Accord de partenariat entre la CS3D et le Ministère de la Ville et du Logement pour lutter contre les punaises des lits

Il est ligne sur le site de la CS3D, accessible aux seuls adhérents.

L’objet de ce partenariat est « de structurer la filière pour donner des références et des gages de qualité aux propriétaires et aux occupants de logements infestés ».

D’après le Ministère, la CS3D « représente 80% des acteurs du marché avec ses 180 adhérents et travaille en étroite collaboration avec la communauté scientifique (entomologistes, vétérinaires, chercheurs…) ».

C’est une demi-vérité qui fait fi de cette réalité :

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La CS3D est très loin de représenter 80% des prestataires, elle regroupe seulement 100% des très grosses entreprises du secteur et une minorité de TPE. Quelle légitimité a-t-elle donc pour rouler dans la farine un ministère ?

Car il s’agit qu’il :

  • S’engage à promouvoir les gestes de prévention et les recommandations formulés par les experts ainsi que les protocoles-types pour les interventions dans l’habitat et les immeubles de logements collectifs ;
  • Valorise les formations à destination des professionnels et recommande aux particuliers de s’orienter vers les prestataires référencés (tous adhérents de la CS3D, il va sans dire) ;
  • Assure l’information sur le dispositif de certification ou de labellisation vers les particuliers (spots TV souhaités ????) ;
  • Mobilise l’Agence Nationale d’Information sur le Logement (AFNIL) et son réseau départemental pour qu’ils adoptent les préconisations et protocoles de la CS3D.

Que s’engage à faire la CS3D ? (Qui a déjà beaucoup de travail pour préparer la fusion de branche…)

  • Construire des protocoles -types selon la nature et l’importance des infestations (échéance 30 juin 2020) ;
  • Délivrer des formations aux professionnels conformes à l’EN 16636 (par les formateurs de la CS3D, forcément – échéance 1er septembre) ;
  • Mettre en place un dispositif de certification ou de labellisation pour les professionnels adhérents (échéance 31 décembre).

La CS3D et son quarteron de scientifiques inféodés ignorent-ils donc cette publication du CNEV (Centre National d’Expertise sur les Vecteurs) de 2015 (2ème édition…) « Les punaises de lit Cimex lectularius et Cimex hemipterus Biologie, Lutte et Santé publique » (en ligne ici : https://www.researchgate.net/publication/284166985_Les_punaises_de_lit_Cimex_lectularius_et_Cimex_hemipterus_-_Biologie_lutte_et_sante_publique) ?

Qui contient déjà TOUT ce qu’il convient de savoir sur les punaises des lits et les moyens de lutte, je dis bien TOUT ?

  • Quel intérêt de mobiliser du monde pour refaire la même chose ?
  • Quel intérêt de dispenser des formations théoriques qui n’apprendront rien de plus que ce contient ce document ?
  • Quel intérêt d’ajouter une surcouche de certification à l’EN16636, qui regroupe l’ensemble des nuisibles ?

La seule réponse possible est : lobbying. De l’art de faire payer au gouvernement une campagne de communication au profit de la seule CS3D. Cet accord pue effectivement l’illégalité et l’abus de position dominante. Nous le dénonçons.

Finalement, Covid 19 a du bon puisqu’il a manifestement chamboulé le planning initial.

Pendant ce temps, le Syndicat National de l’Hygiène (SNH) bosse et propose une « Certification punaises de lits » pour ses adhérents qui s’engagent à respecter des protocoles de lutte raisonnée exposées dans on prochain bulletin.

Pierre Falgayrac

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Le réchauffement climatique ne peut pas justifier la prolifération des rats à Paris

Il s’agit d’un article de Nicolas Berrod dans Le Parisien du 23 janvier dernier, qui a pour titre « Municipales à Paris : les rats prolifèrent-ils plus vite avec le réchauffement climatique ? »

Je suis cité à plusieurs reprises dans cet article, mais mon commentaire sur le site Web du quotidien a été censuré. Allez comprendre…

Les propos de Virginie Lattard, chercheuse à l’INRAE m’ont interpellé : « Globalement, il y a plus de rats dans les pays chauds que dans les pays froids (…) lorsqu’il fait chaud, la période de reproduction des rats, de plusieurs mois en temps normal, peut être rallongée de quelques semaines. Ce qui leur laisse potentiellement davantage de temps pour proliférer (…) La pullulation est plus importante lorsqu’il fait chaud, donc le réchauffement climatique a probablement un rôle. Mais personne ne pourrait dire dans quelle proportion, faute d’avoir des études plus complètes sur la physiologie du rat. »

Tous ces propos sont infondés. Comment cette personne peut-elle affirmer qu’il y a davantage de rats dans les pays chauds alors qu’elle ignore dans quelles proportions ? Il n’y a aucune rigueur scientifique dans cette assertion. S’il y avait davantage de rats en Amérique du sud ou en Afrique qu’en Europe, pourquoi n’en parle-t-on jamais ?

Partout dans le monde, c’est la quantité de nourriture disponible qui conditionne le nombre de rats et jamais la température, surtout que le surmulot, le rat d’égout, n’aime pas la chaleur ! Il affectionne en effet les endroits humides et frais…

Quant à déplorer « l’absence d’études plus complètes sur la physiologie des rats », c’est un aveu d’incompétence : il y a des dizaines d’années que l’on sait TOUT sur le rat d’égout, je dis bien TOUT. Entre les études en ligne sur Google Scholar et les livres publiés depuis 1904 comme « Das Rattenbuch » de M. Koller et les écrits de M. Rode (entre les deux guerres) puis de M.Giban (dans les années 50), MM. Robitaille et Bovet (1976), etc. tout ce qui concerne la biologie, la physiologie et l’éthologie des rats est connu et accessible.

Quant à l’argument du réchauffement climatique qui fait proliférer les rats, il est bien pratique pour Anne Hidalgo, qui se dédouane du problème : « Un certain nombre d’experts m’ont dit – et j’avoue être tombée de ma chaise – qu’avec le changement climatique, les rats font une portée supplémentaire par an. Une portée de rats, c’est huit petits rats. »

Je me demande bien qui sont ces « experts »… Et le Parisien de ressortir ce tableau :

Qui est totalement faux. Pourquoi ?

1/ Parce que les rats régulent leur population en fonction des ressources vitales (voir de précédents articles de ce blog). D’ailleurs, en ville (gros avaloirs d’égout, bas d’immeubles de la première couronne, jardins des Plantes…) il est dénombré un maximum de 600 rats. Bien loin du chiffre théorique de 46.410…

2/ Reportons cette logique mathématique aux humains : une femme peut avoir un enfant tous les 9 mois entre ses premières règles et sa ménopause, soit 45 à 50 enfants uniques, ou 90 à 180 si elle a des jumeaux. Cela ne s’est jamais vu (Google vous chalutera un maximum de 69 enfants). La moyenne de la natalité mondiale est entre 1 et 5 enfants. Eh bien pour les rats, c’est pareil : ils n’en ont pas autant que ce que prédit la théorie. Il est inutile et malhonnête de tirer des plans sur la comète avec ce genre de tableau.

Parlons à présent du réchauffement climatique. D’après le site climate-data-org, ces dernières années, les températures moyennes sont de 11,3° pour Paris et 14,2° pour Marseille.

Comme il fait plus chaud à Marseille, il devrait donc s’y trouver davantage de rats qu’à Paris, n’est-ce pas ? Et pourtant, à Marseille les plaintes adressées via le service Allo Mairie ou d’autres canaux, comme les courriers aux élus, sont passées de 990 en 2016, à 396 en 2018. (Soit trois fois moins – NDLA) – Monique Daubet, élue en charge de l’hygiène, citée ici https://www.20minutes.fr/societe/2636779-20191026-marseille-apres-rats-villes-semblent-perdre-terrain-rats-plages-affut )

Voilà qui invalide totalement l’argument du réchauffement climatique parisien pour expliquer la prolifération des rats.

Au fait, pourquoi les signalements de rats ont-ils baissé à Marseille en une année ?

Il se trouve que j’ai réalisé en 2018 un audit sur la gestion globale des rats à Marseille, pour le compte de la SERAMM, qui gère les égouts et la station d’épuration de la ville, et est délégataire de la Mairie pour la dératisation.

Je ne révèlerai pas ici les préconisations de mon audit, mais il est évident que c’est leur mise en œuvre qui a produit ces bons résultats.

La Ville de Paris ne veut pas de mes services ? Tant pis pour elle.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Quand la science se dévoie

Deux expériences de laboratoire avec des rats ont fait le buzz en fin d’année dernière :

Les rats ont été dressés à conduire de petits véhicules électriques avec de la nourriture, comme le font tous les dompteurs et apprivoiseurs d’animaux de la planète.

Des examens ont permis de constater que les rats qui conduisent sont moins stressés que leurs passagers (NDLA : comme chez les humains, donc), ce qui confirme de précédentes expériences avec des rats moins stressés quand ils maîtrisent des tâches difficiles.

« Cette découverte pourrait être utilisée pour comprendre comment l’acquisition de nouvelles compétences soulage le stress et l’influence des conditions neurologiques et psychiatriques sur les capacités mentales » (sur les humains), dit l’équipe de chercheurs.

Quelle découverte ? Il y a longtemps que l’on sait que les processus de motivation au travail reposent sur l’accroissement accepté de davantage de responsabilité et de complexité des tâches. Voir notre article de blog sur ce sujet ici : https://bloghyform.wordpress.com/2007/09/19/la-motivation-au-travail/

Et l’équipe d’ajouter : « (…) par exemple, les tests de conduite pourraient être utilisés pour sonder les effets de la maladie de Parkinson sur la motricité et la conscience de l’espace, ou les effets de la dépression sur la motivation, dit-elle. « Si nous utilisons des modèles plus réalistes et stimulants, cela peut fournir des données plus significatives ».

Le problème, comme nous l’écrivions déjà en 2007, est que la psychologie humaine à peu à voir avec celle des animaux, notamment parce que tous, et particulièrement les rats, n’ont pas d’égo, alors que les humains…

Comme l’a écrit l’éthologue Vinciane Despret, « les expériences sur les animaux de laboratoire nous en apprennent davantage sur les chercheurs que sur les animaux ».

Ceux de cette expérience sont donc des bricoleurs amusants.

Pour les rats qui jouent à cache-cache, la motivation de l’expérience scientifique est pitoyable : « Le neuroscientifique Michael Brecht de l’Université Humboldt de Berlin a eu l’idée de son expérience sur YouTube. « Il y a toutes ces vidéos YouTube de propriétaires d’animaux qui disent que leurs animaux aiment faire cela », dit-il. Bien qu’il soit notoire que les rats jouent souvent à des jeux compliqués, le cache-cache est tellement plus élaboré que Brecht s’est demandé s’ils pourraient le faire réellement. »

Michael Brecht écrit :« Après avoir vécu dans des cages, il a fallu un peu de temps pour que les six rats mâles adolescents de l’expérience se sentent à l’aise dans la pièce spacieuse. Mais une fois qu’ils se sont sentis en sécurité, ils étaient prêts à jouer. »

Nous avons donc à faire à des rats conditionnés, qui ont été apprivoisés (« entraînés ») par des récompenses : des caresses et des chatouilles.

L’article de Sciencemag dit : « De nombreux scientifiques pensent que c’est trivial, mais ce sont des comportements très complexes » parce que les rats assument des rôles différents, suivent des règles et même élaborent des stratégies pour se cacher, dit Brecht.

Et d’étudier le fonctionnement neuronal de la chose, dans le cortex préfrontal (impliqué dans les stratégies d’apprentissage chez les hommes, qui sont des mammifères comme les rats).

Brecht redécouvre alors que les rats ont des capacités cognitives… La cognition, pour faire simple est la faculté d’apprendre de nos expériences, sur le schéma « l’eau ça mouille, mais la pluie moins qu’un bain ». C’est grâce aux capacités cognitives des rats et des ragondins que Gunter Sacckman réalise un numéro de cirque : https://youtu.be/89w2iO5id2c?t=12 .

La science ne découvre donc rien de nouveau et s’interroge sur les motivations des rats apprivoisés : jouent-ils à cache-cache pour le plaisir ou pour une récompense ? Il est supposé que c’est pour le plaisir, et de conclure que les rats disposent « de rudiments du comportement humain ».

Comme tous les mammifères et bien des oiseaux…

Nos animaux de compagnie chiens, chats, perroquets, perruches, canaris, etc. apprécient aussi de jouer avec leurs maîtres quand les conditions sont sécurisantes. Le cortex préfrontal (chez les mammifères) est forcément impliqué à chaque foi ; est-ce une découverte scientifique ? Non.

Que ce serait utile, en revanche, que la science analyse l’effet du réchauffement climatique sur la reproduction des rats, histoire de démonter l’argument fallacieux utilisé par certains pour se dédouaner de la présence ostentatoire des rats à Paris.

Pierre Falgayrac

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La dératisation de l’île de Sein

Le trimestriel de publireportages NPI, dans son numéro 107 d’octobre – novembre 2018, contient un article sur la dératisation de l’île de Sein.

Passons sur la fausse information relative à « l’arrivée en France du surmulot vers 1750 ». En effet, cette date est reconnue complétement bidon par la communauté scientifique, puisqu’il y a des traces de sa présence dans l’est de la France dès le 4ème siècle.

La dératisation a consisté en la pose de postes d’appâtage sécurisés tous les 5-15 mètres, 30 maxi, de manière à « quadriller » l’île. Cette méthode aurait « fait ses preuves, nous dit-on, dans des îles polynésiennes et néo-zélandaises ». Ce qui est oublier qu’elle n’a pas fonctionné dans d’autres, comme l’île australienne de Henderson, où la nourriture saine disponible était infiniment plus appétente que les 75m3 de raticides déversés.

Sur l’île de Sein, après 4 semaines de pose et suivi du traitement (renouvellement des appâts consommés), il est présenté un tableau montrant l’augmentation et la baisse rapides des consommations. La dératisation « totale » est considérée obtenue avec le maintien du dispositif « pendant 2 semaines ».

Cette manière de faire (quadriller d’appâts une importante zone) est en contradiction avec la norme EN 16636, le rapport DRAFT « Mesures d’atténuation des risques pour les anticoagulants », et la fiche technique de la CS3D « Traitements contre les rats et souris », qui prescrivent de ne traiter que la zone où se trouvent des traces d’activité murine.

Par ailleurs, il n’est nulle part fait mention dans l’article des sources de nourritures exploitées par les rats et des dispositions pour les empêcher d’y accéder.

Nous mettons donc fortement en doute l’efficacité réelle de cette dératisation.

Si les 4 caméras utilisées avaient filmé des endroits où se trouvaient de la nourriture saine et des postes d’appâtage, il aurait été vu des rats dominant écarter des congénères dominés de leur lieux de nourrissage sain ; dominés se rabattant alors sur les appâts.

Il y a de très fortes chances que bien des rats dominants n’aient pas consommé d’appâts empoisonnés, puisqu’ils pouvaient accéder à leurs sources de nourriture habituelles.

Bien sûr que la population murine a été drastiquement réduite avec cette campagne. Mais nous faisons le pari que d’ici moins d’un an, il y aura de nouveau autant de rats qu’avant.

Quitte à parcourir toute l’île dans tous les sens pour la quadriller de boites, l’applicateur de la société Help Service ne pouvait-il pas repérer les zones infestées et ne traiter qu’elles ? En supprimant d’abord et autant que faire se peut les sources de nourriture saine qui s’y trouvaient ? Et donc en posant beaucoup, beaucoup moins de postes d’appâtage ?

Mais voilà, c’est tellement confortable de ne pas se poser trop de questions et de poser des boites partout, histoire d’en mettre plein la vue à ceux qui paient… Et puis ça fait marcher les affaires du fournisseur.

Tout le monde est content donc.

Même les rats les plus malins, qui sont toujours là. Rats qui rigoleraient bien s’ils savaient lire…

Pierre Falgayrac