Proposition de réforme ou d’adaptation de Certibiocide

Comme annoncé dans la réponse à M. Montmoreau et dans le précédent article sur
l’incohérence du dispositif de certification CERTIBIOCIDE, voici notre proposition détaillée de réforme ou adaptation du programme de CERTIBIOCIDE.

Préambule :

L’arrêté du 9 octobre 2013 instituant le dispositif CERTIBIOCIDE indique que « les durées par chapitre sont indicatives ».

Ce qui signifie clairement qu’il est possible d’adapter contenus et durées aux besoins des stagiaires, puisque le « Protocole de mise en œuvre » de Simmbad.fr (site officiel du MEDD) dit que: « l’organisme de formation s’assure de l’éligibilité du demandeur
(certificat/attestation de formation Certiphyto éventuellement possédé), s’informe sur l’expérience professionnelle, les formations suivies, s’informe sur les spécificités de l’activité professionnelle des stagiaires et les problématiques environnementales de la zone géographique où ils exercent leurs fonctions. (…) Les organismes de formation s’attachent, dans toute la mesure du possible, à constituer des groupes de stagiaires exerçant dans le même secteur d’activité : utilisation de biocides ou vente de biocides
. »

Certification ne vaut pas qualification : simmbad.fr précise que « le certificat porte sur des connaissances et non sur des compétences professionnelles. Il exclut donc l’évaluation des
savoir-faire et ne confère pas une qualification professionnelle.
 » (C’est nous qui soulignons).

L’existant
(tiré de simmbad.fr)

Programme de formation
(durés indicatives préconisées entre parenthèses, pour un total de
21 heures) :

Chapitre «
réglementation » (2 h 30) :

– Introduction au certificat individuel pour l’activité «utilisateur professionnel et distribution de certains types de produits biocides destinés exclusivement aux professionnels».

  • Définition des produits biocides, cadre réglementaire français et européen, produits autorisés et produits illégaux, autorisation de mise sur le marché, utilisation des produits, réglementation du transport et du stockage.

Chapitres « produits rodenticides » « produits insecticides » et « produits désinfectants » (5 h 30 chacun – nous les regroupons car le contenu des 3 modules est
identique) :

Thème « prévention des risques pour la santé »:

  • Risques liés à l’utilisation des produits rodenticides, insecticides et
    désinfectants ;
  • Présentation des principales substances actives ;
  • Dangerosité des produits : voies de pénétration, intoxication aiguë et
    intoxication chronique, devenir des produits dans l’organisme
    (stockage ou élimination) ;
  • Situations d’exposition aux dangers : situations d’exposition :
    avant, pendant et après l’application, contact direct et indirect, facteurs favorisant et aggravant la pénétration, catégories de populations sensibles ;
  • Mesures à prendre pour réduire les risques pour les êtres humains ;
  • Estimation des risques pour la santé des applicateurs et des usagers ;
  • Principales mesures de prévention ;
  • Principales mesures de protection : port des EPI…
  • Principes d’utilisation dans les espaces impliquant des usagers ;
  • Principales consignes et réglementation ;
  • Conduite à tenir en cas d’intoxication aiguë ou d’accident ;
  • Principaux symptômes d’empoisonnement ;
  • Conduite à tenir en cas d’accident ;
  • Mesures d’alerte des premiers secours : numéros d’urgence,
    déclaration des accidents.

Thème « prévention des risques pour l’environnement » :

  • Risques pour l’environnement et principales voies de contamination ;
  • Dangerosité pour l’environnement : impacts sur l’environnement, sur les
    organismes non-cibles et la biodiversité, connaissance des dangers des produits ;
  • Situations d’exposition aux dangers : types de pollution : diffuse ou ponctuelle, devenir des produits biocides dans l’environnement après le traitement, situations de contamination avant, pendant et après le traitement, facteurs favorisant et aggravant les contaminations, risques au niveau de la zone à traiter lors d’une intervention ;
  • Prévention des risques : zonage (zones protégées…), stratégies retenues selon
    les espaces, leur nature, leur usage, pratiques et aménagements visant à limiter la dispersion des produits biocides dans l’environnement lors de leur utilisation, traçabilité tout au long du processus.

Thème « stratégies visant à limiter le recours aux produits rodenticides, insecticides et désinfectants »:

  • Techniques alternatives à l’utilisation des produits biocides ;
  • Méthodes et produits alternatifs ;
  • Techniques de lutte intégrée (lutte biologique directe et indirecte, méthodes
    physiques, etc.) ;
  • Évaluation comparative de l’utilisation des produits ;
  • Évaluation de la nécessité d’intervenir : identification des organismes cibles
    et évaluation des risques ;
  • Raisonnement des interventions ;
  • Choix des produits par rapport à leur efficacité, à la toxicité, à leurs facteurs intrinsèques (dose de matière active, mobilité, dégradation plus ou moins rapide, solubilité, etc.) ;
  • Adaptation des doses et des modes d’application en fonction de l’état
    et de la distribution spatiale des organismes cibles ;
  • Évaluation comparative de l’utilisation des produits biocides et
    techniques alternatives.

Chapitre « gestions des déchets » (1 h 30) :

  • Gestion des déchets dans l’entreprise et sur site d’intervention ;
  • Gestion des effluents ;
  • Gestion des déchets organiques.

Autoévaluation (0 h30)

 Autant dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : il s’agit d’un bourrage de crâne pénible et peu pertinent sur le plan professionnel…

PROPOSITION pour une
réforme ou une adaptation du programme de
CERTIBIOCIDE

 

Notre programme repose sur une approche logique de l’application
des produits biocides :

– Ils sont conçus pour tuer des organismes vivants jugés nuisibles
dans un contexte donné ;

– Pour préserver la santé des personnes et l’environnement dans
ce contexte donné, il convient de connaître l’action de ces
produits biocides sur les organismes vivants cibles et non cibles
et l’environnement au sens large ;

– Pour en appliquer le moins et le mieux possible, il convient de
connaître la biologie et l’éthologie (le comportement) des
organismes vivants cibles ;

– Pour être en conformité avec la règlementation, il faut connaître
celle qui concerne les applicateurs.

Nous pensons que la durée de 3 jours peut être conservée vu l’étendue et la
profondeur des matières que nous proposons.

Nous considérons que l’hygiène et la sécurité des personnes et de l’environnement font partie intégrante des techniques d’application et qu’elles doivent être abordées en même temps que les techniques d’application. À l’exemple d’un cuisinier professionnel, qui veille constamment, au cours de son travail, aussi bien à l’hygiène
des aliments et des surfaces où ils sont manipulés et cuisinés, qu’à la sienne, tout en veillant à sa sécurité et celle de ses collègues en cuisine.

Jour 1 : Règlementation (1,5h) et désinfection (5,5h)

Règlementations applicables au public de stagiaires

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître et respecter la
règlementation qui les concerne.

  • Introduction au certificat individuel pour l’activité « utilisateur professionnel et distribution de certains types de produits biocides destinés exclusivement aux professionnels ».
  • Définition des produits biocides, cadre réglementaire français et européen,
    produits autorisés et produits illégaux, autorisation de mise sur le marché, utilisation des produits, réglementation du transport et du stockage.
  • L’importance de la lecture et de la bonne compréhension des étiquettes de produits, des fiches techniques et FDS.

Désinfection

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître la biologie des microorganismes et leurs modes de transmission et de prolifération, de connaître les différentes familles de désinfectants et leurs modes d’action, de connaître et mettre en œuvre des opérations de désinfection courantes en hygiène publique, dans une logique de développement durable (le moins possible de biocides, appliqués seulement là où c’est nécessaire).

  • Biologie des micro-organismes (bactéries, moisissures, levures, micromycètes,
    virus) : milieux favorables et défavorables, mitose, modes de transmission…
  • Définitions AFNOR (désinfection, décontamination, aseptisation,
    stérilisation) ;
  • Les désinfectants : normes NFT 72, familles de désinfectants, modes d’action, compréhension des étiquettes, FT et FDS ;
  • Principes de désinfection ;
  • Techniques génériques de désinfection (surfaces et volumes) ;
  • Désinfection de vide-ordures et containers à déchets ;
  • Désinfection de bacs à sable ;
  • Désinfection post mortem ;
  • Prévenir les phénomènes de résistance des bactéries ;
  • Hygiène et sécurité des personnes, des biens et de l’environnement (dangerosité des produits, EPI, mesures de prévention et protection, dispositions en cas d’intoxication, premiers secours et n° d’urgence) ;
  • Gestion des déchets et effluents.

Jour 2 : Lutte raisonnée contre les rongeurs nuisibles urbains (7h)

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître la biologie et
l’éthologie des rongeurs commensaux, de connaître et mettre
en œuvre des stratégies de prévention et préservation de
leurs méfaits, de connaître et appliquer des rodenticides
anticoagulants dans une logique de développement durable (le moins
possible de biocides, appliqués seulement là où c’est
nécessaire).

  • Identification des rongeurs nuisibles urbains : surmulot, rat noir, souris,
    lérot…
  • Les rongeurs commensaux dans l’histoire ;
  • Les murinés : biologie, éthologie : biotopes, terriers et nids, territoires et déplacements, alimentation, hiérarchie sociale, adaptations aux situations, légendes et conceptions anthropomorphiques fausses…
  • Méthodes de prévention : diminuer les ressources trophiques, ratproofing,
    usages des infra et ultrasons, favoriser la prédation…
  • Techniques de piégeages : nasses, pinces et tapettes, glu, pièges à
    électrocution, noyade et écrasement / intérêts et imites, mises en
    œuvre possibles ;
  • Les produits rodenticides : familles et modes d’action, intérêts et
    limites, applications sécurisées ;
  • Application raisonnée d’anticoagulants :
    • Abandonner la dératisation permanente ;
    • Pratiquer la détection sans biocides, impliquer le client ;
    • Établir un diagnostic, déterminer et conduire un traitement
      curatif :

      • Évaluer un taux d’infestation, identifier les ressources
        trophiques ;
      • Déterminer la quantité d’appâts nécessaires ;
      • Prendre en compte la concurrence alimentaire ;
      • Placements judicieux et sécurisés des dispositifs
        d’appâtage ;
      • Prévenir les phénomènes de résistance ;
      • Planifier la conduite du traitement curatif ;
      • Stratégies de lutte contre les rongeurs résistants aux
        anticoagulants ;
      • Hygiène et sécurité des personnes, des biens et de l’environnement : dangerosité des produits, statistiques des accidents recensés et analyses de leurs causes, EPI, mesures de prévention et protection, dispositions en cas d’intoxication, premiers secours et n° d’urgence ;
  • Gestion des déchets et cadavres.

Jour 3 : Lutte raisonnée contre les arthropodes nuisibles urbains (7h)

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître la biologie et l’éthologie des arthropodes commensaux, de mettre en œuvre des stratégies de prévention et préservation de leurs méfaits, de connaître et mettre en œuvre différentes
techniques de préservation et de lutte sans biocides, de connaître les différentes familles d’insecticides et de savoir les appliquer dans une logique de développement durable (le moins possible de biocides, appliqués seulement là où c’est nécessaire).

  • Identification et biologie des arthropodes nuisibles urbains (acariens, blattes,
    puces, punaises des lits, fourmis, mouches, moustiques, guêpes et frelons, insectes xylophages, insectes des denrées alimentaires, araignées et autres prédateurs…) ;
  • Méthodes de prévention : propreté pragmatique, étanchéification, moustiquaires, plantes et produits naturels ayant un effet répulsif sur certaines espèces ;
  • Dispositifs de lutte sans biocides – du bon usage des

    • DEIV (insectes attirés par les UV, emplacements, plages de fonctionnement, …) ;
    • Pièges à glu ;
    • Pièges à phéromones ;
    • Caissons à anoxie ;
    • Générateurs de vapeur et appareils cryogéniques ;
  • Matériels d’application : seringues de gel, pulvérisateurs à pression préalable, brumisateurs, thermonébulisateurs, sprays et cartouches « one shot »…
  • Les insecticides : familles et modes d’action, intérêts et limites ;
  • Techniques générales d’applications raisonnée et sécurisées pour les arthropodes qui marchent et les insectes volants (pulvérisations et applications de gel), avec démonstrations en salle de formation (utilisation d’eau dans un
    pulvérisateur) ;
  • Planification d’un traitement curatif. Prise en compte du cycle de reproduction des arthropodes cibles en fonction des circonstances (température et hygrométrie) ;
  • Techniques de traitements raisonnés contre les

    • Acariens ;
    • Mouches ;
    • Moustiques ;
    • Guêpes et
      frelons ;
    • Puces ;
    • Punaises des
      lits ;
    • Blattes ;
  • Prévenir les phénomènes de résistance, stratégies de lutte contre les arthropodes résistants aux insecticides ;
  • Hygiène et sécurité des personnes, des biens et de l’environnement
    (dangerosité des produits, EPI, mesures de prévention et protection, dispositions en cas d’intoxication, premiers secours et n° d’urgence) ;
  • Gestion des déchets.

La documentation remise aux stagiaires sera constituée :

– Du cahier de prise de notes comprenant l’aperçu des +ou- 200
slides powerPoint ;

– D’un exemplaire du livre « Grand guide de lutte raisonnée contre les nuisibles urbains » (631 pages – Éditions Lexitis – parution 2014).

Il nous semble qu’avec un tel programme, incluant des démonstrations pratiques, on pourrait parler de qualification et pas seulement de certification.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

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Une réflexion sur “Proposition de réforme ou d’adaptation de Certibiocide

  1. Oui bien sur cela consisterait dire que nous sommes intelligents …
    mais je crois que ce privilge n’est pas de mise dans la course l’armement des stratgies de certains pour flinguer la profession… mais peut on encore parler de profession au sens littral du mot ?
    le programme MEDD consiste a expliquer l’application aux alsaciens de la chasse la palombe ..!!!
    Certain d’avoir raison … et isols des ralits , ils ont programm la mise au pilori ou chelle patibulaire des rcalcitrants …
    On dit qu’en France , pour donner une chance nos concurrents , on se tire une balle dans le pied avant de partir .. c’est fait !!!
    certainement un programme moins thorique , et plus de terrain serait de mise .. mais cela ne rapporte pas assez.. , Alors … lisons les beaux mails que nous recevons sur les diffrents programmes de formations proposs .. alarmistes ;; oui car il ne vous reste que … quelques mois avant la mise a mort..
    je le disais dans le « mot du Prsident » du bulletin SNH … ne chassez plus les cafards… c’est un travail de spcialiste.. faites de la formation !!!
    Gilles BENJAMIN / Prsident du S.N.H.

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