Sur l’interdiction d’utilisation des anticoagulants en appâtage permanent

L’évolution de la règlementation française impose désormais aux fabricants d’indiquer sur les étiquettes des rodenticides « NE PAS UTILISER DE RODENTICIDES EN GUISE D’APPÂTS PERMANENTS (par exemple, pour éviter toute infestation de rongeurs ou pour détecter l’activité de rongeurs) » – Etiquette de « Notrax blox Tous Temps » de Lodi Group.

Et la CS3D d’enfoncer le clou lors d’une conférence de presse le 6 juin dernier : https://www.cs3d.info/actualite/6-juin-2019-journee-mondiale-de-la-prevention-des-nuisibles/

D’où il ressort que cette interdiction va « provoquer une prolifération des rats », en conséquence de quoi la CS3D va faire du lobbying auprès du Ministère de la transition Ecologique « afin d’obtenir un alignement de la France sur la position européenne (autorisation de l’appâtage permanent avec bromadiolone et difénacoum) »

Autrement dit, désinformation et hypocrisie. Expliquons.

Premièrement, lors de mes derniers audits pour des IAA ou pour des villes, j’ai constaté une nouvelle fois que tout ce qui est ceinture ou alignements de boites ne sert strictement à rien. A rien !

D’ailleurs, vous qui me lisez, vous savez très bien que sur des dispositifs comptant 300 boites, il y en a 298 dans lesquelles il ne se passe jamais rien ; quant aux deux autres ; il y a seulement des consommations partielles avec des crottes de jeunes rats. Autrement dit, une contribution au phénomène de résistance, dû, rappelons-le, à des prises répétées de doses non létales.

La preuve :

Nous sommes dans une IAA qui fait des aliments pour animaux. Le prestataire 3D est certifié Certibiocide et a suivi une formation en dératisation chez un fournisseur du collège formateurs de la CS3D.

Il y a donc une ceinture de boites d’appâtage avec 3 rodenticides différents (broma, difénacoum et diféthialone).

Une des deux boites il y a consommation partielle (granulés au difénacoum) et des crottes de jeunes rats
Dans le prolongement du mur où sont installés ces boites,
à 10 mètres, il y a une source permanente d’aliments sains: Du maïs.

Explication : Pendant que les rats dominants consomment du maïs sain, les dominés, de jeunes individus, s’alimentent un peu dans les boites d’appâtage qui sont à 5 et 10 mètres, en attendant que la place se libère au maïs..

Et malgré cette ceinture avec des rodenticides, il y a bien plus d’une centaine de rats à l’intérieur…
Donc, la ceinture de boites avec rodenticides ne sert absolument pas à « éviter toute infestation de rongeurs ou pour détecter l’activité de rongeurs », comme indiqué sur les étiquettes et dans le discours de la CS3D, absolument pas !


Pour une raison très simple : Tant que les sources de nourriture habituelles des rats leur sont toujours accessibles, l’appâtage permanent n’a aucune utilité et génère des phénomènes de résistance.


Je me répète, insiste, persiste et signe : Les ceinture et alignements de boites d’appâtage sont des lignes Maginot totalement inefficaces et perverses. L’interdiction de l’appâtage permanent est donc une bonne chose pour réduire les phénomènes de résistance.


Ensuite, vous, professionnels qui me lisez, demandez-vous pourquoi vos fournisseurs présentent à leur catalogue depuis déjà plusieurs années des appâts « placebo » ? Pour faire joli, ou pour respecter la règlementation ? Car si la France a adopté cette interdiction, avant les autres, dites-vous bien que le reste de l’Europe suivra tôt ou tard.


De toute façon, le rapport (écrit en anglais) « Mesures d’atténuation des risques pour les rodenticides anticoagulants » (Philippe BERNY, Alexandra ESTHER, Jens JACOB, et Colin PRESCOTT, 2014 ), qui sert de référence aux législateurs européens, précise :
– « L’appâtage permanent ne devrait pas être effectué à l’extérieur à moins qu’il y ait un risque élevé de ré-invasion, car il présente un risque très élevé pour les espèces non ciblées.
– L’appâtage permanent peut être effectué à l’intérieur, en particulier là où il y a une exigence réglementaire, ou lorsqu’il y a un risque élevé de ré-invasion, car il peut être géré pour présenter un faible risque pour les espèces non-cibles.
– En premier lieu, la durée de l’amorçage en extérieur devrait toujours être limitée à 35 jours (5 semaines). Par la suite, l’activité continue des rongeurs pourrait indiquer que les rongeurs sont résistants au rodenticide ou qu’une proportion importante de l’infestation n’est pas traitée et qu’ils se déplacent continuellement dans la zone traitée.
– La fréquence des visites devrait être laissée à la discrétion de l’opérateur, à la lumière des évaluations des risques effectuées au début du traitement. La grande diversité des sites infestés par les rongeurs exclut toute fréquence stricte. Cependant, les sites traités devrait être visité au minimum une fois par semaine. ».


Notons que le collège d’expert se prononce contre l’appâtage permanent « pour le risque espèces non cibles », alors que la CS3D joue sur les peurs de nos contemporains avec sa crainte de « prolifération des rats ». Désinformation, disais-je…


Que faire pour s’adapter à cette règlementation ?
Pour commencer, la respecter, puisqu‘elle contribue à diminuer les phénomènes de résistances, donc à augmentera à terme l’efficacité des anticoagulants.


Deuxièmement, acceptez la réalité des faits : L’appâtage permanent n’a aucun effet régulateur sur les populations de rats, aucun.


Troisièmement, là où vous avez installé des ceintures ou des alignements de boites, forcez sur l’étanchéité des locaux en faisant vous-même les petits travaux que vous demandiez à votre client de faire. Rien de bien compliqué à exécuter avec la laine d’acier et les pâtes répulsives que vendent vos fournisseurs. Rappel: Aucune ouverture supérieure à 6 mm pour la souris et 1,5 cm pour le rat.


Quatrièmement, là où les boites sont censées jouer un rôle de détection, en IAA notamment, remplacez donc les appâts empoisonnés par des placébos. Cela continuera à ne servir à rien, mais votre client sera toujours content de voir plein de boites.


Cinquièmement, si vous avez les moyens et votre client aussi, remplacez les boites par des pièges nasse, avec des appâts sains. Ils ne serviront à rien, mais tout le monde sera content.


Autrement dit, dans les faits, cette nouvelle règlementation ne change rien pour les dératiseurs qui aiment leur métier et limitent au maximum l’utilisation des biocides.

Ci-dessous un tableau récapitulatif

Pierre Falgayrac

Quand la CS3D fait du lobbying politique

Stéphane Bras, porte-parole de la Chambre Syndicale des 3D (Dératisation, désinsectisation, désinfection) est interviewé par J-B Litzer dans le Figaro du 23 février 2018.

Bonjour Stéphane (puisque tu me lis) : et si nous débattions ?

Ainsi donc, il est demandé aux députés de faire voter une loi (une de plus…) portant obligation de contrôles réguliers et de visites des logements par des professionnels (de la Chambre Syndicale, il va sans dire….), puisque seulement 10 à 15% de ces logements disposeraient de contrats d’inspections régulières.

Où comment manipuler le gouvernement pour qu’il augmente la clientèle des entreprises de 3D, via une loi obligeant le recours à leurs services. Sur le modèle des assurances, donc…

On imagine les efforts déployés pour arriver à ce résultat. Qui soulève deux problèmes et une question :

  • Le premier problème, c’est que les professionnels des 3D sont directement responsables de l’apparition de rongeurs et insectes résistants aux biocides, par des techniques d’applications non raisonnées largement pratiquées depuis plus d’une trentaine d’années. Ils sont du coup un peu mal placés pour donner des leçons dans le genre yfoyakataka ;
  • Le second, c’est que les pratiques de prévention et de protection sont les fondements de la norme EN 16636, qui concerne tous les professionnels des 3D : Elles doivent être mises en œuvre avant tout traitement avec des biocides. Puisqu’elles relèvent donc des prérogatives des professionnels, pourquoi demander au gouvernement de pondre un texte obligeant propriétaires et bailleurs sociaux à faire ce travail à leur place ?
  • La question qui se pose alors est : pourquoi ne pas consacrer ces efforts plutôt vers les adhérents de la Chambre Syndicale, pour les former à appliquer concrètement la norme 16636 ? Autrement dit, leur apprendre à mettre en œuvre les techniques de protection et de prévention chez leurs clients, pour éviter un traitement avec biocides.

Lapidairement : pourquoi imposer législativement aux clients de faire ce qui relève normalement des professionnels des 3D ?

De l’art de se faire nommer conseilleur pour ne pas être payeur. Les vieux proverbes ont décidément toujours de l’avenir. Et pourtant…

Je ne révèle rien de secret en évoquant la journée sur le thème « Quel avenir pour les métiers des 3D ?», organisée par la CS 3D le Mardi 31 janvier 2017 à Courbevoie, que j’avais eu l’honneur d’ouvrir (merci Stéphane) avec mon propos sur « L’effet de bulle dans les 3D ». Je concluais en démontrant pourquoi et comment le métier devait changer : en retournant aux « fondamentaux » que sont le proofing et la prévention, avant d’utiliser des techniques d’application raisonnés de biocides. Une nouvelle orientation qui garantirait le maintien du chiffre d’affaire…

J’évoquais aussi la communication qui, à mon sens, devrait être dirigée vers le grand public plutôt que vers les politiques. Mais bon, la CS3D ne se refait pas…

Au fait, les « conseils dans les choix des matériaux », c’est vite vu, pour les rats et souris :

  • Les deux seuls matériaux qu’ils ne parviennent pas à ronger sont le béton et l’acier ;
  • Un souriceau ne passe pas dans une ouverture de 5 mm.

Donc :

  • Systèmes anti-intrusion à clapets (eaux usées) ;
  • Portes et plaques en acier ;
  • Grilles en acier avec des mailles <= 5mm ;
  • Colmatage des trous de passages des fluides (eau, gaz, électricité…) avec de la laine d’acier ;
  • Colmatage des autres interstices et passages potentiels avec du mastic répulsif.

Franchement, travailler les députés au corps pour obliger les clients à faire « ça », alors que les professionnels pourraient (devraient, même) le faire, dans le cadre de leurs contrats…

Le problème des punaises de lits est certes plus complexe, mais je crains qu’une loi imposant un contrôle systématique au départ d’occupants et un « bail de mobilité », outre qu’elle semble très difficilement applicable, présente un gros effet négatif : la stigmatisation des victimes des punaises des lits…

Là encore, l’incompétence de bien des professionnels des 3D est pointée du doigt : un traitement de punaises c’est des heures d’un travail méthodique et méticuleux (avec lampe frontale et loupe, pour repérer les punaises) ou le recours à un chien spécialisé. Ensuite, les techniques d’application raisonnée peuvent être déployées : insecticide microencapsulé pour les fortes infestations, vapeur pour les petites + traitement des meubles fortement infestés en autoclave thermique. Bref, des choses que pratiquent peu de « professionnels ».

Ce que je retire du buzz de ces dernier mois sur les rats parisiens, c’est que la Chambre Syndicale a entretenu la psychose en incriminant :

  • Les incivilités des uns et des autres, qui attirent les rats ;
  • L’Europe, qui complique la vie des dératiseurs en réduisant la toxicité des appâts raticides et en interdisant leur application directement dans les terriers ;
  • Le réchauffement climatique, qui favorise la prolifération des rats.

Qui sont en fait trois faux problèmes :

  • Les incivilités et le nombre des touristes sont stables depuis des années. Par contre, Vigipirate et ses poubelles ridicules, en nombre insuffisant et insuffisamment collectées, jouent un rôle certain pour attirer les rats (ça fait des années que je le dis sur mon blog ou dans la presse) ;
  • Un appât moins toxique doit être consommé en davantage de repas : cela ne change donc rien de fondamental (c’est comme prendre 2 cachets de 500mg au lieu d’un de 1000mg). Par ailleurs, il est possible d’utiliser des sprays de saveurs alimentaires pour « guider » les rats vers les stations d’appâtage ;
  • Le réchauffement climatique n’a rien à voir dans le nombre de naissances des rats : le surmulot vit aussi bien en Alaska que sous les tropiques. Seule la quantité de nourriture disponible conditionne sa prolifération.

Bref, jamais la CS3D n’a évoqué la nécessité pour ses dératiseurs de faire évoluer leurs pratiques professionnelles.

C’est pourtant bien une conclusion que l’on pouvait retirer de l’étude de INRA-VetAgroSup sur le parc des Chanteraines (voir un précédent article de ce blog : https://bloghyform.wordpress.com/2017/11/14/letude-de-linra-vetagrosup-et-de-linstitut-pasteur-sur-les-rats-captures-dans-le-parc-des-chanteraines-hauts-de-seine/) :

  • Tous les rats capturés vivants portaient des traces d’anticoagulants dans leur foie ;
  • La moitié d’entre eux étaient résistants à ces anticoagulants.

La faute aux rats ou aux dératiseurs ?

Pierre Falgayrac

La dératisation des prisons et la lutte contre les blattes et les punaises des lits

Je précise d’emblée que je connais très bien le milieu carcéral pour avoir dispensé plus de 1.000 heures de formation, sur 2 ans, à des détenus d’un grand centre pénitentiaire du sud de la France. J’ai donc largement eu le temps d’étudier les problèmes qui font aujourd’hui l’actualité.

1/ La dératisation

Les rats prospèrent là où il y à manger, boire et de quoi nidifier. Les déchets comestibles jetés en permanence par les détenus, depuis les fenêtres de leurs cellules, sont évidemment la première chose à considérer : il faudrait idéalement les nettoyer chaque jour avant le coucher du soleil, moment où les rats sortent pour manger. Or, ce sont quelques « punis » qui de temps à autre nettoient les lieux, au rythme de la prison…

Le recours à un « professionnel » qui ne prendra pas à sa charge le nettoyage préalable des lieux infestés se résumera à la pose d’appâts au milieu de la nourriture saine ; autrement dit, une miction dans un violon… C’est l’histoire de l’île Henderson au sud de l’Australie : le déversement de 75 m3 de raticides pour se débarrasser du surmulot n’ont servit à rien, car les rats préféraient la nourriture saine, très abondante, aux appâts…

Comment faire ? C’est très simple.

  • Le prestataire doit intégrer dans son prix le coût du nettoyage des déchets, qui doit s’achever au coucher du soleil. Cela demandera, selon les endroits, de 5 à 15 personnes et de 5 à 10 gros containers ;
  • En suivant, répandre directement au sol, près des terriers, 50 à 60 kg de blocs hydrofuges à la difethialone ou brodifacoum, qui auront été préalablement largement arrosés de Viandox, pour en augmenter l’appétence ;
  • Le lendemain et le surlendemain, ramasser les cadavres de rats et les brûler en tas, au milieu de l’espace traité.

La quantité d’appâts (j’ai indiqué 50 à 60 kg car c’est ce qui conviendrait pour la prison que je connais bien) doit correspondre à deux repas par rats.

Pourquoi aromatiser les appâts au Viandox ? D’abord parce qu’il y aura toujours la concurrence alimentaire des déchets comestibles jetés après le coucher du soleil, ensuite, c’est le meilleur moyen de s’assurer une consommation totale des appâts (une dératisation réussie, c’est 90 à 95% des appâts consommés).

Après un tel traitement, il faudra 3 à 6 mois pour que les rats reviennent en nombre. Il est donc possible d’établir un planning annuel pour réguler leur taux d’infestation.

2/ La lutte contre les blattes

Là aussi c’est un problème simple : application de 10 à 15 gouttes de gel « blattes » dans chaque cellule, et dans tous les locaux concernés (dont ceux des surveillants). Pour les cuisines, c’est beaucoup plus, bien sûr : 150 à 200…. Bien que le but de cet article n’est pas d’expliquer comment faire, je précise que les gouttes doivent être de la taille d’une tête d’allumette et posées « là où ni les mains ni les yeux ne vont», autrement dit là où circulent et se cachent les blattes. Ce qui représente un temps de travail d’environ 5 à 7 minutes par cellule.

 

3/ La lutte contre les punaises des lits

Là aussi c’est facile, car il n’y a pas besoin d’insecticide, juste de temps et de patience ; choses dont disposent tous les détenus : ce seraient à eux de s’en occuper.

Les punaises se réfugient dans les moindres anfractuosités et espaces entre les éléments d’un lit. Une bonne vue et un éclairage correct sont nécessaires pour repérer les endroits où elles se trouvent et pondent. Pour donner une idée, c’est un travail de recherche méthodique, méticuleux, qui demande plus d’une heure à un professionnel qui traite une chambre d’hôtel. Les détenus pourraient fort bien en faire leur affaire puisque ce sont les premiers concernés.

La punaise se déplaçant lentement, il suffit de l’écraser avec un doigt, de la brûler avec une cigarette ou de l’ébouillanter avec de l’eau.

Bref, il leur faudrait une petite formation, ou l’administration pourrait éditer à leur intention un document avec des photos et très peu de texte, pour qu’ils comprennent comment procéder. Je suis à la disposition de l’administration pour ce faire.

Malheureusement, les traditions et l’ambiance très particulières de la prison rendent bien des choses simples impossibles à mettre en œuvre…

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Les rats envahissent Evry

Cette info fait un buzz dans les organes de presse parisiens (Le Parisien, Le Figaro et Francetv info).
Les faits :

  • Il y a deux semaines, un camp de roms a été démantelé, c’est à dire
    que les occupant en ont été expulsés, puis que leurs abris ont été
    détruits ;
  • Il y a des travaux souterrains aux alentours ;.
  • Un quartier du centre ville se trouve infesté de rats : on y
    voit des rats vivants et des cadavres.


« Le problème des rats dans la ville aujourd’hui est certes aggravé par le démantèlement du bidonville qui a perturbé l’écosystème des rats. Mais il y a aussi toute une série de travaux, de constructions de logements. Des travaux de géothermie qui nécessitent de creuser en profondeur (..) qui ont aussi perturbé les rats et c’est à cela que l’on fait face en ce
moment »
, indique le maire Philippe Bouyssou.

Des opérations de dératisation sont d’ailleurs en cours (ce qui explique que l’on trouve des cadavres de rats ; donc il n’y pas de raisons de s’inquiéter, au contraire, même).
Les propos du maire sont de bon sens. Il donne une bonne explication de la prolifération soudaine des rats.
Mais comment aurait-on pu éviter cette situation ?

Tout simplement en organisant la dératisation du camp de roms après l’expulsion des occupants, et avant la démolition des abris. Car c’est bien le démantèlement du camp qui a
chassé les rats qui y étaient installés.

Il se passe le même phénomène qu’après le démantèlement des Halles Baltard : Les rats qui y vivaient se sont répandus dans les quartiers alentours, et cela a duré quelque semaines (nous
consacrons d’ailleurs un chapitre de notre premier livre « Des rats et des hommes » à cet
événement).

Il serait grand temps que les Services d’Hygiène Communaux intègrent la gestion des populations murines à l’occasion de démantèlement de squats ou camps, et de travaux de creusement planifiés, en organisant des dératisations au bon moment Après un nettoyage de camp ou de squat, des rats privés de leurs sources de nourriture habituelles accepteront facilement les appâts empoisonnés de dératiseurs. Après une semaine de traitement suivi,
les opérations de démolition/ réhabilitation peuvent avoir lieu.

Quand aux travaux d’excavation programmés, ils doivent être précédés d’une campagne de dératisation des égouts et des caves environnantes. Pendant les travaux, la propreté urbaine des environs immédiats doit être irréprochable (afin de ne pas offrir de nourriture aux rats). La pose de boites d’appâtage sécurisées, en nombre suffisant et en des endroits susceptibles d’être fréquentés par les rats, complétera ce dispositif de lutte.

Dans les deux cas, les dératiseurs seront affairés plusieurs jours, car il faut suivre les consommations (ou non consommation) d’appâts. Il ne s’agit pas de « poser quelques boites et puis s’en va »…

Encore une fois, la connaissance de la biologie et de l’éthologie (comportement) des rats est la base d’une bonne stratégie de dératisation. Or, ce ne sont pas des choses que l’on apprend lors
de la certification Certibiocide, obligatoire pour les professionnels…


Pierre Falgayrac

Nouveau ! Le grand guide de lutte raisonnée contre les nuisibles urbains

 Bonjour,
Les éditions Lexitis ont le plaisir de vous présenter le nouvel ouvrage de Pierre Falgayrac : Le Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bioagresseurs urbains, n’hésitez pas à découvrir le sommaire complet sur notre site.

Martin de Halleux
martin.dehalleux@lexitis.fr
Lexitis Editions

 

Nouveau! Le Grand guide de lutte raisonne contre les nuisibles urbains 1513961392-COUV-Nuisibles-3D-GRAND-GUIDE.jpg

Le Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bioagresseurs urbains

Dératisation – désinsectisation – désinfection – lutte contre les oiseaux – dégraissage des hottes d’aspiration – traitement des odeurs – Préparation des certifications, Certiphyto et Biocides – élaboration du document unique.

Ouvrage de référence unique en France, ce manuel expose – en 24 chapitres et plus de 630 pages très richement illustrées – les fondamentaux de la lutte contre les nuisibles urbains :

  • Les connaissances essentielles indispensables sur les principaux
    rongeurs et arthropodes dits «nuisibles», afin d’optimiser
    les stratégies de lutte.
  • Les différents aménagements et mesures de prévention et de
    préservation.
  • Un inventaire des produits et matériels de lutte disponibles.
  • Les différentes techniques de lutte, dans une logique de développement
    durable.
  • Des indications et préconisations pour mettre en oeuvre des plans de lutte
    raisonnée.
  • Une synthèse de la réglementation applicable et des normes agroalimentaires en vigueur.

Il a pour ambition de constituer un guide pratique pour tous ceux qui ont à faire avec les rongeurs et insectes urbains dits nuisibles, qu’ils soient applicateurs, prestataires 3D, clients, utilisateurs finaux ou prescripteurs et qui se soucient autant que faire se peut de la préservation de l’environnement, même en ville, ce qui signifie parfois une rupture franche avec les méthodes traditionnelles de dératisation et désinsectisation.

C’est pour être complet avec les principaux domaines de compétences que recouvrent les prestataires de 3D (Dératisation, Désinsectisation et Désinfection), que sont aussi abordés la désinfection, la lutte contre les oiseaux et le dégraissage des hottes d’aspiration.

Le chapitre sur les odeurs est proposé en complément logique de la désinfection.

La démarche proposée est en phase avec la norme  EN 16636 «Services de gestion des nuisibles – Exigences et compétences». Elle peut aussi s’inscrire dans une politique globale de Développement Durable d’Entreprise (DDE), ou de Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) et permet de satisfaire à des standards ou référentiels environnementaux (SIGMA, Thesaurus-RSE…).

Un ensemble d’informations relatives à la sécurité du stockage, de la manipulation et de l’application des produits biocides permettra aux lecteurs de préparer les examens des certifications individuelles Certiphyto (Certificat Individuel Phytosanitaire) et Certibiocide.

Enfin, le chapitre sur le Document Unique est destiné aux employeurs à l’aise avec Excel, qui pourront établir eux-mêmes ce document en s’affranchissant de logiciels coûteux et dévoreur de temps pour leur prise en main.

Préface de François PECQUERIE, Docteur Vétérinaire.

 

Cliquez ici pour :
> Découvrir le sommaire complet (plus de 610 page de guide)
> Lire la description complète de l’ouvrage
> Acheter directement le livre

 
 

 

 

 

Les services de dératisation de Paris et Toulon dos à dos


Et on remet le couvert ! Dans VAR MATIN 19/06/14 « Le service hygiène de Toulon traque les rats », nous lisons : « Un effort chaque jour renouvelé, bouche d’égout par bouche d’égout, avaloir par avaloir. Tous les quartiers de la ville reçoivent la visite des techniciens : inspection et remplacement des produits raticides »

Cela ne sert à rien : 

1/ De remplacer des appâts non consommés, puisque preuve est faite de
l’absence de rats ou de non-appétence de l’appât en question ;

2/ De mettre systématiquement un appât par tampon et avaloir, puisque les rats ne sont pas uniformément répartis sur le réseau.
A moins qu’un ou deux rats fassent leur affaire d’un appât entier, il seront plusieurs à en consommer trop peu pour accumuler une dose létale dans leur foie. Ce genre de stratégie
« fabrique » des rats résistants aux anticoagulants…

« Le rat a une sale réputation. Parce qu’il se nourrit dans nos poubelles et parce qu’il est responsable de maladies et d’épidémies de peste qui ont ravagé l’espèce humaine » 

Non. D’abord, se nourrir dans nos poubelles n’est pas mal, c’est même un bien puisque nous sommes infichus de recycler nos déchets…Ensuite, le surmulot, ou rat d’égout, ne peut pas transmettre la peste. Sa puce est différente de celle du rat noir (ou rat des greniers) : elle ne manifeste pas le phénomène de blocage de ses trompe de succion par la bactérie yersina pestis (puisque c’est la « salive» des puces qui est vectrice de contamination)  et n’a pas l’homme comme hôte secondaire. C’est d’ailleurs cette découverte (par AW Bacot et CJ
Martin en 1914) qui mit un frein aux recherches sur les surmulots, que l’on craignait jusque-là d’être plus malfaisants que le rat noir (plus petit et moins prolifique). Si le surmulot transmettait la peste, l’espèce humaine serait décimée depuis qu’il y a des égouts en ville.

« L’animal s’adapte à la teneur des produits raticides, aussi il est utile d’alterner les substances anticoagulantes. Les appâts provoquent le décès après trois à quatre jours. » 

Oui et non. Il s’agit donc d’anticoagulants de 1ère et 2ème génération. Les alterner ne sert à rien, sauf à renforcer les défenses immunitaires des rats, donc cela va à l’encontre du but recherché.
Il conviendrait d’appliquer des anticoagulants de dernière génération (plus chers), mais dans le cadre d’une stratégie de suivi hebdomadaire des consommations.

« Un laps de temps qui permet à plusieurs rongeurs de s’empoisonner, quand bien même des rats goûteurs sont désignés au sein de la colonie pour tester tout plat suspect. » 

Ah ! Les ravages des conceptions anthropomorphiques… Il n’y a pas de connivences entre les rats et ils ne peuvent donc désigner des goûteurs (ou des explorateurs). Il s’agit soit d’un rat dominant α affamé qui s’arrogera le droit de goûter en premier la nourriture peu appétissante proposée par un dératiseur, soit un rat dominé ω, toujours affamé, qui se résoudra à calmer sa faim avec un appât peu avenant, après que ses congénères aient mangé toute la nourriture disponible, sans rien lui laisser.

Conclusion habituelle : toutes ces choses sont expliqués dans notre premier livre (ici).

Cordialement,
Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Ubu, Kafka et Sinbad sont dans un bateau…

Au sujet des centres de
formation habilités pour dispenser Certibiocide

 

C’est le MEDD, Ministère de l’Environnement et du Développement
Durable, qui préside à la chose. Extrait de la Notice pour s’enregistrer en tant que centre de formation et valider les formations suivies par vos stagiaires (https://simmbad.fr/servlet/documentation.html?EVT=DOC_ID=L:63;FORM_ACTION=S:TELECHARGER)

« 9/Pour être activé votre compte doit être validé par le ministère de l’environnement. Cela sera fait dans les plus brefs délais après vérification que votre centre de formation est habilité et répertorié pour les certificats individuels pour l’activité «utilisation à titre professionnel des produits phytopharmaceutiques » ou pour l’activité professionnelle « mise en vente, vente des produits phytopharmaceutiques ».

Ce qui signifie que les centres de formation capables d’informer/former sur les risques et dangers présentés par les biocides pour les personnes et l’environnement en hygiène publique ne sont pas reconnus par le MEDD, puisqu’ils ne sont pas capables de dispenser/attribuer les CERTIPHYTO qui concernent le milieu agricole.

C’est comme si on demandait à un moniteur d’auto-école d’être d’abord capable de donner des leçons de conduite poids-lourds avant de former des conducteurs de véhicule légers.

C’est à se demander pourquoi le MEDD conserve une logique des champs à cette
certification des villes. Peut-être parce qu’il n’a pas les moyens de ses ambitions et ne dispose d’aucune structure et ne souhaite pas en avoir, pour dispenser son
Certibiocide.

La seule logique qui préside à cette disposition illogique est, de toute évidence, financière : il faut bien faire vivre les CFPPA du ministère voisin.

Et pour faire bon poids bonne mesure, il est ajoutée une journée supplémentaire de
formation.

N’aurait-ce pas été plus simple de continuer à imposer le Certiphyto en deux
jours ?

Finalement, rien n’arrête le progrès…

Pierre
Falgayrac

 

Sur
Ubu :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ubu

Sur
Kafka :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kafka

Sur
Sinbad :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sinbad_le_marin

Proposition de réforme ou d’adaptation de Certibiocide

Comme annoncé dans la réponse à M. Montmoreau et dans le précédent article sur
l’incohérence du dispositif de certification CERTIBIOCIDE, voici notre proposition détaillée de réforme ou adaptation du programme de CERTIBIOCIDE.

Préambule :

L’arrêté du 9 octobre 2013 instituant le dispositif CERTIBIOCIDE indique que « les durées par chapitre sont indicatives ».

Ce qui signifie clairement qu’il est possible d’adapter contenus et durées aux besoins des stagiaires, puisque le « Protocole de mise en œuvre » de Simmbad.fr (site officiel du MEDD) dit que: « l’organisme de formation s’assure de l’éligibilité du demandeur
(certificat/attestation de formation Certiphyto éventuellement possédé), s’informe sur l’expérience professionnelle, les formations suivies, s’informe sur les spécificités de l’activité professionnelle des stagiaires et les problématiques environnementales de la zone géographique où ils exercent leurs fonctions. (…) Les organismes de formation s’attachent, dans toute la mesure du possible, à constituer des groupes de stagiaires exerçant dans le même secteur d’activité : utilisation de biocides ou vente de biocides
. »

Certification ne vaut pas qualification : simmbad.fr précise que « le certificat porte sur des connaissances et non sur des compétences professionnelles. Il exclut donc l’évaluation des
savoir-faire et ne confère pas une qualification professionnelle.
 » (C’est nous qui soulignons).

L’existant
(tiré de simmbad.fr)

Programme de formation
(durés indicatives préconisées entre parenthèses, pour un total de
21 heures) :

Chapitre «
réglementation » (2 h 30) :

– Introduction au certificat individuel pour l’activité «utilisateur professionnel et distribution de certains types de produits biocides destinés exclusivement aux professionnels».

  • Définition des produits biocides, cadre réglementaire français et européen, produits autorisés et produits illégaux, autorisation de mise sur le marché, utilisation des produits, réglementation du transport et du stockage.

Chapitres « produits rodenticides » « produits insecticides » et « produits désinfectants » (5 h 30 chacun – nous les regroupons car le contenu des 3 modules est
identique) :

Thème « prévention des risques pour la santé »:

  • Risques liés à l’utilisation des produits rodenticides, insecticides et
    désinfectants ;
  • Présentation des principales substances actives ;
  • Dangerosité des produits : voies de pénétration, intoxication aiguë et
    intoxication chronique, devenir des produits dans l’organisme
    (stockage ou élimination) ;
  • Situations d’exposition aux dangers : situations d’exposition :
    avant, pendant et après l’application, contact direct et indirect, facteurs favorisant et aggravant la pénétration, catégories de populations sensibles ;
  • Mesures à prendre pour réduire les risques pour les êtres humains ;
  • Estimation des risques pour la santé des applicateurs et des usagers ;
  • Principales mesures de prévention ;
  • Principales mesures de protection : port des EPI…
  • Principes d’utilisation dans les espaces impliquant des usagers ;
  • Principales consignes et réglementation ;
  • Conduite à tenir en cas d’intoxication aiguë ou d’accident ;
  • Principaux symptômes d’empoisonnement ;
  • Conduite à tenir en cas d’accident ;
  • Mesures d’alerte des premiers secours : numéros d’urgence,
    déclaration des accidents.

Thème « prévention des risques pour l’environnement » :

  • Risques pour l’environnement et principales voies de contamination ;
  • Dangerosité pour l’environnement : impacts sur l’environnement, sur les
    organismes non-cibles et la biodiversité, connaissance des dangers des produits ;
  • Situations d’exposition aux dangers : types de pollution : diffuse ou ponctuelle, devenir des produits biocides dans l’environnement après le traitement, situations de contamination avant, pendant et après le traitement, facteurs favorisant et aggravant les contaminations, risques au niveau de la zone à traiter lors d’une intervention ;
  • Prévention des risques : zonage (zones protégées…), stratégies retenues selon
    les espaces, leur nature, leur usage, pratiques et aménagements visant à limiter la dispersion des produits biocides dans l’environnement lors de leur utilisation, traçabilité tout au long du processus.

Thème « stratégies visant à limiter le recours aux produits rodenticides, insecticides et désinfectants »:

  • Techniques alternatives à l’utilisation des produits biocides ;
  • Méthodes et produits alternatifs ;
  • Techniques de lutte intégrée (lutte biologique directe et indirecte, méthodes
    physiques, etc.) ;
  • Évaluation comparative de l’utilisation des produits ;
  • Évaluation de la nécessité d’intervenir : identification des organismes cibles
    et évaluation des risques ;
  • Raisonnement des interventions ;
  • Choix des produits par rapport à leur efficacité, à la toxicité, à leurs facteurs intrinsèques (dose de matière active, mobilité, dégradation plus ou moins rapide, solubilité, etc.) ;
  • Adaptation des doses et des modes d’application en fonction de l’état
    et de la distribution spatiale des organismes cibles ;
  • Évaluation comparative de l’utilisation des produits biocides et
    techniques alternatives.

Chapitre « gestions des déchets » (1 h 30) :

  • Gestion des déchets dans l’entreprise et sur site d’intervention ;
  • Gestion des effluents ;
  • Gestion des déchets organiques.

Autoévaluation (0 h30)

 Autant dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : il s’agit d’un bourrage de crâne pénible et peu pertinent sur le plan professionnel…

PROPOSITION pour une
réforme ou une adaptation du programme de
CERTIBIOCIDE

 

Notre programme repose sur une approche logique de l’application
des produits biocides :

– Ils sont conçus pour tuer des organismes vivants jugés nuisibles
dans un contexte donné ;

– Pour préserver la santé des personnes et l’environnement dans
ce contexte donné, il convient de connaître l’action de ces
produits biocides sur les organismes vivants cibles et non cibles
et l’environnement au sens large ;

– Pour en appliquer le moins et le mieux possible, il convient de
connaître la biologie et l’éthologie (le comportement) des
organismes vivants cibles ;

– Pour être en conformité avec la règlementation, il faut connaître
celle qui concerne les applicateurs.

Nous pensons que la durée de 3 jours peut être conservée vu l’étendue et la
profondeur des matières que nous proposons.

Nous considérons que l’hygiène et la sécurité des personnes et de l’environnement font partie intégrante des techniques d’application et qu’elles doivent être abordées en même temps que les techniques d’application. À l’exemple d’un cuisinier professionnel, qui veille constamment, au cours de son travail, aussi bien à l’hygiène
des aliments et des surfaces où ils sont manipulés et cuisinés, qu’à la sienne, tout en veillant à sa sécurité et celle de ses collègues en cuisine.

Jour 1 : Règlementation (1,5h) et désinfection (5,5h)

Règlementations applicables au public de stagiaires

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître et respecter la
règlementation qui les concerne.

