La Gestion Intégrée des Nuisibles (GIN) ou Integrated Pest Managment (IPM)

De quoi s’agit-il ? D’utiliser tous les moyens possibles pour :

  • Éviter d’attirer rongeurs et insectes considérés comme nuisibles dans des locaux où ils sont  indésirables ;
  • Les empêcher de pénétrer, circuler et prospérer ;
  • Utiliser en priorité des techniques de lutte écologiques comme le piégeage multiple avec appâts sains ;
  • Afin d’utiliser en dernier lieu et à minima des produits biocides.

Le concept est évidemment plus facile à mettre en œuvre contre les rongeurs que contre les insectes. Nous allons donc aborder la gestion intégrée des murinés (rats et souris).

Tout repose sur du bon sens, donc de la logique. Jugeons-en par ces considérations simples, déjà évoquées dans d’autres articles de ce blog :

  • Ce qui attire rats et souris, ce sont les odeurs de nourriture ;
  • Ce qui les fixe, ce sont les possibilités d’accéder à cette nourriture et de nidifier à proximité ;
  • Les deux seuls matériaux qu’ils ne peuvent ronger sont le béton sec et l’acier ;
  • Un souriceau peut passer dans un espace de 7 mm ;
  • Les murinés peuvent nidifier dans les isolants et corps creux de nos locaux.

Il en découle des mesures tout aussi simples à mettre en œuvre :

  • Gestion des déchets :
    • Containers étanches, nettoiements réguliers de leurs abords ;
    • Locaux poubelles au sol en béton, fermés par une porte en acier lorsqu’ils sont à l’intérieur des locaux ;
    • Pas d’espaces verts (propices au creusement de terriers) aux abords des locaux poubelles à l’extérieur. L’idéal étant de bétonner le sol sur 5 mètres tout autour du local.
  • Puis le proofing :
    • Grilles d’aération en acier, avec maillage maxi de 7 mm ;
    • Étanchéité des locaux : utiliser de la laine d’acier (ou du béton) pour colmater tous les espaces supérieurs à 7 mm, les passages potentiels utilisés par les réseaux techniques (eau, électricité, téléphone…) entre étages et parois ;
    • Protection des installations électriques par étanchéité parfaite et/ou ultrasons.

Ces choses-là étant réalisées, il est quasi impossible que rats et souris pénètrent d’eux-mêmes dans les locaux, y circulent aisément ou s’installent à proximité d’une source potentielle de nourriture.

Le risque zéro n’existant pas, si des rongeurs sont présents (matières premières contaminées, par exemple), il sera privilégié l’utilisation de pièges multiprises avec appâts sains.

De notre point de vue, les Mimétic Mhouse, sont les seuls pièges multiprises réellement écologiques : ils sont en métal (recyclable), ne comprennent aucune pièce plastique, aucune électronique et comme la solution de noyade/conservation n’est pas soumise à une AMM, elle peut être rejetée à terre ou dans les eaux usées. Et ils sont bien moins chers que leurs concurrents…

Si tout ceci est fait dans l’ordre indiqué, l’utilisation de biocides est inutile.

En IAA, la mise en œuvre des préconisations de proofing et de protection des locaux abritant des matières premières stockées à température ambiante, suffit à réduire le risque rongeurs à 1, soit le minimum.

Comment protéger les locaux pour éviter un début d’infestation à l’occasion de la réception d’une palette de matières premières habitée  par des rongeurs non détectés ? Chaque cas étant différent, il n’est pas possible d’indiquer une méthode générique.

Si les MP sont stockées dans un seul local, ce dernier doit être parfaitement étanche et équipé de plusieurs pièges multiprises avec une stratégie d’appétence adaptée à la situation.

Si elles sont stockées à plusieurs endroits, il faut utiliser autant de pièges multiprises que nécessaire, toujours avec une stratégie d’appétence réfléchie.

Qu’est-ce qu’une stratégie d’appétence ? Cela consiste à imprégner d’odeurs alimentaires les pièges multiprises et à guider les rongeurs par des traces d’odeurs alimentaires au sol.

Par exemple :

  • Préparer une solution de Viandox + eau dans un pulvérisateur ;
  • Pulvériser cette solution sur l’extérieur et les rampes intérieures du piège ;
  • Régler la buse en jet et tracer  sur le sol des pistes de plusieurs mètres, convergentes vers le piège.

Il faut bien entendu renouveler régulièrement ce traitement, en nettoyant le piège à l’eau, dès que besoin.

La manipulation des pièges doit se faire avec des gants de cuir imprégnés d’odeurs naturelles (herbe, terre) ou alimentaires.

Il n’y a donc rien de bien compliqué à mettre en œuvre une G.I.N.

Pierre Falgayrac

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L’arnaque du Compte Personnel de Formation (CPF)

Un grand battage médiatique est organisé autour de ce dispositif depuis sa création.

Il s’agit d’offrir à tous les salariés et demandeurs d’emploi un large choix de formations professionnelles, finançables par les droits qu’ils ont acquis en cotisant obligatoirement.

La modification la plus visible a été la transformation du nombre d’heures acquises en un montant financier. Chaque salarié ou demandeur d’emploi récent dispose donc d’une enveloppe conséquente de plusieurs milliers d’euros pour se former.

Oui, mais… Il n’est pas possible de choisir n’importe quelle formation.

Sous prétexte de qualité des formations, seules celles qui sont qualifiantes ou certifiantes sont éligibles au CPF. Passer un CQP ou apprendre une langue est possible, puisque cela représente une partie de diplôme.

Dans la liste des CQP approuvés par le CPF, il n’est pas trouvé ceux mis en place par la CS3D depuis 2017.  https://www.paritarisme-emploi-formation.fr/spip.php?page=ccn&id=189&rubrique=ccn&type=ccn .

C’est à se demander si la CS3D n’a pas entériné un enterrement de première classe pour ses propres CQP…

CERTIBIOCIDE, en tant que certification officielle, figure dans la liste du CPF. Mais le moteur de recherche est bizarrement paresseux pour en trouver. Et il ne renvoie aucune réponse à la requête « lutte contre les nuisibles ».

Autrement dit, les demandeurs d’emploi et salariés qui souhaitent se former en autre chose que des langues étrangères, qui n’ont pas besoin de diplôme ou de certification, ne peuvent pas utiliser leurs sous du CPF pour des formations techniques.

Voilà qui augure d’importantes sommes d’argent inutilisées.

D’où la question : à qui ou quoi vont-elles profiter ?

Pierre Falgayrac

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Dératiser à l’endroit

Depuis le printemps, mes alertes Google « dératisation » me chalutent plusieurs fois par semaine « le début d’une campagne de dératisation des égouts à ……………………… (nom d’une ville) ».

Dératisations qui se passent selon le contenu du CCTP de l’appel d’offre emporté par le titulaire du marché : tous les tampons (ou regard), ou tous les deux ou tous les trois tampons, pose d’appâts anticoagulants.

Comme la molécule n’est pas précisée, lors de mes récents audits pour des villes j’ai constaté que ne sont utilisés que le difénacom ou la bromadiolone, sur lesquels il y a des phénomènes de résistance. Mais qui sont bien moins chers que la diféthialone ou le brodifacoum, sur lesquels il n’y a pas de résistance.

Quand la quantité d’appâts n’est pas davantage indiquée, les prestataires suspendent un seul bloc hydrofuge de + – 40g.

A supposer qu’un seul rat consomme l’appât entier en deux jours, il n’accumule pas une dose létale dans son foie et survit. Il faut en effet plus de 6 à 8 prises pour provoquer la mort.

Alors quand plusieurs rats se partagent l’appât, aucun ne décède et tous renforcent leur immunité aux anticoagulants. Idem si l’appât pèse 100g.

Il est donc dératisé complétement à l’envers.

Que nous reprenions l’étiquette du raticide ou la norme EN 166-36, les appâts doivent être placés « dans la zone d’activité des rats », « en quantité adaptée au niveau d’infestation » et « suivi sous trois jours maxi ». Et il est rappelé que les appâts non consommés doivent être récupérés.

Le prestataire devrait donc, au plus tard trois jours après la pose, rouvrir tous les tampons traités, pour compléter les appâts là où il y a de la consommation, et retirer ceux qui sont intacts. Personne ne fait ça, parce qu’aucune ville ne le demande, sauf celles de mes clients dont j’ai rédigé le CCTP de l’appel d’offre.

Pour dératiser les égouts à l’endroit, c’est très simple :

Il s’agit de ne traiter que ceux qui présentent des indices d’activité murine. Outre les éléments classiques que sont les traces de passage et les crottes, la détection d’urine fraiche à l’aide d’une lampe portative aux ultraviolets est un élément de preuve indéniable. Il y a une offre pléthorique de lampes portatives aux UV à partir d’une dizaine d’euros sur le Web.

En effet, l’urine des rats est fluorescente. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les rapaces détectent cette fluorescence ; la nature est vraiment bien faite. L’usage, donc, d’une petite lampe aux UV permet de repérer les seuls tampons à traiter. Ce qui permettra de vérifier que les rats ne sont pas uniformément répartis dans un réseau, et même qu’ils sont peu nombreux dans les sections en buse béton, et donc, que les exigences des villes sont infondées.

En conséquence de quoi il est possible de ne traiter qu’un quart, voire moins, de tampons, sur ce modèle simple : là où circulent des rats, mettre plusieurs centaines de grammes à plusieurs kilos d’appâts exclusivement au brodifacoum, flocoumafen ou diféthialone, préalablement aromatisés avec une solution de Viandox. Les visiter dès le lendemain, et réappâter jusqu’à la fin des consommations (3 à 4 jours maxi ave ces molécules-là.).

Leur avantage, c’est qu’en estimant que deux prises de 20 grammes sont létales, lors de la récupération des appâts en fin de traitement il est possible de déterminer la quantité consommée par les rats et donc le nombre « neutralisé ». Exemple pour un avaloir infesté : 1,5 kg d’appâts posés et 100 g récupérés donnent une consommation de 1,4 kg, divisé par 0,040 = 35 rats tués. Et peut-être davantage car bien des jeunes individus ou des rats malades, décèdent à la première prise.

Dans les CCTP que je modifie pour les villes j’exige que le titulaire se fabrique un dispositif de pose en acier sur ce modèle :

Dératisation des égouts de Marseille

C’est le seul dispositif d’appâtage qui permet à plusieurs rats de manger en même temps.

C’est ce qu’utilise la SERAMM de Marseille pour dératiser les égouts, avec pour résultat une baisse de 50 % des signalements de rats depuis 2018, après la mise en œuvre des préconisations de mon audit.

Bien sûr, il est possible d’utiliser les nouveaux appâts au cholécarciférol. Mais le problème reste le même qu’avec les anticoagulants : inutile d’en mettre partout et utile d’en mettre beaucoup là où il y a des preuves d’infestation.

Dératiser les égouts à l’endroit c’est donc beaucoup moins de tampons soulevés, beaucoup moins de biocides appliqués pour rien et pas de phénomènes de résistance renforcés, au contraire.

Pierre Falgayrac

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L’arrêté du 15/01/21 sur les restrictions d’utilisation des produits phytosanitaires

Le texte est ici : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043023130

Il modifie l’arrêté du 4 mai 2017 et interdit l’usage des produits phyto quasiment partout :

  • Habitations privées et leurs espaces extérieurs
  • Hôtels, auberges, campings et parcs résidentiels
  • Cimetières et colombariums
  • Jardins familiaux
  • Parc d’attraction
  • Espaces verts des zones commerciales
  • Voies d’accès privées, espaces verts et zones de repos sur les lieux de travail
  • Zones à usage collectif des établissements d’enseignement
  • Tous les établissements de soin et maisons de retraite
  • Les aérodromes

Toutefois, cette interdiction ne s’applique pas « aux traitements des organismes nuisibles figurant sur une liste établie par l’administration, qui présentent des dangers sanitaires graves menaçant la pérennité du patrimoine historique ou biologique et ne pouvant être maîtrisé par un autre moyen, y compris une méthode non chimique. ». Les rongeurs ne font pas partie de ces organismes nuisibles-là.

Doit-on en déduire qu’il est désormais interdit de dératiser et désinsectiser avec des produits chimiques ?

Absolument pas.

Revoyons les définitions européennes qui distinguent les produits phytosanitaires des produits biocides.

Les produits phytopharmaceutiques (terme exact) protègent les végétaux ou les produits végétaux contre les nuisibles. Sont concernés l’agriculture et les espaces verts urbains.

Les produits biocides sont destinés à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l’action ou à les combattre de toute autre manière par une action autre qu’une simple action physique ou mécanique. Est concernée l’hygiène publique.

Lutter contre des rats et des souris à l’intérieur comme à l’extérieur des locaux (habitation, travail, commerces, administrations…), ne revient pas à protéger des végétaux ou un silo de grains. Il s’agit de les empêcher de nuire à nos équipements électriques, voiries et denrées stockées. Les rodenticides utilisés sont donc des biocides et non des phytos.

Cette réglementation sur les produits phytos ne concerne donc pas les entreprises de 3D, qui peuvent continuer à utiliser des anticoagulants et, maintenant, le Cholécalciférol.

Pierre Falgayrac

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Accord de partenariat entre la CS3D et le Ministère de la Ville et du Logement pour lutter contre les punaises des lits

Il est ligne sur le site de la CS3D, accessible aux seuls adhérents.

L’objet de ce partenariat est « de structurer la filière pour donner des références et des gages de qualité aux propriétaires et aux occupants de logements infestés ».

D’après le Ministère, la CS3D « représente 80% des acteurs du marché avec ses 180 adhérents et travaille en étroite collaboration avec la communauté scientifique (entomologistes, vétérinaires, chercheurs…) ».

C’est une demi-vérité qui fait fi de cette réalité :

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

La CS3D est très loin de représenter 80% des prestataires, elle regroupe seulement 100% des très grosses entreprises du secteur et une minorité de TPE. Quelle légitimité a-t-elle donc pour rouler dans la farine un ministère ?

Car il s’agit qu’il :

  • S’engage à promouvoir les gestes de prévention et les recommandations formulés par les experts ainsi que les protocoles-types pour les interventions dans l’habitat et les immeubles de logements collectifs ;
  • Valorise les formations à destination des professionnels et recommande aux particuliers de s’orienter vers les prestataires référencés (tous adhérents de la CS3D, il va sans dire) ;
  • Assure l’information sur le dispositif de certification ou de labellisation vers les particuliers (spots TV souhaités ????) ;
  • Mobilise l’Agence Nationale d’Information sur le Logement (AFNIL) et son réseau départemental pour qu’ils adoptent les préconisations et protocoles de la CS3D.

Que s’engage à faire la CS3D ? (Qui a déjà beaucoup de travail pour préparer la fusion de branche…)

  • Construire des protocoles -types selon la nature et l’importance des infestations (échéance 30 juin 2020) ;
  • Délivrer des formations aux professionnels conformes à l’EN 16636 (par les formateurs de la CS3D, forcément – échéance 1er septembre) ;
  • Mettre en place un dispositif de certification ou de labellisation pour les professionnels adhérents (échéance 31 décembre).

La CS3D et son quarteron de scientifiques inféodés ignorent-ils donc cette publication du CNEV (Centre National d’Expertise sur les Vecteurs) de 2015 (2ème édition…) « Les punaises de lit Cimex lectularius et Cimex hemipterus Biologie, Lutte et Santé publique » (en ligne ici : https://www.researchgate.net/publication/284166985_Les_punaises_de_lit_Cimex_lectularius_et_Cimex_hemipterus_-_Biologie_lutte_et_sante_publique) ?

Qui contient déjà TOUT ce qu’il convient de savoir sur les punaises des lits et les moyens de lutte, je dis bien TOUT ?

  • Quel intérêt de mobiliser du monde pour refaire la même chose ?
  • Quel intérêt de dispenser des formations théoriques qui n’apprendront rien de plus que ce contient ce document ?
  • Quel intérêt d’ajouter une surcouche de certification à l’EN16636, qui regroupe l’ensemble des nuisibles ?

La seule réponse possible est : lobbying. De l’art de faire payer au gouvernement une campagne de communication au profit de la seule CS3D. Cet accord pue effectivement l’illégalité et l’abus de position dominante. Nous le dénonçons.

Finalement, Covid 19 a du bon puisqu’il a manifestement chamboulé le planning initial.

Pendant ce temps, le Syndicat National de l’Hygiène (SNH) bosse et propose une « Certification punaises de lits » pour ses adhérents qui s’engagent à respecter des protocoles de lutte raisonnée exposées dans on prochain bulletin.

Pierre Falgayrac

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Le réchauffement climatique ne peut pas justifier la prolifération des rats à Paris

Il s’agit d’un article de Nicolas Berrod dans Le Parisien du 23 janvier dernier, qui a pour titre « Municipales à Paris : les rats prolifèrent-ils plus vite avec le réchauffement climatique ? »

Je suis cité à plusieurs reprises dans cet article, mais mon commentaire sur le site Web du quotidien a été censuré. Allez comprendre…

Les propos de Virginie Lattard, chercheuse à l’INRAE m’ont interpellé : « Globalement, il y a plus de rats dans les pays chauds que dans les pays froids (…) lorsqu’il fait chaud, la période de reproduction des rats, de plusieurs mois en temps normal, peut être rallongée de quelques semaines. Ce qui leur laisse potentiellement davantage de temps pour proliférer (…) La pullulation est plus importante lorsqu’il fait chaud, donc le réchauffement climatique a probablement un rôle. Mais personne ne pourrait dire dans quelle proportion, faute d’avoir des études plus complètes sur la physiologie du rat. »

Tous ces propos sont infondés. Comment cette personne peut-elle affirmer qu’il y a davantage de rats dans les pays chauds alors qu’elle ignore dans quelles proportions ? Il n’y a aucune rigueur scientifique dans cette assertion. S’il y avait davantage de rats en Amérique du sud ou en Afrique qu’en Europe, pourquoi n’en parle-t-on jamais ?

Partout dans le monde, c’est la quantité de nourriture disponible qui conditionne le nombre de rats et jamais la température, surtout que le surmulot, le rat d’égout, n’aime pas la chaleur ! Il affectionne en effet les endroits humides et frais…

Quant à déplorer « l’absence d’études plus complètes sur la physiologie des rats », c’est un aveu d’incompétence : il y a des dizaines d’années que l’on sait TOUT sur le rat d’égout, je dis bien TOUT. Entre les études en ligne sur Google Scholar et les livres publiés depuis 1904 comme « Das Rattenbuch » de M. Koller et les écrits de M. Rode (entre les deux guerres) puis de M.Giban (dans les années 50), MM. Robitaille et Bovet (1976), etc. tout ce qui concerne la biologie, la physiologie et l’éthologie des rats est connu et accessible.

Quant à l’argument du réchauffement climatique qui fait proliférer les rats, il est bien pratique pour Anne Hidalgo, qui se dédouane du problème : « Un certain nombre d’experts m’ont dit – et j’avoue être tombée de ma chaise – qu’avec le changement climatique, les rats font une portée supplémentaire par an. Une portée de rats, c’est huit petits rats. »

Je me demande bien qui sont ces « experts »… Et le Parisien de ressortir ce tableau :

Qui est totalement faux. Pourquoi ?

1/ Parce que les rats régulent leur population en fonction des ressources vitales (voir de précédents articles de ce blog). D’ailleurs, en ville (gros avaloirs d’égout, bas d’immeubles de la première couronne, jardins des Plantes…) il est dénombré un maximum de 600 rats. Bien loin du chiffre théorique de 46.410…

2/ Reportons cette logique mathématique aux humains : une femme peut avoir un enfant tous les 9 mois entre ses premières règles et sa ménopause, soit 45 à 50 enfants uniques, ou 90 à 180 si elle a des jumeaux. Cela ne s’est jamais vu (Google vous chalutera un maximum de 69 enfants). La moyenne de la natalité mondiale est entre 1 et 5 enfants. Eh bien pour les rats, c’est pareil : ils n’en ont pas autant que ce que prédit la théorie. Il est inutile et malhonnête de tirer des plans sur la comète avec ce genre de tableau.

Parlons à présent du réchauffement climatique. D’après le site climate-data-org, ces dernières années, les températures moyennes sont de 11,3° pour Paris et 14,2° pour Marseille.

Comme il fait plus chaud à Marseille, il devrait donc s’y trouver davantage de rats qu’à Paris, n’est-ce pas ? Et pourtant, à Marseille les plaintes adressées via le service Allo Mairie ou d’autres canaux, comme les courriers aux élus, sont passées de 990 en 2016, à 396 en 2018. (Soit trois fois moins – NDLA) – Monique Daubet, élue en charge de l’hygiène, citée ici https://www.20minutes.fr/societe/2636779-20191026-marseille-apres-rats-villes-semblent-perdre-terrain-rats-plages-affut )

Voilà qui invalide totalement l’argument du réchauffement climatique parisien pour expliquer la prolifération des rats.

Au fait, pourquoi les signalements de rats ont-ils baissé à Marseille en une année ?

Il se trouve que j’ai réalisé en 2018 un audit sur la gestion globale des rats à Marseille, pour le compte de la SERAMM, qui gère les égouts et la station d’épuration de la ville, et est délégataire de la Mairie pour la dératisation.

Je ne révèlerai pas ici les préconisations de mon audit, mais il est évident que c’est leur mise en œuvre qui a produit ces bons résultats.

La Ville de Paris ne veut pas de mes services ? Tant pis pour elle.

Pierre Falgayrac

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Quand la science se dévoie

Deux expériences de laboratoire avec des rats ont fait le buzz en fin d’année dernière :

Les rats ont été dressés à conduire de petits véhicules électriques avec de la nourriture, comme le font tous les dompteurs et apprivoiseurs d’animaux de la planète.

Des examens ont permis de constater que les rats qui conduisent sont moins stressés que leurs passagers (NDLA : comme chez les humains, donc), ce qui confirme de précédentes expériences avec des rats moins stressés quand ils maîtrisent des tâches difficiles.

« Cette découverte pourrait être utilisée pour comprendre comment l’acquisition de nouvelles compétences soulage le stress et l’influence des conditions neurologiques et psychiatriques sur les capacités mentales » (sur les humains), dit l’équipe de chercheurs.

Quelle découverte ? Il y a longtemps que l’on sait que les processus de motivation au travail reposent sur l’accroissement accepté de davantage de responsabilité et de complexité des tâches. Voir notre article de blog sur ce sujet ici : https://bloghyform.wordpress.com/2007/09/19/la-motivation-au-travail/

Et l’équipe d’ajouter : « (…) par exemple, les tests de conduite pourraient être utilisés pour sonder les effets de la maladie de Parkinson sur la motricité et la conscience de l’espace, ou les effets de la dépression sur la motivation, dit-elle. « Si nous utilisons des modèles plus réalistes et stimulants, cela peut fournir des données plus significatives ».

Le problème, comme nous l’écrivions déjà en 2007, est que la psychologie humaine à peu à voir avec celle des animaux, notamment parce que tous, et particulièrement les rats, n’ont pas d’égo, alors que les humains…

Comme l’a écrit l’éthologue Vinciane Despret, « les expériences sur les animaux de laboratoire nous en apprennent davantage sur les chercheurs que sur les animaux ».

Ceux de cette expérience sont donc des bricoleurs amusants.

Pour les rats qui jouent à cache-cache, la motivation de l’expérience scientifique est pitoyable : « Le neuroscientifique Michael Brecht de l’Université Humboldt de Berlin a eu l’idée de son expérience sur YouTube. « Il y a toutes ces vidéos YouTube de propriétaires d’animaux qui disent que leurs animaux aiment faire cela », dit-il. Bien qu’il soit notoire que les rats jouent souvent à des jeux compliqués, le cache-cache est tellement plus élaboré que Brecht s’est demandé s’ils pourraient le faire réellement. »

Michael Brecht écrit :« Après avoir vécu dans des cages, il a fallu un peu de temps pour que les six rats mâles adolescents de l’expérience se sentent à l’aise dans la pièce spacieuse. Mais une fois qu’ils se sont sentis en sécurité, ils étaient prêts à jouer. »

Nous avons donc à faire à des rats conditionnés, qui ont été apprivoisés (« entraînés ») par des récompenses : des caresses et des chatouilles.

L’article de Sciencemag dit : « De nombreux scientifiques pensent que c’est trivial, mais ce sont des comportements très complexes » parce que les rats assument des rôles différents, suivent des règles et même élaborent des stratégies pour se cacher, dit Brecht.

Et d’étudier le fonctionnement neuronal de la chose, dans le cortex préfrontal (impliqué dans les stratégies d’apprentissage chez les hommes, qui sont des mammifères comme les rats).

Brecht redécouvre alors que les rats ont des capacités cognitives… La cognition, pour faire simple est la faculté d’apprendre de nos expériences, sur le schéma « l’eau ça mouille, mais la pluie moins qu’un bain ». C’est grâce aux capacités cognitives des rats et des ragondins que Gunter Sacckman réalise un numéro de cirque : https://youtu.be/89w2iO5id2c?t=12 .

La science ne découvre donc rien de nouveau et s’interroge sur les motivations des rats apprivoisés : jouent-ils à cache-cache pour le plaisir ou pour une récompense ? Il est supposé que c’est pour le plaisir, et de conclure que les rats disposent « de rudiments du comportement humain ».

Comme tous les mammifères et bien des oiseaux…

Nos animaux de compagnie chiens, chats, perroquets, perruches, canaris, etc. apprécient aussi de jouer avec leurs maîtres quand les conditions sont sécurisantes. Le cortex préfrontal (chez les mammifères) est forcément impliqué à chaque foi ; est-ce une découverte scientifique ? Non.

Que ce serait utile, en revanche, que la science analyse l’effet du réchauffement climatique sur la reproduction des rats, histoire de démonter l’argument fallacieux utilisé par certains pour se dédouaner de la présence ostentatoire des rats à Paris.

Pierre Falgayrac

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La dératisation de l’île de Sein

Le trimestriel de publireportages NPI, dans son numéro 107 d’octobre – novembre 2018, contient un article sur la dératisation de l’île de Sein.

Passons sur la fausse information relative à « l’arrivée en France du surmulot vers 1750 ». En effet, cette date est reconnue complétement bidon par la communauté scientifique, puisqu’il y a des traces de sa présence dans l’est de la France dès le 4ème siècle.

La dératisation a consisté en la pose de postes d’appâtage sécurisés tous les 5-15 mètres, 30 maxi, de manière à « quadriller » l’île. Cette méthode aurait « fait ses preuves, nous dit-on, dans des îles polynésiennes et néo-zélandaises ». Ce qui est oublier qu’elle n’a pas fonctionné dans d’autres, comme l’île australienne de Henderson, où la nourriture saine disponible était infiniment plus appétente que les 75m3 de raticides déversés.

Sur l’île de Sein, après 4 semaines de pose et suivi du traitement (renouvellement des appâts consommés), il est présenté un tableau montrant l’augmentation et la baisse rapides des consommations. La dératisation « totale » est considérée obtenue avec le maintien du dispositif « pendant 2 semaines ».

Cette manière de faire (quadriller d’appâts une importante zone) est en contradiction avec la norme EN 16636, le rapport DRAFT « Mesures d’atténuation des risques pour les anticoagulants », et la fiche technique de la CS3D « Traitements contre les rats et souris », qui prescrivent de ne traiter que la zone où se trouvent des traces d’activité murine.

Par ailleurs, il n’est nulle part fait mention dans l’article des sources de nourritures exploitées par les rats et des dispositions pour les empêcher d’y accéder.

Nous mettons donc fortement en doute l’efficacité réelle de cette dératisation.

Si les 4 caméras utilisées avaient filmé des endroits où se trouvaient de la nourriture saine et des postes d’appâtage, il aurait été vu des rats dominant écarter des congénères dominés de leur lieux de nourrissage sain ; dominés se rabattant alors sur les appâts.

Il y a de très fortes chances que bien des rats dominants n’aient pas consommé d’appâts empoisonnés, puisqu’ils pouvaient accéder à leurs sources de nourriture habituelles.

Bien sûr que la population murine a été drastiquement réduite avec cette campagne. Mais nous faisons le pari que d’ici moins d’un an, il y aura de nouveau autant de rats qu’avant.

Quitte à parcourir toute l’île dans tous les sens pour la quadriller de boites, l’applicateur de la société Help Service ne pouvait-il pas repérer les zones infestées et ne traiter qu’elles ? En supprimant d’abord et autant que faire se peut les sources de nourriture saine qui s’y trouvaient ? Et donc en posant beaucoup, beaucoup moins de postes d’appâtage ?

Mais voilà, c’est tellement confortable de ne pas se poser trop de questions et de poser des boites partout, histoire d’en mettre plein la vue à ceux qui paient… Et puis ça fait marcher les affaires du fournisseur.

Tout le monde est content donc.

Même les rats les plus malins, qui sont toujours là. Rats qui rigoleraient bien s’ils savaient lire…

Pierre Falgayrac