Introduction de rapaces européens en Guadeloupe ?

Il y a quelques années, j’ai fait une formation en dératisation, désinsectisation et désinfection pour le FREDON de Guadeloupe. Les échanges avec les stagiaires, où l’on trouvait notamment deux agriculteurs (bananes et canne à sucre), ont été d’une grande richesse.

J’en ai bien évidemment profité pour visiter le pays, mais ma déformation professionnelle a autant orienté mon attention vers les traces de présence de rats et souris, que vers la beauté des paysages…

La Guadeloupe fait effectivement face depuis longtemps aux problèmes de prolifération des rongeurs muridés rat noir (rattus rattus) et souris (Mus musculus), qui impactent si fortement l’agriculture, que l’NRA a diligenté ses représentants pour trouver des solutions.

Certaines ressemblent à un emplâtre sur une jambe de bois: Des postes d’appâtage tous les cinq mètres, en lisière de champs de canne à sucre. Comme si les souris, attirées par l’entêtante odeur des cannes mures, allaient faire une halte dans une boite où se trouve un bloc hydrofuge empoisonné, bien moins appétissant que le cœur d’une canne à sucre…

L’analyse de la situation est limpide : Il n’y a pas de prédateurs pour réguler les populations de rongeurs
muridés, et c’est pour ça qu’ils prolifèrent.

Il faut préciser que la mangouste fut introduite à la fin du XIXème pour tenter de remédier au problème,
mais ce fut un échec car elle fait repas de serpents et d’œufs d’oiseaux nichant au sol, mais pas beaucoup de rats et souris… Exit les serpents, qui ne se nourrissent que de rongeurs…

Par ailleurs les récentes canicules que nous avons connu en Europe ont été l’occasion de remarquer que l’activité des buses, chouettes, hiboux et autres rapaces ne s’était pas vraiment ralentie.

D’où cette idée, qui peut paraître saugrenue au premier abord: Introduire un, ou des, rapaces européens en Guadeloupe.

Bien sûr, dans le fracas des levées de bouclier que ce genre de propos ne manquent pas de susciter, on perçoit le bon sens d’une remarque telle que « une catastrophe écologique avec la mangouste ça suffit, ne jouons pas aux apprentis sorciers »

Oui, mais… Une buse ou une chouette ne se nourrissent QUE de rongeurs ou cadavres, alors que la mangouste est omnivore.

Si l’introduction d’un rapace européen est loupée, ce sera par la disparition des rapaces, certainement pas par leur prolifération et leur impact sur l’équilibre écologique de l’île.

Comme la buse et ses collègues supportent mal l’hiver, il y a des chances que le climat guadeloupéen soit à leur goût. Ils chasseraient du coup toute l’année!

Et puis si la nourriture disponible ne leur convient pas, que peut-il se passer d ‘autre que leur extinction
naturelle?

Alors que si elle leur convient, elles se reproduiront normalement, du moins tant qu’il y aura à manger des rats et des souris.

Il s’agit simplement de rééquilibrer un déséquilibre, alors que rien faire revient à entretenir ce
déséquilibre.

Je subodore qu’il y a une statue qui attend celui qui réussira l’introduction de rapaces capables de réguler
les populations de murinés nuisibles en Guadeloupe.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

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