Sur le livre « C’était mon métier » de François Lemaire-Sicre

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Sur le livre « C’était mon métier »


de François Lemaire-Sicre / 215 pages, édité à compte d’auteur/2008

Hors commerce, réservé à usage interne dans l’entreprise Lemaire-Sicre, épuisé.


Ce livre nous a été prêté par une collègue formatrice. Ce fut une découverte. Il s’agit d’un témoignage majeur de l’histoire du métier de PCO (Pest Control Organisation, anglicisme pour le métier « d’applicateur »).

Sujet : Une compilation d’anecdotes professionnelles d’un dératiseur-désinsectiseur-désinfecteur qui a commencé sa carrière en accompagnant son père, dés 1934, et l’a achevé à la fin des années 70.

Contexte : C’est grande époque du gaz HCN (acide cyanidrique), qui est utilisé aussi bien en désinsectisation qu’en dératisation, par saturation du volume de locaux préalablement
étanchéifiés.
En dératisation, c’est la fin de l’utilisation des virus, qui contaminent parfois plus d’humains que de rats, et le début des poisons chimiques d’ingestion qu’il faut mélanger à de la nourriture saine. L’auteur utilise plusieurs types de poisons à action rapide avant de généraliser
l’emploi des premiers anticoagulants.

En désinfection, il utilise principalement l’aldhylène.

C’est l’époque des méthodes d’application « en grand », parfois aventureuses en matière de santé, hygiène et sécurité…

Points marquants :

–   Nos aînés de l’entre-deux guerres et l’après 2de guerre côtoyaient plus facilement les rats, punaises des lits, puces et blattes que les générations actuelles. Cela nous fait penser au début des années 60 et le spectacle des fenêtres de chambres à coucher garnies de matelas, draps et couvertures qui coloraient tous les matins les façades des barres d’HLM, alors que les enfants allaient à l’école. Une bonne aération et quelques secousses permettaient en effet de chasser des parasites indésirables…

– L’utilisation de grandes quantités de poisons sans prendre de précautions particulières occasionnait des dommages collatéraux ennuyeux (chiens, notamment) et parfois regrettables (mort d’applicateurs qui fumaient en pulvérisant un insecticide, ce qui produisait du gaz moutarde).

– Les errances de l’industrie chimique (fabrication de pneumatiques) qui empoisonne des ouvriers.

– Les premiers phénomènes de résistance au coumafène (un des 1ers anticoagulants utilisé en dératisation) apparaissent dès les années 50, avec un pic à la fin des années 60.

– La rencontre avec J. Giban, chercheur à l’INRA dans les années 60, vaut le détour. L’auteur conclut : « J’ai retenu de cette affaire que le manque de curiosité d’un scientifique bardé de certitudes, l’empêche parfois de penser que toutes choses vivantes évoluent aussi même dans son domaine… ».

– La médecine qui prescrit force médications et cures à des patients souffrant de démangeaisons sans manifestations allergiques visibles, alors qu’il s’agissait de hordes d’acariens inféodés aux plumes d’oies dont on bourrait matelas et oreillers… Voilà qui fait écho aux médecins d’aujourd’hui qui accusent des araignées en lieu et place de punaises ou tiques, pour expliquer des rougeurs ou petits œdèmes sur la peau.

– L’humilité nécessaire pour comprendre quoi faire face à une infestation de rongeurs, insectes ou acariens, surtout à une époque où rien de bien consistant n’était publié sur les rongeurs et
insectes nuisibles. Observer, analyser et définir une stratégie… Quelle différence avec les applicateur des plus grands groupes de sanitation, qui raisonnent en pharmaciens en en
quadrillage d’un espace par des dispositifs d’appâtage ou de piégeage !


Remarques : Les limites de l’inculture professionnelle, c’est-à-dire de l’absence de connaissances solides sur l’éthologie murine (et pour cause, il n’existe toujours pas grand-chose sur le sujet), font se perdre les observations de l’auteur dans des considérations anthropomorphiques. Ainsi, dans l’épisode « des rats trop gourmands », l’auteur explique qu’il jette des morceaux de pain empoisonné au milieu d’une troupe de rats, qui se réfugient,
du coup, dans le collecteur d’égout proche. 20 minutes après, un gros vieux rat vient prudemment examiner les morceaux de pain. Il rejoint le collecteur pour en ressortir accompagné de deux jeunes rats, qui consomment du pain.

Leur retour dans le collecteur occasionne quelques cris suraigus, puis tous les rats reviennent et consomment du pain. Un nouveau jet de morceaux de pain les fait d’abord s’enfuir, pour
revenir peu après et consommer encore du pain empoisonné.

Conclusion de l’auteur « Le vieux rat, le chef de tribu, avait fait tester les mets inconnus à de jeunes rats. Il avait jugé très certainement qu’il n’y avait pas de danger, que la manne céleste tait inoffensive, et avait donné ses instructions, fruit de son observation ».

Il s’agit d’une conclusion très anthropomorphique, c’est-à-dire qu’il est prêté aux rats des comportements humains. Nous dénonçons ce travers, constant depuis des siècles, dans notre livre « des rats et des hommes ». Voyons ce qu’il en était vraiment de cet épisode à la lumière des compréhensions modernes de l’éthologie murine sauvage.

Le « gros vieux rat » était probablement une femelle, car les mâles ne s’occupent pas de leurs petits. Le fait qu’elle n’ait pas mangé tandis que ses petits consommaient du pain indique qu’elle s’était restaurée il y a peu, et accompagnait les jeunes les plus faibles de sa portée (car une portée de rats c’est entre 6 et 12 petits), qui n’avaient sans doute pas suffisamment mangé à leur faim (rats de rang β ou ω).

Le retour des rats dans le collecteur suivi de petits cris sont la preuve que les rats communiquent, mais sur un mode très simple :

– Les congénères qui sentent l’odeur du pain dans le museau des deux jeunes rats sont en confiance pour consommer à leur tour cet aliment ;

– Les mères émettent les cris de ralliement/rassemblement destinés à leur
progéniture, et tous sortent pour consommer en confiance les morceaux de pain empoisonné.

Pour en savoir davantage sur cette légende urbaine des « rats goûteurs », nous invitons nos lecteurs à se référer à notre livre Des rats et des hommes 

Nous regrettons de n’avoir pas connu ce livre avant, car nous l’aurions fait figurer dans la bibliographie du notre, et peut-être aurions-nous davantage insisté sur la généralisation du HCN pour « Tout traiter ». Ceci étant, les écrits de Monsieur François Lemaire-Sicre, aujourd’hui décédé, confirment bien des choses dont nous parlons et n’en n’infirment aucune.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

En réponse à M. le Président du SNH dans le dernier bulletin de ce syndicat

Dans le « Mot du président » du dernier bulletin d’information du SNH (en ligne ici ), Hyform est cité au sujet des formations obligatoires pour obtenir CERTIBIOCIDE :

« Pas un de nos fournisseurs, du plus « gros » au plus petit n’est passé au travers de l’organisation de formations.

S’il est vrai qu’elles sont excellentes (Lodi, Edialux, Aedes, ou encore les individuelles tels Formagiène ou Hyform) tous membres du SNH, il n’en demeure pas moins que j’aurai nettement préféré la démarche volontaire intelligente à la construction administrative qu’ils ont
soutenu
 »

 Nous respectons l’appréciation du président du SNH sur la qualité des formations de nos confrères, bien que nous ne partagions pas du tout son point de vue ; voir notre interview dans le dernier numéro spécial « Formation » du magazine « Nuisibles et Parasites Information », qui nous a valu quelques inimitiés de confrères…

Par contre, le président du SNH semble ignorer qu’au contraire d’Edialux, Lodi et ASFORNA, Hyform n’a pas été invité à discuter le protocole de CERTIBIOCIDE au MEEDD, et est donc « passé au travers ».

En effet, Hyform n’est pas agréé pour faire passer CERTIBIOCIDE, et ne peut pas l’être
du fait de sa structure individuelle sans locaux professionnels… De toute façon, Hyform ne souhaite pas être organisme de formation et certificateur pour un CERTIBIOCIDE ubuesque qui respire les petits arrangements entre amis.

Nous déplorons en effet :

1/ Que le dispositif CERTIBIOCIDE soit une gabegie technocratique qui profite aux seuls juges et parties qui ont participé à son élaboration, et offre un ballon d’oxygène financier aux CFPAA qui s’occupent de CERTIPHYTO, puisque CERTIBIOCIDE en est un copié-collé, inadapté
aux besoins des prestataires en hygiène publique ;

2/ Que son contenu et sa forme aillent à l’encontre du but recherché :

  • Trois jours de formation sur les risques et dangers de biocides qui n’ont tué personne au cours des 40 dernière années est aberrant ;
  • Du témoignage de plusieurs de nos clients qui sont allés suivre les 3 jours de « CERTIPHYTO contextualisé 3D » (futur CERTIBIOCIDE, donc), et de la documentation remise, il ressort qu’il s’agit d’un fastidieux bourrage de crâne orienté « réglementation et jardins », qui ne présente aucun aspect pratique pour la dératisation-désinsectisation, même quand sont examinées les « techniques alternatives ». Il n’y a rien, par exemple,
    sur la lutte contre les punaises des lits avec zéro biocide, ni sur l’application raisonnée d’insecticides en hygiène publique…
  • Les stagiaires décrochent vite et passent une bonne partie de leur temps à pianoter sur leurs smartphones. Ce n’est pas grave puisque CERTIBIOCIDE est donné à tous les participants, même à ceux qui n’ont rien compris. Nous avons déjà évoqué dans un précédent article le cas d’un néo-certifié qui croit que les molécules biocides, dosées à 0,05% dans un appât, risquent de migrer à travers la peau et que cela impose donc le port de gant « chimiques ». Pour donner une idée de la chose, cela revient à mettre des gants avant de sortir un cachet d’aspirine de son tube…

Pour éclairer le contexte de CERTIBIOCIDE, la lecture de la dernière «News HS novembre
2013 
»  d’un fournisseur de biocides et organisme de formation est révélatrice. Derrière les
«
 Nous avons la joie de vous faire part de la naissance du Certificat Individuel Biocides » et des
«
Surprises accompagnent sa naissance » (trois !) est présenté le dispositif contraignant que nous connaissons. De l’art de faire passer des vessies pour des lanternes… En effet, la seule véritable bonne nouvelle est pour ce fournisseur, qui a beaucoup d’argent à gagner avec CERTIBIOCIDE, alors que ses clients doivent se goberger trois jours de formation bien gonflants, ou un seul, pour ceux qui se sont déjà tapés les deux jours de « CERTIPHYTO décideur »… Il n’y aucune bonne nouvelle ou aspect positif dans cette réalité.

Nous espérons que le président du SNH rectifiera donc les propos nous concernant dans le prochain bulletin d’information, car HYFORM n’a vraiment rien à voir avec les OF qui feront passer CERTIBIOCIDE…

Pierre Falgayrac

wwww.hyform.fr