Certiphyto 2 jours + Certibiocide 1 jour : toujours aussi ubuesque

Rappelons :

1/ Que la législation impose à tous les applicateurs des entreprises de 3D (Dératisation, Désinsectisation, Désinfection) de passer CERTIBIOCIDE avant juillet 2015 ;

2/ Que CERTIBIOCIDE peut s’obtenir après une journée de formation pour ceux qui sont titulaires de CERTIPHYTO, ou après 3 jours pour passer d’abord un CERTIPHYTO en 2 jours ;

3/ Que CERTIPHYTO concerne l’agriculture et le secteur des espaces verts ;

4/ Que depuis plus de vingt ans, il n’est enregistré aucune victime humaine par empoisonnement accidentel avec des produits biocides appliqués en hygiène publique (en ville et sa banlieue) ;

5/ Qu’une partie du milieu professionnel s’interroge à juste titre de l’intérêt et la pertinence de cette certification qui, selon simmbad.fr (site officiel du Ministère EDD), n’est aucunement une qualification professionnelle…

Un de nos clients qui s’est astreint aux trois jours de formation dans un des
centres agréés par le Ministère nous a confié la documentation remise aux stagiaires pour la 3ème journée. Sa consultation nous a abasourdi !

246 slides (ou diapos) PowerPoint, oui j’ai bien écrit 246 slides pour la journée de formation… Soit plus de 35 slides à l’heure, donc 1,7 minute par slide. Bien sûr, il n’y a pas de règles en la matière, mais lorsqu’il s’agit de formation professionnelle, il convient d’être synthétique et pas « cumulatif ». Or, en l’espèce, ou la journée
est menée tambour battant de 9h à 17h, ou le formateur zappe des séries entières de slides lors de son intervention (ce qui a été le cas). Quel est donc l’intérêt d’en avoir conçu autant et d’en surcharger le dossier destiné à prendre des notes ? N’importe quel enseignant confirmé vous dira que pour une assimilation efficace des informations, les stagiaires occasionnellement distraits doivent aisément retrouver le fil de la formation en se repérant dans le carnet de notes où figurent les slides. Notre client nous a ainsi avoué que lui et d’autres ont rapidement « décrochés » car ils étaient infichus de s’y retrouver dans la documentation…

Que trouve-t-on comme contenu pédagogique dans ces slides ?

– 27 concernent le campagnol des champs et la taupe : ces thèmes sont totalement hors-sujet de la certification Biocides. Quitte à en parler, 2 ou 3 slides suffiraient largement.

– 186 traitent des moyens de lutte non chimiques pour les arthropodes et rongeurs : glu, pièges, ultra et infrasons, lutte biologique, destructeurs électriques à rayons ultra-violets, etc.

1/ Les problématiques rongeurs et arthropodes ne sont pas séparées et traitées ensemble, ce qui ne peut qu’être sources de confusions. Il tombe en effet sous le sens que le traitement des blattes est bien différent de celui des souris…

2/ Il y a bien évidemment des longueurs inutiles (pièges à phéromones, UV et
vision des insectes), mais par contre d’autres sujets sont survolés, qui mériteraient d’être développés (notions de piste obligée et non obligée pour les rongeurs).

3/ Il y a des informations fausses sur les normes agroalimentaires et d’autres très discutables sur les appâts « naturels » « préférés » par les rongeurs.

– 32 slides abordent le « rat proofing » et la lutte intégrée : le contenu est cohérent mais pourrait tenir en une dizaine de slides.

Et, surtout, que ne trouve-t-on pas dans le contenu de cette certification Biocides ? L’essentiel!

Oui, l’essentiel : c’est-à-dire les techniques d’application raisonnées des rodenticides et insecticides. C’est incroyable, mais vrai !

Apprendre à se passer des biocides est une chose, mais l’esprit même de
CERTIPHYTO et CERTIBIOCIDE est bien d’en appliquer le moins possible et avec précautions, or ce sujet n’est même pas effleuré !

Il existe pourtant des manières de dératiser avec des anticoagulants ou de désinsectiser avec des pulvérisations d’insecticides en utilisant 4 à 10 moins de produits toxiques, oui, nous avons bien écrit 4 à 10 fois moins. Nos clients peuvent en témoigner et l’un d’eux l’a déjà fait sur ce blog.

Mais comment appliquer juste ce qu’il faut de biocides sans connaître d’abord la biologie et l’éthologie (le comportement) des rongeurs et arthropodes cibles ?

Bref, comme nous l’avons déjà écrit, CERTIBIOCIDE est une certification inutilement lourde et inadaptée aux besoins réels des professionnels qui appliquent des biocides.

D’où notre prochain article : pour une réforme de CERTIBIOCIDE.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

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