  • Introduction au certificat individuel pour l’activité « utilisateur professionnel et distribution de certains types de produits biocides destinés exclusivement aux professionnels ».
  • Définition des produits biocides, cadre réglementaire français et européen,
    produits autorisés et produits illégaux, autorisation de mise sur le marché, utilisation des produits, réglementation du transport et du stockage.
  • L’importance de la lecture et de la bonne compréhension des étiquettes de produits, des fiches techniques et FDS.

Désinfection

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître la biologie des microorganismes et leurs modes de transmission et de prolifération, de connaître les différentes familles de désinfectants et leurs modes d’action, de connaître et mettre en œuvre des opérations de désinfection courantes en hygiène publique, dans une logique de développement durable (le moins possible de biocides, appliqués seulement là où c’est nécessaire).

  • Biologie des micro-organismes (bactéries, moisissures, levures, micromycètes,
    virus) : milieux favorables et défavorables, mitose, modes de transmission…
  • Définitions AFNOR (désinfection, décontamination, aseptisation,
    stérilisation) ;
  • Les désinfectants : normes NFT 72, familles de désinfectants, modes d’action, compréhension des étiquettes, FT et FDS ;
  • Principes de désinfection ;
  • Techniques génériques de désinfection (surfaces et volumes) ;
  • Désinfection de vide-ordures et containers à déchets ;
  • Désinfection de bacs à sable ;
  • Désinfection post mortem ;
  • Prévenir les phénomènes de résistance des bactéries ;
  • Hygiène et sécurité des personnes, des biens et de l’environnement (dangerosité des produits, EPI, mesures de prévention et protection, dispositions en cas d’intoxication, premiers secours et n° d’urgence) ;
  • Gestion des déchets et effluents.

Jour 2 : Lutte raisonnée contre les rongeurs nuisibles urbains (7h)

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître la biologie et
l’éthologie des rongeurs commensaux, de connaître et mettre
en œuvre des stratégies de prévention et préservation de
leurs méfaits, de connaître et appliquer des rodenticides
anticoagulants dans une logique de développement durable (le moins
possible de biocides, appliqués seulement là où c’est
nécessaire).

  • Identification des rongeurs nuisibles urbains : surmulot, rat noir, souris,
    lérot…
  • Les rongeurs commensaux dans l’histoire ;
  • Les murinés : biologie, éthologie : biotopes, terriers et nids, territoires et déplacements, alimentation, hiérarchie sociale, adaptations aux situations, légendes et conceptions anthropomorphiques fausses…
  • Méthodes de prévention : diminuer les ressources trophiques, ratproofing,
    usages des infra et ultrasons, favoriser la prédation…
  • Techniques de piégeages : nasses, pinces et tapettes, glu, pièges à
    électrocution, noyade et écrasement / intérêts et imites, mises en
    œuvre possibles ;
  • Les produits rodenticides : familles et modes d’action, intérêts et
    limites, applications sécurisées ;
  • Application raisonnée d’anticoagulants :
    • Abandonner la dératisation permanente ;
    • Pratiquer la détection sans biocides, impliquer le client ;
    • Établir un diagnostic, déterminer et conduire un traitement
      curatif :

      • Évaluer un taux d’infestation, identifier les ressources
        trophiques ;
      • Déterminer la quantité d’appâts nécessaires ;
      • Prendre en compte la concurrence alimentaire ;
      • Placements judicieux et sécurisés des dispositifs
        d’appâtage ;
      • Prévenir les phénomènes de résistance ;
      • Planifier la conduite du traitement curatif ;
      • Stratégies de lutte contre les rongeurs résistants aux
        anticoagulants ;
      • Hygiène et sécurité des personnes, des biens et de l’environnement : dangerosité des produits, statistiques des accidents recensés et analyses de leurs causes, EPI, mesures de prévention et protection, dispositions en cas d’intoxication, premiers secours et n° d’urgence ;
  • Gestion des déchets et cadavres.

Jour 3 : Lutte raisonnée contre les arthropodes nuisibles urbains (7h)

Objectif : permettre aux stagiaires de connaître la biologie et l’éthologie des arthropodes commensaux, de mettre en œuvre des stratégies de prévention et préservation de leurs méfaits, de connaître et mettre en œuvre différentes
techniques de préservation et de lutte sans biocides, de connaître les différentes familles d’insecticides et de savoir les appliquer dans une logique de développement durable (le moins possible de biocides, appliqués seulement là où c’est nécessaire).

  • Identification et biologie des arthropodes nuisibles urbains (acariens, blattes,
    puces, punaises des lits, fourmis, mouches, moustiques, guêpes et frelons, insectes xylophages, insectes des denrées alimentaires, araignées et autres prédateurs…) ;
  • Méthodes de prévention : propreté pragmatique, étanchéification, moustiquaires, plantes et produits naturels ayant un effet répulsif sur certaines espèces ;
  • Dispositifs de lutte sans biocides – du bon usage des

    • DEIV (insectes attirés par les UV, emplacements, plages de fonctionnement, …) ;
    • Pièges à glu ;
    • Pièges à phéromones ;
    • Caissons à anoxie ;
    • Générateurs de vapeur et appareils cryogéniques ;
  • Matériels d’application : seringues de gel, pulvérisateurs à pression préalable, brumisateurs, thermonébulisateurs, sprays et cartouches « one shot »…
  • Les insecticides : familles et modes d’action, intérêts et limites ;
  • Techniques générales d’applications raisonnée et sécurisées pour les arthropodes qui marchent et les insectes volants (pulvérisations et applications de gel), avec démonstrations en salle de formation (utilisation d’eau dans un
    pulvérisateur) ;
  • Planification d’un traitement curatif. Prise en compte du cycle de reproduction des arthropodes cibles en fonction des circonstances (température et hygrométrie) ;
  • Techniques de traitements raisonnés contre les

    • Acariens ;
    • Mouches ;
    • Moustiques ;
    • Guêpes et
      frelons ;
    • Puces ;
    • Punaises des
      lits ;
    • Blattes ;
  • Prévenir les phénomènes de résistance, stratégies de lutte contre les arthropodes résistants aux insecticides ;
  • Hygiène et sécurité des personnes, des biens et de l’environnement
    (dangerosité des produits, EPI, mesures de prévention et protection, dispositions en cas d’intoxication, premiers secours et n° d’urgence) ;
  • Gestion des déchets.

La documentation remise aux stagiaires sera constituée :

– Du cahier de prise de notes comprenant l’aperçu des +ou- 200
slides powerPoint ;

– D’un exemplaire du livre « Grand guide de lutte raisonnée contre les nuisibles urbains » (631 pages – Éditions Lexitis – parution 2014).

Il nous semble qu’avec un tel programme, incluant des démonstrations pratiques, on pourrait parler de qualification et pas seulement de certification.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Certiphyto 2 jours + Certibiocide 1 jour : toujours aussi ubuesque

Rappelons :

1/ Que la législation impose à tous les applicateurs des entreprises de 3D (Dératisation, Désinsectisation, Désinfection) de passer CERTIBIOCIDE avant juillet 2015 ;

2/ Que CERTIBIOCIDE peut s’obtenir après une journée de formation pour ceux qui sont titulaires de CERTIPHYTO, ou après 3 jours pour passer d’abord un CERTIPHYTO en 2 jours ;

3/ Que CERTIPHYTO concerne l’agriculture et le secteur des espaces verts ;

4/ Que depuis plus de vingt ans, il n’est enregistré aucune victime humaine par empoisonnement accidentel avec des produits biocides appliqués en hygiène publique (en ville et sa banlieue) ;

5/ Qu’une partie du milieu professionnel s’interroge à juste titre de l’intérêt et la pertinence de cette certification qui, selon simmbad.fr (site officiel du Ministère EDD), n’est aucunement une qualification professionnelle…

Un de nos clients qui s’est astreint aux trois jours de formation dans un des
centres agréés par le Ministère nous a confié la documentation remise aux stagiaires pour la 3ème journée. Sa consultation nous a abasourdi !

246 slides (ou diapos) PowerPoint, oui j’ai bien écrit 246 slides pour la journée de formation… Soit plus de 35 slides à l’heure, donc 1,7 minute par slide. Bien sûr, il n’y a pas de règles en la matière, mais lorsqu’il s’agit de formation professionnelle, il convient d’être synthétique et pas « cumulatif ». Or, en l’espèce, ou la journée
est menée tambour battant de 9h à 17h, ou le formateur zappe des séries entières de slides lors de son intervention (ce qui a été le cas). Quel est donc l’intérêt d’en avoir conçu autant et d’en surcharger le dossier destiné à prendre des notes ? N’importe quel enseignant confirmé vous dira que pour une assimilation efficace des informations, les stagiaires occasionnellement distraits doivent aisément retrouver le fil de la formation en se repérant dans le carnet de notes où figurent les slides. Notre client nous a ainsi avoué que lui et d’autres ont rapidement « décrochés » car ils étaient infichus de s’y retrouver dans la documentation…

Que trouve-t-on comme contenu pédagogique dans ces slides ?

– 27 concernent le campagnol des champs et la taupe : ces thèmes sont totalement hors-sujet de la certification Biocides. Quitte à en parler, 2 ou 3 slides suffiraient largement.

– 186 traitent des moyens de lutte non chimiques pour les arthropodes et rongeurs : glu, pièges, ultra et infrasons, lutte biologique, destructeurs électriques à rayons ultra-violets, etc.

1/ Les problématiques rongeurs et arthropodes ne sont pas séparées et traitées ensemble, ce qui ne peut qu’être sources de confusions. Il tombe en effet sous le sens que le traitement des blattes est bien différent de celui des souris…

2/ Il y a bien évidemment des longueurs inutiles (pièges à phéromones, UV et
vision des insectes), mais par contre d’autres sujets sont survolés, qui mériteraient d’être développés (notions de piste obligée et non obligée pour les rongeurs).

3/ Il y a des informations fausses sur les normes agroalimentaires et d’autres très discutables sur les appâts « naturels » « préférés » par les rongeurs.

– 32 slides abordent le « rat proofing » et la lutte intégrée : le contenu est cohérent mais pourrait tenir en une dizaine de slides.

Et, surtout, que ne trouve-t-on pas dans le contenu de cette certification Biocides ? L’essentiel!

Oui, l’essentiel : c’est-à-dire les techniques d’application raisonnées des rodenticides et insecticides. C’est incroyable, mais vrai !

Apprendre à se passer des biocides est une chose, mais l’esprit même de
CERTIPHYTO et CERTIBIOCIDE est bien d’en appliquer le moins possible et avec précautions, or ce sujet n’est même pas effleuré !

Il existe pourtant des manières de dératiser avec des anticoagulants ou de désinsectiser avec des pulvérisations d’insecticides en utilisant 4 à 10 moins de produits toxiques, oui, nous avons bien écrit 4 à 10 fois moins. Nos clients peuvent en témoigner et l’un d’eux l’a déjà fait sur ce blog.

Mais comment appliquer juste ce qu’il faut de biocides sans connaître d’abord la biologie et l’éthologie (le comportement) des rongeurs et arthropodes cibles ?

Bref, comme nous l’avons déjà écrit, CERTIBIOCIDE est une certification inutilement lourde et inadaptée aux besoins réels des professionnels qui appliquent des biocides.

D’où notre prochain article : pour une réforme de CERTIBIOCIDE.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Notre livre « Des rats et des hommes »

Notre livre "Des rats et des hommes" Notre-livre-Des-rats-et-des-hommes.jpg

La crise de l’édition étant passée par là, nous en avons assuré nous-même l’édition.

Ce livre relate l’histoire des rapports entre les hommes et les rats depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, à travers l’évolution des connaissances scientifiques, des  techniques de lutte, des politiques d’organisation et des règlementations.

Il contient une première mondiale: une expérience de dénombrement des populations de rats d’égout en ville, pour répondre à la vieille question « combien y-a-t-il de rats par habitant en ville? ». Les enseignements de cette expérience sont directement utiles pour les professionnels de l’hygiène publique.

Enfin, il expose une critique de l’organisation actuelle contre les méfaits des rats et souris et présente des propositions d’améliorations.

Il est disponible en ligne ici.

Cordialement,

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr