Les rats prolifèrent-ils vraiment à Paris ?

C’est cette information que relaient en boucle tous les médias, sauf Europe 1, qui m’a fait l’honneur d’un interview sur ce sujet par Jean-Jacques Hery, dans les journaux de 7h et 18h le 8 octobre dernier.

Je le remercie d’avoir repris mes arguments dans son reportage, arguments que je vais exposer en détail ici.

Faisons d’abord le point. Depuis quelques années, de nombreux rats sont vus en plein jour dans les parcs et espaces verts fréquentés les parisiens et les touristes. Bien que des parcs soient fermés plusieurs jours, le temps nécessaire à une dératisation, les rats sont toujours là.

Et Mme le Maire, sur RTL, de reconnaitre qu’il y a davantage de rats à Paris qu’avant, et d’accuser les parisiens et visiteurs de laisser trop de reliefs de leurs casse-croutes à disposition des rats. D’où la création de brigades d’incivilités.

Bien que ne vivant pas à Paris, mais m’y rendant régulièrement pour raisons professionnelles depuis plus de 30 ans, je n’ai pas observé que les comportements inciviques des passants aient évolué, en mal comme en bien. A supposer que ce soit réellement le cas, il se seraient donc brusquement dégradés en 2014, lors des premières infestations de rats sur les jardins du Louvre… Restons sérieux, ce n’est pas l’hypothétique dégradation des comportements citadins qui peut expliquer la prolifération des rats !

En attendant, on dépense des sous pour tester leur résistance aux anticoagulants (le poison utilisé dans les appâts raticides), tout en reconnaissant que « ce ne sera qu’une partie de la réponse » (Bernard Jomier, adjoint à la Santé de la maire de Paris). Effectivement, non seulement cela ne donnera aucune explication à la prolifération des rats, mais ça n’en donnera pas non plus sur l’inefficacité des traitements. Pourquoi ? Parce que les rats qui sortent des parcs « fermés pour dératisation » afin d’aller se nourrir à l’extérieur, démontrent qu’ils ne sont pas attirés par les appâts empoisonnés mis à leur disposition par le SMASH (service Hygiène de la Ville de Paris). C’est donc un problème d’appétence et pas de résistance (d’ailleurs comment devenir résistant à un poison qui n’est pas consommé ???).

Pour expliquer la « prolifération », Geoffroy Boulard, le maire du XVII donne une piste :« Sans doute du fait des nombreux travaux qui sont en cours dans (tramway, la ZAC des Batignolles, le creusement de la prolongation de la ligne 14, le TGI) », pour affirmer ensuite « mais bien plus sûrement à cause de l’incivisme de certains habitants qui négligent les sacs-poubelles, les rats ont fait ici un beau terrain d’action. » La conclusion est désolante, mais la première proposition est la bonne, j’y reviens plus loin.

Ce que personne ne dit, je dis bien personne, parmi les différentes sommités consultées et les reportages de journalistes, c’est que :

– Les rats sont nyctalopes. Ce n’est pas un gros mot, cela veut dire qu’ils sortent de leur terrier quand le soleil se couche, et qu’ils y rentrent quand il se lève ;

– Ils passent 60 à 75% de leur temps dans leur terrier, et n’en sortent que pour boire, manger et ronger (pour user leurs dents hypsodontes (à croissance continue)). Autrement dit, ils ne se promènent jamais et ne se déplacent « qu’utile » ;

– Ils consomment l’équivalent de 10% de leurs poids par jour en plusieurs fois (ils ne font pas de vrais repas au sens où nous l’entendons, nous humains, mais grignotent plusieurs fois pendant leur période d’activité) ;

– Il n’y a quasiment rien à manger dans les égouts. Les rats s’y abritent parce qu’il y a à boire et qu’il n’y a pas de prédateurs, mais le peu de déchets comestibles qui traversent les grilles d’avaloirs ne suffisent pas à les nourrir. Voilà pourquoi ils sortent des égouts : pour manger ;

– La majorité d’entre eux colonisent égouts et caves et s’installent au plus près de la nourriture, pour avoir le moins de chemin à parcourir. Ils sont en effet d’un naturel craintif et n’aiment pas se déplacer à découvert (crainte du prédateur ailé).

