La nouvelle règlementation Biocide : peu pertinente et incohérente


Ce nouveau texte est applicable depuis le 1er septembre et remplace la directive 98/8/CE.

Il est disponible ici :
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:167:0001:0123:FR:PDF

Attention: 123 pages !

En introduction, on lit qu’est mis en place « un vaste programme d’examen, entamé en 2006 et qui s’achèvera en 2024. A terme, seuls pourront être autorisés les produits biocides efficaces et sans risques pour la santé et l’environnement. »

Ça commence bien… Intrinsèquement, un biocide ne peut pas être sans risque pour la santé et l’environnement puisqu’il est forcément, et par la force des choses, toxique.

La règlementation européenne distingue les produits phytosanitaires (utilisés en agriculture et pour la préservation des denrées stockées) des produits biocides utilisés en hygiène publique (dans les faits, les prestations de dératisation, désinsectisation et désinfection). Les molécules sont les mêmes, mais les concentrations et les méthodes d’applications sont fondamentalement différentes (à ce jour on a toujours pas vu d’avion léger répandre des nuages d’insecticide sur un quartier résidentiel).

Préserver la santé et l’environnement des citadins est louable mais utopique, voire incohérent . Autant bâtir les villes à la campagne, comme le disait Alphonse Allais…

Bon an mal an, les professionnels des 3D soucieux de leur santé et de celles de leurs clients (il y en a)  n’utilisent que très peu de matières actives, en tout cas des dizaine de milliers fois moins que les agriculteurs intensifs.Par exemple, il y a seulement 1 kg de biocide rodenticide dans 40 tonnes d’appâts.

Ce nouveau règlement est donc peu pertinent, car il concerne un infime pourcentage des pesticides appliqués « parcimonieusement » dans un biotope artificiel et pollué.

Prétendre n’autoriser, après étude, que certains biocides et pas d’autres est la porte ouverte à gabegies et tractations de lobbyings. A terme, seule une minorité de produits utilisables légalement sera disponible, ce qui génèrera des souches de nuisibles résistants. Tout le contraire d’une politique de développement durable, en somme…

De toutes façons, un texte de 123 pages rédigés par des politiques très éloignés des réalités de l’utilisation des biocides sur le terrain, c’est la garantie de contradictions, incohérences et sur le terrain, interprétations locales diverses et variées.

Les souris, rats, blattes et puces peuvent continuer à danser.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

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