Les rats de New-York en concurrence avec les fourmis


Décidément, la ville de New-York est affairée avec les rats ces derniers temps. Voilà que des chercheurs les ont mis en concurrence avec des fourmis pour l’élimination des déchets comestibles des trottoirs.

L’étude complète, qui s’intitule « Habitat and species identity, not diversity,
predict the extent of refuse consumption by urban arthropods
 » est en ligne ici :
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/gcb.12791/full
.

L’expérience a porté sur les arthropodes présents dans 59 des espaces verts et bandes enherbées, au milieu des grandes avenues, de la ville.

Cette étude a le mérite d’être complète et a été sérieusement menée. Il a d’abord été posé au sol des déchets alimentaires tels qu’ils se présentent habituellement grâce à l’incivisme des citadins.

Dans un second temps, ces déchets ont été « encagés » pour n’être accessibles qu’aux seuls arthropodes (et pas aux rongeurs). Il a été mené une campagne avec des miettes et
reliefs de repas normaux, puis avec des plats entiers (issus du commerce de la restauration rapide).

Il en ressort que les insectes, principalement des fourmis de l’espèce Tetramorium (la fourmi des trottoirs), peuvent consommer 0,4 à 2,8 kg des 10,6 kg de déchets comestibles que génère annuellement chaque new-yorkais.

Citons les chercheurs : « Nos résultats indiquent que les rongeurs sont en concurrence avec les arthropodes pour les déchets alimentaires jonchant les trottoirs de Manhattan. Dans l’ensemble,
1,5 à 2,5 fois plus de nourriture a été consommée quand les rongeurs avaient accès à la nourriture. Cependant, la consommation des rongeurs a un coût pour la santé publique, parce qu’ils PEUVENT transmettre des maladies à l’homme, ce qui n’est pas le cas des fourmis et de la plupart des arthropodes (sauf dans des cas particuliers tels que les hôpitaux)
 ».

Cette conclusion mesurée et modeste est tout à l’honneur de l’équipe de chercheurs. Toutefois, une relecture/ reformulation pourrait donner ceci :

« Comme il n’est pas envisageable d’encager les déchets issus de l’alimentation de citadins inciviques pour les réserver à la fourmi des trottoirs, heureusement qu’il y a des surmulots pour faire l’essentiel du travail de recyclage ! Service public qu’ils accomplissent sans trop de dangers pour les populations puisqu’à part quelques rares cas de leptospirose, ils ne transmettent pas de maladies. »


Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

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