Donc, voir des rats en plein jour n’est pas normal. Pour trouver la réponse à ce problème, il faut se poser les bonnes questions. Dans le genre : D’où viennent-ils ? Qu’est-ce qui les a chassé de l’endroit où ils se trouvaient avant, et où ils étaient si discrets qu’on les voyait peu ?

Il s’agit tout simplement des travaux d’excavations et de démolitions, qui fleurissent dans Paris depuis quelques années. Les vibrations du sol, sous l’effet des pelleteuses et marteaux-piqueurs, dérangent les rats dans leurs terriers et les contraignent à migrer ailleurs, mais le moins loin possible. Car le rat d’égout (Rattus norvegicus), en accord avec son tempérament craintif, est un migrateur (c’est d’ailleurs le titre d’un livre scientifique qui lui a été consacré au début du XXème siècle). Les gros travaux dans les rues de Paris produisent le même effet que la guerre et l’anarchie dans certains pays : des flots de migrants.

Que se passe-t-il réellement chez les rats en période migratoire ? D’abord, et surtout, ils doivent manger. Comme c’est leur odorat qui régente leur vie (il est 1.000 fois plus discriminant que le nôtre), ils se dirigent naturellement vers les odeurs de nourriture. Et là, Vigipirate joue un rôle bien plus déterminant que les incivilités des parisiens et touristes : les sacs poubelle en plastique transparent laissent passer beaucoup plus d’odeurs qu’un container correctement fermé. Depuis peu, elles sont collectées en fin d’après-midi, pour éviter de laisser à manger aux rats pendant la nuit, ce qui est une très bonne chose. Mais les rats, qui ont d’excellentes capacités cognitives, se sont adaptés en se nourrissant avant qu’elles soient vidées. Ceci étant, seuls les rats les plus forts et les plus expérimentés peuvent le faire. Et que font les autres, trop faibles ou trop craintifs pour affronter le jour et ses dangers ? Eh bien, ils meurent. De plus, en période migratoire il n’y a pas de reproduction : les femelles en œstrus repoussent les assiduités des mâles, tant qu’elles ne sont pas en mesure d’élever leurs petits en sécurité, dans un terrier. C’est le propre de toute migration : les plus faibles n’y résistent pas et la reproduction passe au second plan.

La situation est donc paradoxale : il y a en fait moins de rats, mais on ne voit qu’eux. Comme les migrants…Merci de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : les migrants ne sont pas des rats, ce sont les rats qui sont des migrants naturels.

Comment prévenir ce genre de situation à l’avenir ?
En procédant à la dératisation préalable d’un site avant travaux programmés. Je sais que les agents du SMASH prétendent que c’est impossible, mais qui peut croire qu’une municipalité qui impose contre vents et marées médiatiques des voies sur berge piétonnières, n’est pas capable d’édicter un arrêté de dératisation obligatoire d’une rue ou d’un quartier ? Qui peut croire que la Ville de Paris n’est pas capable de mettre en balance le coût de la prévention par rapport au coût de la carte postale écornée par le buzz (mondial ! ) autour des rats.
Ce qui ressort des interviews des différents personnages politiques, c’est qu’ils n’y connaissent rien en rats. Il est certes difficile de le leur reprocher tant il y a des problèmes plus importants à régler, mais ils pourraient s’assurer d’aller chercher des conseils aux bonnes adresses. Et là, c’est pas gagné… La preuve : non seulement personne n’a évoqué ce que j’ai écrit en première partie de cet article, mais le plan de lutte contre les rats présenté au printemps n’a rien d’expert. Détaillons-le :

Empêcher les rats de sortir des égouts
1/ Dans le cas de la Ville de Paris, cela ne veut strictement rien dire. « Etanchéifier les égouts » cela sent le discours répétitif du Dr Michaud, de l’ISTAV (un de nos confrères formateur), qui n’est manifestement jamais entré dans un égout. Autant l’étanchéité d’un réseau d’eaux usées est un objectif vers lequel on peut tendre, autant c’est strictement impossible avec un réseau d’eaux pluviales ou un réseau unitaire, qui collecte les deux eaux sans les différencier. Or, c’est le cas des égouts de Paris, qui comptent 30.000 regards / avaloirs, et qui fonctionnent par gravitation. Etanchéifier les égouts, c’est les empêcher de fonctionner !
2/ Comme déjà dit, il n’y a quasiment rien à manger dans les égouts et c’est bien pour ça que les rats en sortent ! J’ai passé des dizaines d’heures dans les égouts de plusieurs villes à étudier le comportement des rats et j’affirme, preuves photographiques et vidéos à l’appui, que les égouts constituent seulement un site idéal pour boire, creuser des terriers et s’abriter des prédateurs, mais en aucun cas ne sont un espace de nourrissage. C’est d’ailleurs pour cette raison que les rats ne sont pas uniformément répartis dans un réseau : ils se regroupent en fonction des ressources alimentaires disponibles en surface.

Éliminer progressivement les rats dans les parties en sous-sol des immeubles bâtis et dans les zones faisant l’objet de travaux
Oui, très bien, c’est que je préconise aussi ! Mais comment procéder sans obliger, par arrêté municipal, les bailleurs et syndics à dératiser les caves de leurs immeubles en gestion ? De toute façon ça ne fonctionne manifestement pas…

Cibler drastiquement la population de rats indépendants des égouts, vivants en surface. Dans les parcs et jardins de la ville, les zones les plus touchées commencent à être clôturées et de nouveaux pièges sans risque pour l’environnement seront expérimentés. Le protocole d’intervention se déploie en plusieurs temps :
• fermeture des squares pour la durée des opérations de dératisation,
• pose de boîtes sécurisées contenant des appâts anticoagulants,
• évaluation visuelle de la consommation des appâts et comptage et élimination des cadavres,
• rebouchage des terriers.

Le « drastiquement » laisse rêveur, car depuis le mois de mars, les résultats ne sont guère probants ; quant aux expérimentations, elles ont manifestement fait long feu… Effectivement, l’utilisation de pièges à prises multiples fonctionnant avec une bascule demande un savoir-faire qui ne peut pas se résumer par « pose ça ici et on rentre »…
Les parcs sont donc fermés au public afin que les poubelles ne soient plus remplies et que des déchets de repas ne se retrouvent sur les pelouses. Bonne mesure puisque la concurrence alimentaire entre l’appât empoisonné et l’aliment sain habituel est le problème n° 1 de la dératisation.
La technique consiste donc à poser de boites en plastique « sécurisées », contenant les appâts des fournisseurs attitrés de la Ville de Paris, appâts qui séjournent depuis plusieurs semaines ou mois dans un bidon plastique ; les boites sont posées près des terriers repérés et dans la zone de circulation estimée des rats.

Mais alors, comment se fait-il que l’on voit des rats sortir des « parcs fermés pour dératisation » pour aller se nourrir sur le trottoir d’en face ? Tout simplement parce que les appâts posés à l’intérieur du parc ne sont pas appétissants et que les rats préfèrent aller manger autre chose ailleurs. Donc, le problème de la concurrence alimentaire n’a pas été résolu. Disons que les techniques d’amélioration de l’appétence des appâts nécessitent un certain savoir-faire, et que les dératiseurs parisiens ne les maîtrisent pas.
Quant aux évaluations visuelles des consommations et aux comptages des cadavres, on attend toujours. De toute façon, la majorité des rats empoisonnés aux anticoagulants meurent dans leurs terrier. Comment donc les compter ?
Quant au rebouchage des terriers, ça ne sert à pas grand-chose ou rien : ou les rats sont vivants et creusent à côté pour sortir (mais ils quitteront les lieux et n’y reviendront pas), ou le terrier est déjà abandonné.

Le plan de lutte se poursuit ainsi :
Un programme d’action de long terme est parallèlement mis en œuvre afin de réduire au maximum la menace de retour des rats après la dératisation initiale effectuée. Un vétérinaire de la Ville pilote ce programme d’action qui comprend :
• l’installation de corbeilles inaccessibles aux rats, l’adaptation des horaires de passage des agents de la Direction de la propreté et de l’environnement (DPE) afin d’éviter que des déchets restent dans l’espace public sur de trop longues périodes,

Trèèèèès bien. On attend toujours… Mais que fait le vétérinaire pilote ?

des actions de communication incitant le public à adopter des comportements adaptés (pas de nourrissage, dépôt des déchets alimentaires dans les corbeilles prévues à cet effet, vigilance lors de pique-nique…),
Ah oui, comme pour les pigeons. Donc, rien de bien concret à espérer de ce côté-là.

la multiplication des rondes effectuées par la brigade de lutte contre les incivilités, le nourrissage et l’abandon de déchets,
• le déploiement d’agents en renfort si nécessaire.

Du coercitif et du personnel supplémentaire, la recette miracle qui fonctionne à tous les coups, n’est-ce pas ?

Ce qui est certain, c’est que ce plan de lutte transpire l’inculture du rat, or tout commence par la prise en compte de son mode de vie et son éthologie (étude du comportement – voir 1ère partie de cet article).

Quelles constructions, mêmes intellectuelles, peuvent-elles se passer de fondations ? Aucune, la preuve vient d’en être faite.

Pierre Falgayrac
http://www.hyform.fr

 

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Les rats souffrent-ils lors d’un empoisonnement aux anticoagulants ?

Cette question, et sa réponse, sont en jeu dans le bien-fondé de la pétition de Mme Benchetrit « Stoppez le génocide des rats », qui fait l’objet d’un précédent article de ce blog.

Commençons par préciser que les rats sont bien plus hémophiles que d’autres mammifères et que l’action des anticoagulants sur leur organisme n’est pas la même que sur des chiens ou des humains.

Poursuivons en exposant un trait comportemental des rats bien connu par ceux qui ont à faire avec eux (les dératiseurs, comme ceux qui en élèvent pour l’agrément ou le laboratoire) : une souffrance physique ou « psychologique » est toujours accompagnée de cris, dont l’intensité est liée à celle de la douleur ressentie (de petits gémissements à des cris suraigus).

Ce fait est manifeste lors de brèves luttes entre dominants et dominés (accès refusé à la nourriture, à une femelle en œstrus…), lors d’une capture dans un piège-nasse ou lors d’un pincement sévère, et non mortel, dans une tapette.

De mon expérience de dératiseur, confirmée par les clients que je rencontre lors de mes formations ou lors de salons professionnels, les rats empoisonnés aux anticoagulants (ou AVe) s’affaiblissent progressivement, se déplacent de plus en plus en plus lentement, s’alimentent de moins en moins, mais ne présentent aucun signe de souffrance autre que celui lié à un état de fatigue intense. En tout cas, il n’y a aucun signe de douleur.

Or, voici l’explication scientifique de l’intoxication par le Docteur Romain Lasseur, d’IZIPEST :

« Les Ave après s’être fixés dans le foie inhibent le recyclage de la vitamine K1 nécessaire à la bonne coagulation du sang. Néanmoins, l’individu (mammifère, oiseaux) dispose d’environ 4 jours de stock de vitamine K1 dans l’organisme. L’individu ne recyclant plus la vitamine K1 vit sur son stock pendant 4 jours.

Après 4 jours, la vitamine K1 venant à manquer (les apports extérieurs par la nourriture ne suffisent pas), la coagulation du sang (nécessaire au maintien de son état semi-solide semi-liquide) dysfonctionne, et le sang devient plus liquide et commence à sortir des vaisseaux pour aller remplir la cavité intra-péritonéale. L’organisme devant faire face à cette perte de volume sanguin, il rapatrie le sang périphérique pour soutenir les fonctions vitales (cœur cerveau poumon) et c’est donc au cinquième jour que les muqueuses se décolorent. Ensuite, l’animal ne pouvant plus faire face à cette hémorragie, il se met en veille (coma) avant de succomber.

L’animal meurt alors qu’il est dans le coma. Malgré un état de mal-être de l’animal avant d’entrer dans le coma, il n’y a aucun signe de souffrance de l’animal. »

Il n’est donc pas question d’hématome cérébral et des douleurs et pertes d’équilibre qui l’accompagnent chez les hommes,  puisque le sang descend dans la cavité intrapéritonéale qui entoure les viscères des rats. Que ce phénomène s’étale sur 4 ou 8 jours ne change rien au ressenti des rats.

Quant au coma, il est tout sauf douloureux. Je sais de quoi je parle, les médecins m’y ont plongé 5 jours pour m’éviter de trop souffrir après mon accident de moto.

En résumé, l’empoisonnement aux anticoagulants ne provoque pas de douleurs chez les rats et personne ne peut qualifier de souffrance leur état de fatigue croissant jusqu’au coma et la mort.

Je reprendrai ces éléments dans un prochain article pour Le Supplément Mensuel Technique de la Dépêche Vétérinaire, le magazine à comité de lecture pour lequel j’écris une série d’articles sur la biologie et l’éthologie des murinés.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

 

 

Grippe aviaire: la prenons-nous par le bon bout ?

Wikipédia nous dit : La grippe (ou influenza) est une maladie infectieuse fréquente et contagieuse causée par trois virus à ARN de la famille des Orthomyxoviridae ( Myxovirus influenza A, B et C), touchant les oiseaux et certains mammifères dont le porc, le phoque et l’être humain.

L’influenza aviaire H5N8 provoque les dégâts que l’on sait dans les élevages de volailles du sud-ouest, tandis que le virus est également identifié dans la faune sauvage un peu partout en France.

Une recherche sur les communications scientifiques asiatiques fait apparaître des éléments totalement ignorés par le législateur français et ses experts, et les journalistes qui évoquent la situation.
Il s’agit, pour commencer, d’un article de 2009 intitulé « Fears of bird-to-rodent H5N1 relay » et écrit par Terry Mabett, en ligne ici : http://www.wattagnet.com/articles/559-web-exclusive-fears-of-bird-to-rodent-h5n1-relay
On y lit : « Des scientifiques gouvernementaux ont inspecté les fermes infectées et signalé des filets et des revêtements suffisants pour exclure les grands oiseaux migrateurs, mais pas les petits rongeurs comme les rats et les souris. Dans trois fermes, des dizaines de poulets morts se trouvaient dans les zones les plus éloignées des entrées de la coopérative, suggérant que les oiseaux sauvages n’étaient pas la source directe d’infection.
(…) Le professeur Toshihiro Ito, de l’Université Tottori, a déclaré au journal national Ashi Shimbun: « Il est possible que de petits rongeurs comme les rats emmènent le virus dans les poulaillers».

(…) Les rats et les oiseaux se mélangent librement autour des étangs, des lacs, des rivières et des réservoirs agricoles.

(…) Des recherches en laboratoire montrent que les virus H5N1 sont pathogènes pour les souris. Un isolat H5N1 de l’épidémie de Hong Kong de 1997 a montré des titres élevés de virus dans les poumons de souris infectées et a tué tous ceux inoculés. Les isolats de poulet de H5N1 se reproduisent à des titres plus élevés chez les rats que les souches de virus H5N1 provenant d’autres sources.
L’autre article, d’Andrew R. Dalby et Munir Iqbal, est « The European and Japanese outbreaks of H5N8 derive from a single source population providing evidence for the dispersal along the long distance bird migratory flyways », publié en 2015 ici : https://peerj.com/articles/934/.

Il y est rappelé que « des études ont montré qu’il (le virus) peut être transmis à des furets et des souris, et des anticorps ont été détectés chez les chiens domestiques (Kim et al., 2014 ). »

Après avoir indiqué que la source originelle de contamination est probablement unique (et sibérienne), les auteurs soulignent :
– « la plupart des cas récents se produisent près de la côte et dans les zones où il y a des lacs et des sites connus pour leur faune sauvage et les oiseaux migrateurs ;
– la Dispersion du virus par des voies de migration exige toujours qu’il y ait une infection relais pour que le virus de se propage sur de très longues distances migratoires (…) de sorte qu’il se propage parmi les oiseaux sensibles aux points de haltes migratoires, afin de fournir la prochaine étape dans la transmission. Ceci est observé avec la présence d’un nombre croissant de cas aux points d’arrêt, tels qu’au Pays-Bas. »
Et suggèrent :
– « (une) surveillance environnementale des échantillons de matières fécales dans les zones où les oiseaux migrateurs se rassemblent. »

Par ailleurs, on ne compte plus les cas d’élevages qui enchaînent abattages/ désinfection/ abattages / désinfection.

