Le CDD devient de plus en plus dangereux

De récents arrêts de la Cour de Cassation cernent d’encore plus près le Contrat à Durée Déterminée, qui devient un outil de gestion du personnel à deux tranchants très affutés.

Rappelons que le recours au CDD ne se justifie qu’en cas de remplacement d’un salarié absent, ou en cas de surcharge temporaire d’activité (de plus en plus difficile à démontrer devant un Conseil de Prud’hommes).

Il y a quelques temps déjà la Cour de cassation avait arrêté qu’il convenait d’indiquer les noms de tous les salariés remplacés dans le cas d’un CDD de remplacements multiples (cas d’un agent de service à temps plein qui remplace trois ou quatre agents à temps partiels en congés).

Maintenant il faut indiquer aussi le nom du ou des salariés remplacés, et leurs qualifications !

Le contrat (obligatoirement écrit) doit mentionner une date de début et une de fin. Or, si le terme du contrat est incertain en raison de la nature de l’absence du salarié remplacé (maladie, maternité…), il était d’usage d’indiquer « le contrat pendra fin au retour de M. X dans l’entreprise », mais c’est désormais
insuffisant. Maintenant, il faut aussi indiquer la durée minimale du CDD.

A défaut de ces éléments, un CDD sera requalifié en CDI par les prud’hommes.

Au bout du compte, entre la prime de précarité à verser et les contraintes règlementaires du CDD, un bon CDI et une rupture conventionnelle au bout, c’est assez avisé.

Et en plus c’est tendance…

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Réf : Cour de Cassation / Chambre sociale / 06-46055 et 08-41543

Pour une valorisation économique du ragondin

Le ragondin (Myocastor coypus) est un rongeur invasif de grande taille qui depuis les années trente colonise progressivement tout le sud de la France. Il est d’ailleurs maintenant bien présent dans les Pyrénées orientales.

Son histoire est à la fois simple et un peu sordide.

Originaire d’Amérique du sud, le myocastor fut importé et élevé pour produire de la fourrure, dés la fin du XIXème siècle.

Lorsque ce commerce passa de mode, beaucoup d’animaux furent relâchés, tandis que d’autres s’étaient déjà évadés. Et depuis, le ragondin prolifère, inexorablement…

En effet, ses prédateurs naturels, le puma et le caïman, ne furent pas importés en même temps que lui, et seuls quelques rapaces ou renards font-ils parfois un repas d’un ragondin juvénile.

Ses dégâts sur les berges de rivière et canaux sont très importants, car c’est un rongeur caviomorphe qui creuse des galeries profondes de plusieurs mètres; du coup ses ravages sur les cultures paraissent presque anecdotiques.

La lutte contre le ragondin est organisée à grand, à coups de décrets et arrêtés préfectoraux, et souvent gérée par les FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles).

Le piégeage, suivi d’un abattage au fusil est une pratique aussi courante que l’empoisonnement aux anticoagulants.

Google vous ramènera quantités d’informations et photos/vidéo sur le ragondin et les différents moyens de lutte utilisés pour l’éliminer, aussi ne m’étendrais-je pas davantage sur cet aspect du sujet.

Mon propos est de considérer les choses le plus simplement possible afin d’en tirer une conclusion pratique.

  • 1/ Le ragondin est une espèce invasive (qui prend la place d’espèces indigènes), donc réellement nuisible. Les écolos, verts et bio (qui ont toute ma sympathie) ne peuvent donc rien opposer à l’idée de gérer plus efficacement sa population, voire l’éradiquer.
  • 2/ Le ragondin est essentiellement herbivore et comestible. Sa viande est très appréciée en Amérique du sud. D’ailleurs quelques producteurs français proposent des pâtés et plats cuisinés à base de ragondin, d’autres des fourrures… On dit que la viande de ragondin est meilleure que celle du lapin…
  • 3/ Le seul prédateur européen « efficace » du ragondin est l’homme, qui peut donc se nourrir et se vêtir grâce à lui.

Mais qu’attendons-nous pour mettre en place une véritable filière économique « ragondin »?

Si le ragondin était chassé avec autant de constance que le sanglier ou le chevreuil, nul doute que les tableaux de chasse opulents seraient légion le dimanche. En outre cette chasse serait
ouverte toute l’année!

On trouverait là une source d’approvisionnement abondante pour une industrie de la fourrure qui ne s’attirerait pas les foudres de défenseurs de la nature!

Quel sont les principaux freins à l’émergence de cette filière économique? Ils sont culturels.

Si le ragondin avait été présent depuis toujours, des seigneurs se seraient arrogé le droit féodal de le chasser eux-seuls et les braconniers l’aurait chassé en cachette, tandis que les recettes feraient flores dans les livres de cuisine.

Oui, mais voilà, la tradition de la chasse ignore le ragondin, et l’industrie de la fourrure paie ses errances passées.

Or, que ne peut-on pas faire avec l’hypermédiatisation de notre siècle! Imaginons quelques spots de pub, des émissions ventant le goût de la viande du ragondin, des reportages chez des
restaurateurs prestigieux qui le mettent à leur menu, des articles déculpabilisant sur le port de sa fourrure, quelques vidéos youtubiennes dans le « même sens »…

Quand je vois les importants moyens mis en œuvre pour « organiser » une lutte vraiment peu efficace contre le ragondin (ce n’est faire injure à personne que de le dire), sans parler des lourds travaux de réparation et consolidation qu’il occasionne, je me dis qu’on pourrait peut-être essayer une voie alternative : La valorisation économique ragondin.

Et en plus on pourrait en avoir deux pour le prix d’un, car le rat musqué, c’est le même problème!

 Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr