Diviser pour mieux faire régner rats et souris


Le progrès.fr publie dans son édition du 30/05 un article intitulé « Souris, cafards et autres bestioles… la CGT donne l’alerte à la Part-Dieu »

http://www.leprogres.fr/rhone/2012/05/30/souris-cafards-et-autres-bestioles-la-cgt-donne-l-alerte-a-la-part-dieu

On y lit : Eric Amsellem,  président des commerçants, déclare «  D’importants moyens financiers sont mis en œuvre pour la dératisation, mais dans ce domaine, tout le monde sait que l’on fait surtout du curatif, et qu’il est impossible d’être à 100 % tout le temps. Surtout dans un lieu où il y a un tel brassage de marchandises. C’est dommage, sous prétexte de vouloir s’en prendre à quelques enseignes, d’en faire un cliché qui fait du mal à tout le monde »

Pour la CGT, la lutte passe par une meilleure coordination : « Il faut que tout le monde se mette
d’accord. Dans les boutiques de vêtements, on est évidemment moins sujet aux problèmes que dans les enseignes de restauration. Il faudrait pourtant que tout le monde dératise en même temps, une bonne fois pour toutes. Et il faudrait surtout savoir qui doit faire quoi. C’est comme quand il y a des problèmes de climatisation, tout le monde se renvoie les responsabilités entre
le centre et les enseignes. Or, la présence de nuisibles montre bien qu’il y a aujourd’hui un acteur qui ne fait pas correctement son travail
. »

Nous donnons raison à la CGT, et pas au président des commerçants. Pourquoi ? Ce dernier reconnaît que des sommes importantes sont dépensées en traitements curatifs, c’est à dire pour tenter d’éliminer les rats et souris déjà installés dans les lieux ; or, il serait bien plus avisé de s’occuper de prévention, de manière coordonnée, entre tous les concernés, ou d’organiser une campagne générale et globale de dératisation.

Les problèmes de rats et de souris sont effectivement l’affaire de tous. Enfin, devraient être
l’affaire de tous…

En se déchargeant des nécessaires mesures d’hygiène publique sur chaque commerçant,
l’administration du centre est coupable, comme tant d’autres structures, d’inconsistance et d’incompétence. C’est ainsi que la division des responsabilités permet aux rats et souris de mieux régner.

Au moins, dans l’habitat collectif, c’est le syndic ou le bailleur qui recourt à une société
spécialisée, et chaque copropriétaire ou locataire paie sa cote-part. Mais dans les copropriétés d’établissements commerciaux, l’appât du gain ou la course aux moindres dépenses importent plus que tout…

Un bon contrat de dératisation et désourisation doit comporter une phase de diagnostic global (sur l’ensemble du bâtiment et chacun de ses locaux), des préconisations de mesures préventives, une proposition de traitement de base, une proposition de surveillance de débuts d’infestations, et un engagement sur des interventions ponctuelles dés que nécessaire.

Le syndic ou bailleur prévoyant de son côté des obligations de la part des propriétaires et
locataires, et des pénalités en cas de manquement. Ce ne doit pas être bien sorcier, cela existe déjà pour le prestataire qui assure le nettoyage des parties communes.

Oui, mais voilà. Les administrateurs du centre et les commerçants, qui décident de ces choses, n’y connaissent rien en rongeurs commensaux…

Donc, les souris dansent !

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr