Où l’on reparle du DAPA

     Monsieur le Président de l’honorable Chambre Syndicale 3D fait le point sur la
réglementation dans le dernier numéro de Nuisibles et Parasites Information (n°71 août-sept. 2011). Ne sont abordés que la réforme de la certification des personnes et de l’agrément des entreprises dans le domaine phytosanitaire, et non pas « l’ensemble des 3D comme c’était le cas à présent ». C’est toujours le Ministère de l’Agriculture qui est maître d’œuvre du texte la réforme.

     Il s’agit en fait d’un relooking de CERTIPHYTO, dénomination en passe d’abandon. Passons en revue la nouvelle usine à gaz :

  •      Certification individuelle à deux niveaux : Applicateur et Décideur
  •      Au moins un Décideur par entreprise
  •      Certification accordée :
    • 1/ Par équivalence avec un diplôme existant obtenu il y moins de 5 ans,
      dont le DAPA
    • 2/ Un QCM direct
    • 3/ Une formation de 2 ou 3 jours, selon que l’on vise le titre d’Applicateur ou Décideur
  •      Certification valable 5 ans et renouvelable par une formation de 2 jours
  •      Négociation pour aligner cette durée à 10 ans, comme pour les agriculteurs
  •      Sur les rails :
    • Guide explicatif du Ministère
    • Kit de préparation à audit par la CS3D
    • Collaboration avec les organisations professionnelles des Espaces Verts et Paysagistes.

     Mais pourquoi tout ce travail et ce formalisme pour des entreprises dont l’essentiel de l’activité est l’application de produits biocides et très rarement des
phytosanitaires ? Franchement, les applicateurs 3D ont-ils vraiment besoin de savoir comment régler les buses d’un pulvérisateur agricole ? C’est pourtant un des points clefs de la certification ! Imagine-t-on le temps perdu par tous les applicateurs (oui, « perdu » !) pour quérir ces certifications ? Et l’argent que ça représente ?

     Par contre, sans doute les établissements agréés pour dispenser les formations ont fait le calcul de la manne qui leur est ainsi promise… Tout ceci signifie-t-il qu’à terme les applicateurs et leurs décideurs seront contraints de passer une autre certification, « Biocide » celle-là, et régie par le Ministère de l’Écologie et du Développement Durable ? Mais quel métier prestigieux que celui de la lutte contre les nuisibles, exigeant deux certifications de deux ministère différents !

     Rappelons que les biocides sont utilisés en hygiène publique, et les phytosanitaires en agriculture. Les entreprises de Dératisation/ Désinsectisation/
Désinfection exerçant dans le domaine de l’hygiène publique, elles devraient donc relever du MEDD (c’est en cours de route, mais rien de concret pour l’instant).

     Vraiment, nous ne comprenons pas pourquoi la CS3D tient à rester dans le giron de l’agriculture, et se complaît dans un immobilisme BCBG. Pourquoi immobilisme ?
Parce qu’encore une fois, dans les programmes de certification il n’y aura aucun module portant sur la biologie des rongeurs et insectes nuisibles visés par les produits phytosanitaires ! Or, si l’on veut réduite l’utilisation des pesticides quels
qu’ils soient, n’est-ce pas aussi en connaissant bien le mode de vie des rongeurs et arthropodes cibles ?

     De l’art de tourner en rond, avez-vous dit ?


Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr