensuite, une harmonisation des contenus dispensés par les CFPPA, intégrant un important volet sur la lutte contre les rongeurs et les insectes, et s’adaptant aux besoins exprimés des candidats. Et là, je souligne un fait que l’expérience me confirme depuis plus de dix ans : tout le monde trouve un intérêt à suivre un stage en dératisation/ désinsectisation. Encore faut-il que les formateurs soit intéressants, certes, certes…

Enfin, la suppression du renouvellement quinquennal. Puisque le souci semble être que
les certifiés se tiennent au courant de l’évolution de la réglementation, les SRPV et DRAF n’ont qu’à envoyer une copie des nouveaux textes aux titulaires du DAPA, en RAR pour justifier une éventuelle inexcusabilité de méconnaissance de la loi.

Oui, et alors ? Utilisant les ressources de mon réseau de plus de dix ans (c’est très mode, ce genre de concept) j’ai donc fait un tour de la situation, entre mes clients, des personnes
ayant participé à l’élaboration du référentiel, des responsables syndicaux, des journalistes, des fonctionnaires…

C’est ainsi que je suis actuellement en pourparler avec un CFPPA de ma région pour rentrer « par la petite porte », intégrant temporairement l’équipe pédagogique en place, pour deux jours de formation en « dératisation désinsectisation » à l’intention des candidats au renouvellement ou à l’obtention initiale du DAPA.

Mais que c’est long, très long, pour que les choses se précisent…

Et pendant ce temps-là, les souris dansent…

Pierre Falgayrac 

www.hyform.fr

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12 réflexions sur “À propos du DAPA

  1. Particulierement interessant ce coup de gueule
    il se trouve que je suis dans la mme situation de reflexion
    j’aimerait savoir quelle titre la formation « appliq.phyto. » n’est accord que aux CFPPA
    Al’heure d’aujourd’hui aucunes explication ne m’a t donnes ,et cela malgrs les contact suivis avaec la DRAF Aquitaine
    chaques interlocuteur y vas de sa propre explication
    nous avons donc decid de nous appuyer sur les textes europeens concernant les situations de monopole de fait
    tg formateur CEPAJ BLANQUEFORT

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  2. Bonjour je viens de lire votre mot sur le certificat DAPA. J’avoue tre un peu choqu de ce tissu de critiques du dispositif ‘DAPA’ et des centres de formation.
    Je suis animateur formateur de la formation ‘DAPA’ pour les secteurs agriculture, espaces verts, distribution jardin et hygine publique. Je peux vous garantir que la formation dispense par mes soins ou mes intervenants (issus du milieu professionnel) est adapte chaque secteur. Et plus particulirement pour le secteur de l’hygine publique qui utilise des produits issus de la Directive 91/414/CE mais galement de la directive biocide.
    De plus une personne justifiant de plusieurs annes d’exprience professionnelle peut prtendre la VAP (Validation des Acquis Professionnels), ou le cFPPA peut proposer un parcours de formation adapt chaque candidat.
    Le certificat ‘DAPA’ n’est peut tre pas parfait mais il a au moins le mrite d’exister et de contribuer des pratiques plus respectueuses pour la population et surtout pour l’environnement.
    Toute personne souhaitant avoir des informations sur le dispositif peut me contacter par mail.

