Un bilan du DIF, 5 ans après

Jean-Pierre Willems, expert en Droit de la Formation chez DEMOS FORMATION a publié un intéressant bilan sur le
DIF (Droit Individuel à la Formation), dressé entre octobre 2008 et mars 2009, auprès de 1.100 salariés.

On peut regretter que les cadres parisiens représentent près des deux tiers des sondés (constitués de ceux qui ont suivi des formations ou souhaitent en suivre). Ce fait démontre d’emblée que les objectifs présidant à la création du DIF (droit pour tous) n’ont pas été atteints.

On peut aussi déplorer que 50% des entreprises où travaillent les sondés sont en région parisienne. L’enquête ne précise pas par ailleurs si les sondés sont exclusivement des clients de DEMOS, mais on le subodore.

Et puis il y a cette phrase à noter « Le taux de salariés répondant à l’enquête est quasiment le double du taux d’accès à la formation dans le cadre du DIF au plan national. Il est nécessaire de tenir compte de ce ratio pour
prendre l’exacte portée des réponses aux autres questions. »

Ceci étant, les enseignements tirés de l’étude correspondent assez bien à mon ressenti sur le terrain des mes clients divers et variés. En voici un résumé.

La grosse majorité des salariés déclarent savoir ce qu’est le DIF, mais l’information est majoritairement interne, là où il y a des services Ressources Humaines ou formation. Autrement dit, dans les TPE PME, le DIF est moins bien connu, même si ses grands principes de fonctionnement sont acquis.

Il persiste toutefois du flou au sujet du sort du DIF en cas de changement d’employeur. Il y en a aussi en raison même du nom du DIF. « Droit individuel » fait oublier que l’employeur peut refuser autant de fois qu’il le souhaite l’accès au DIF.

L’étude montre par contre que les utilisations du DIF sont très diverses et très individualisées. Au moins le « I » de DIF est justifié.

Hormis le cas très minoritaire des salariés ignorants ce qu’est le DIF, les deux principaux motifs de non-utilisation du DIF sont la capitalisation des heures (et la crainte de tout perdre si les droits sont épuisés), et la difficulté à choisir une formation. Il semblerait que la VAE progresse, mais elle demeure néanmoins minoritaire dans le panel des formations les plus demandées (développement personnel, langues et management se partageant le podium).

Et la formation« hors temps de travail »? C’est un échec! En fait, le plus souvent l’employeur « aménage » les
horaires pour que la formation se passe en semaine, dans le cadre d’un horaire de travail normal.

Tentons une synthèse.

Si je mets en miroir ce que je constate chez mes clients et prospects, les principaux obstacles à la consommation du DIF chez les salariés faiblement qualifiés sont en fait:

    • Une rémunération des heures de formation à 50% du salaire normal

    • Un désintérêt pour les formations permettant de se qualifier dans un métier choisi souvent par résignation ou dépit

    • L’absence d’information sur la VAE. Car il se trouve que la VAE pour obtenir un diplôme est justement un facteur de motivation puissant dans les secteurs d’activité peu valorisants (propreté, assainissement…)

J’en conclue que le DIF, sous ses dehors BCBG et l’important battage dont il fait l’objet, est un énième dispositif technocratique boiteux qui profite surtout à ceux qui sont bien placés pour en profiter et qui savent « s’arranger ».

L’aménagement des horaires pour suivre les formations en semaine en est un bon exemple, et je doute par ailleurs que tous les stagiaires aient accepté de percevoir seulement la moitié de leur salaire en étant en formation (il est
si facile de faire signer une fiche de présence pour deux demi-journées au lieu d’une seule…).

En fait, le DIF a complexifié le dispositif général de la formation et n’a pas profité aux salariés les moins qualifiés, ceux-là même qui sont pourtant « boostés » par la prochaine réforme attendue en cours d’année.

Et puis, et puis, et puis….

Il va surtout va se poser à court terme le problème de la consommation des heures de DIF capitalisées par tous ceux qui n’ont pas encore suivi de formations. Et « plein de monde en même temps », ça promet un bug du DIF!

Sans doute qu’une réforme pointera le bout de son nez à ce moment-là…

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.com

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Une réflexion sur “Un bilan du DIF, 5 ans après

  1. je m’appelle tran tongson ,je suis au chomage ,je voudrai suivre la formation , pour me mettre en tant auto entrepreneur mon adresse 12 rue faucon 26200 montelimar
    tel 0617281292

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