Les services de dératisation de Paris et Toulon dos à dos


Et on remet le couvert ! Dans VAR MATIN 19/06/14 « Le service hygiène de Toulon traque les rats », nous lisons : « Un effort chaque jour renouvelé, bouche d’égout par bouche d’égout, avaloir par avaloir. Tous les quartiers de la ville reçoivent la visite des techniciens : inspection et remplacement des produits raticides »

Cela ne sert à rien : 

1/ De remplacer des appâts non consommés, puisque preuve est faite de
l’absence de rats ou de non-appétence de l’appât en question ;

2/ De mettre systématiquement un appât par tampon et avaloir, puisque les rats ne sont pas uniformément répartis sur le réseau.
A moins qu’un ou deux rats fassent leur affaire d’un appât entier, il seront plusieurs à en consommer trop peu pour accumuler une dose létale dans leur foie. Ce genre de stratégie
« fabrique » des rats résistants aux anticoagulants…

« Le rat a une sale réputation. Parce qu’il se nourrit dans nos poubelles et parce qu’il est responsable de maladies et d’épidémies de peste qui ont ravagé l’espèce humaine » 

Non. D’abord, se nourrir dans nos poubelles n’est pas mal, c’est même un bien puisque nous sommes infichus de recycler nos déchets…Ensuite, le surmulot, ou rat d’égout, ne peut pas transmettre la peste. Sa puce est différente de celle du rat noir (ou rat des greniers) : elle ne manifeste pas le phénomène de blocage de ses trompe de succion par la bactérie yersina pestis (puisque c’est la « salive» des puces qui est vectrice de contamination)  et n’a pas l’homme comme hôte secondaire. C’est d’ailleurs cette découverte (par AW Bacot et CJ
Martin en 1914) qui mit un frein aux recherches sur les surmulots, que l’on craignait jusque-là d’être plus malfaisants que le rat noir (plus petit et moins prolifique). Si le surmulot transmettait la peste, l’espèce humaine serait décimée depuis qu’il y a des égouts en ville.

« L’animal s’adapte à la teneur des produits raticides, aussi il est utile d’alterner les substances anticoagulantes. Les appâts provoquent le décès après trois à quatre jours. » 

Oui et non. Il s’agit donc d’anticoagulants de 1ère et 2ème génération. Les alterner ne sert à rien, sauf à renforcer les défenses immunitaires des rats, donc cela va à l’encontre du but recherché.
Il conviendrait d’appliquer des anticoagulants de dernière génération (plus chers), mais dans le cadre d’une stratégie de suivi hebdomadaire des consommations.

« Un laps de temps qui permet à plusieurs rongeurs de s’empoisonner, quand bien même des rats goûteurs sont désignés au sein de la colonie pour tester tout plat suspect. » 

Ah ! Les ravages des conceptions anthropomorphiques… Il n’y a pas de connivences entre les rats et ils ne peuvent donc désigner des goûteurs (ou des explorateurs). Il s’agit soit d’un rat dominant α affamé qui s’arrogera le droit de goûter en premier la nourriture peu appétissante proposée par un dératiseur, soit un rat dominé ω, toujours affamé, qui se résoudra à calmer sa faim avec un appât peu avenant, après que ses congénères aient mangé toute la nourriture disponible, sans rien lui laisser.

Conclusion habituelle : toutes ces choses sont expliqués dans notre premier livre (ici).

Cordialement,
Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

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