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  3. Bonjour
    Vous dfendez votre travail et je le comprends.
    Si vous relisez bien l’article vous constaterez que mes critiques portent sur l’inadaptation du DAPA aux mtiers de la dratisation-dsinsectisation-dsinfection (ou « 3D »), alors mme qu’il est obligatoire pour ces professionnels d’en tre titulaire.
    J’ai bien lu votre commentaire et vous n’voquez nullement un ou des modules de formation portant sur la lutte contre les rongeurs et insectes commensaux, qui sont les cibles des professionnels des « 3D ».
    En fait vous confirmez le principal reproche que je fais au DAPA tel qu’il existe aujourd’hui: c’est un certificat de pharmacien et pas de praticien.
    Vous n’tes pas choqu de savoir que plusieurs des certifis qui ont obtenu le DAPA dans des tablissements tel que celui o vous exercez, fassent appel mes services pour apprendre dsinsectiser et dratiser dans des jardins et l’intrieur des locaux, parce que les cours du DAPA ne leur ont rien appris en la matire?
    Mois si!
    Et ce n’est pas en dfendant le DAPA tel qu’il est que les choses vont s’amliorer quant l’usage raisonn des biocides du ct des entreprise de 3D.
    Hier encore, j’ai d’ailleurs eu un appel d’une entreprise de 3D de 11 salaris qui exerce sans DAPA depuis 15 ans!
    Pourquoi? « Parce que 11 jours de stage pour un diplme qui nous sert rien, c’est dbile! » dixit mon correspondant.
    Que vous inspire l’article o j’voque un CFPPA dont le directeur est parfaitement conscient des carences du systme, mais qui baisse les bras devant son quipe pdagogique qui estime « faire ce qu’il faut « selon les textes » , sans se proccuper des ralit du terrain et des besoins EXPRIMES des professionnels des 3D confronts au renouvellement obligatoire du DAPA?
    Pierre Falgayrac

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  4. bonjour tous ,
    je me permet de rejoindre votre petite discussion avec des questions bien prcise pour celui ou celle qui aura l’amabilit de me rpondre .
    En , je n’ai trouv aucun site me permettant de me renseigner sur les modalits ( age / diplome / conditions / tarif ) pour passer le dapa . je n’ai aucune adresse ni tlphone d’un organisme succeptible de me faire passer ce certificat.
    si quelqu’un pouvait me rpondre .
    merci d’avance

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  5. mon dieu que vous te objectif dans vos propos seriez vous formateur? Vous manquez serieusement d’objectivit. Vous vous croyer capable d’anseigner l’art de la dratisation et de la dsinsectisation en hygine public des personnes qui se fiche royalement de cette discipline. Le D.A.P.A. n’est pas une formation pro c’est une sensibilisation la rglementation pour les utilisateurs ou distributeur de phyto. ne faite pas d’amalgame entre l’incomptance d’un dratiseur et la mconnaisance des risques l’utilisation de produits phyto. Un jour vous aurrez des coles pour le mtier d’hyginiste applicateur et se jour la se sera la fin d’un mtier car n’importe quel abruti qui aurra fait une formation se croira dratiseur ou dsinsectiseur sur blattes ou autre. Grasse des personne comme vous qui vivez de la formation et donc pensez que l’on est bon si on t enferm dans une salle avec un soit disant formateur qui soit disant matrise le sujet. Vous me donnez anvi de vomir!

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  6. Je vous en prie, allez vomir l o bon vous semble.
    Quand vous irez mieux, venez-donc nous expliquer pourquoi le DAPA est obligatoire pour les dratiseurs et dsinsectiseurs, alors mme qu’il ne comporte rien d’utile pour leur mtier.
    Tant que vous y serez, dites-nous pourquoi seuls certains tablissements ont le droit de le faire passer des candidats, et pourquoi il faut toujours justifier de 5 ans de pratique professionnelle pour en demander l’obtention par la VAE, alors que l’Europe impose seulement 3 ans d’exprience.
    Pierre Falgayrac
    Formateur Responsable Pdagogique diplm

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  7. je desire m istaller en tant que desinsectisateur (guepes-frelons) quel diplome dois je passer sachant que j’ai pratiqu pendant plus de 35 ans en tant que sapeur pompier professionnel
    je suis la retraite maintenant et je veux cotinuer ue activit concernant les hminoptres

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  8. je suis applicateur et grant d’une socit 3D depuis 15 ans et vous demande quelle est la possibilit d’obtenir son DAPA via VAE ?
    Merci
    David MAURICE
    Nouvelle Caldonie

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  9. Bonjour
    Je n’en sais rien, car tout dpend de l’interprtation que la DRAF dont vous dpendez fera de la situation.
    Tenez-nous au courant.
    Cordialement
    Pierre Falgayrac

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