Comment se fait-il que le législateur qui, au nom du sacro-saint principe de précaution, impose des zones de « protection » de 3 et 10 km (sans tenir compte des reliefs et vents dominants), et des procédures d’abattages ubuesques (transports des volailles à abattre), n’ait toujours pas imposé :
– une recherche de la présence du virus sur la faune fréquentant les point d’eaux où se posent les oiseaux migrateurs ;
– la dératisation des élevages condamnés à l’abattage leurs pensionnaires ?

Faut-il rappeler comment a été découvert le mode de transmission de la peste ? En 1898, Paul Louis Simon, médecin militaire, place un rat sain dans une cage ou venait de mourir un rat pesteux. Le rat sain contracte la maladie alors qu’il n’avait pas été en contact avec son prédécesseur. P. L. Simon s’intéresse alors aux puces présentes dans la cage et découvre que ce sont elles le réservoir de la bactérie (alors qu’à cette époque la communauté scientifique doutait que les insectes puissent être vecteurs de maladies…). Cet exemple montre que les explications, et donc les solutions, ne se trouvent pas toujours là où règne la pensée unique (l’abattage des volailles et des oiseaux sauvages, par exemple).

L’impasse faite sur les souris et rats qui infestent bien des élevages contaminés par l’influenza est coupable.
Les études démontrant leur sensibilité au virus établissent le risque de contamination d’un local d’élevage. Il convient donc d’intégrer des opérations de dératisation aux process de décontamination des élevages infectés.

Des désinfections sans véritable dépeuplement préalable n’ont pas de sens, si ce n’est celui d’une gabegie…

Pierre Falgayrac

Un protocole pour la surveillance des rats en tant que vecteurs de maladies à New-York

Il s’agit des travaux de MM. Parsons, Samo (Université Hofstra – New-York) et Deutsch (entomologiste – Arrow exterminateur Company – New-York), publiés ici http://journal.frontiersin.org/article/10.3389/fpubh.2016.00132/full

Le préambule pose le sujet : New-York hébergerait 2 à 32 millions de rats (pour 8 millions d’habitants) et il y a un manque de connaissances sur les rats sauvages et les zoonoses qu’ils pourraient provoquer. D’où l’intérêt d’utiliser une technique de suivi de rats par radio fréquences et caméras, afin de suivre l’évolution de leur état de santé (poids, parasites et germes pathogènes). Cette méthode permettrait de surveiller les risques potentiels de zoonoses dues aux rats, qui deviendront un problème de plus en plus important avec l’augmentation des populations urbaines.

Les cinq phases du protocole sont :

  • La sélection des sites et le piégeage des individus ;
  • Anesthésie ;
  • Analyses sérologique et des ectoparasites ;
  • Implantation de la puce électronique ;
  • Libération après mise en place d’un leurre à phéromones et d’une balance.

Passons rapidement sur l’introduction, basée essentiellement sur de la manipulation d’informations et un alarmisme qui fleure bon des intérêts corporatistes malgré la déclaration d’absence de conflits d’intérêts en fin d’article (un des auteurs est dirigeant d’une entreprise de pest control…). Les études citées en référence ont peu à voir avec le sujet de l’étude (surtout celles qui concernent le milieu agricole), sont inutilement inquiétantes (on retrouve celle sur les « 18 nouveaux virus de rats » et des études de cas infectieux isolés), sont des synthèses littéraires de publications tierces (ah ! les « révélations » de SecretLifeCityRat_UrbanEcosystems), ou sont des auteurs eux-mêmes.

Avec des phrases comme :

  • « De nombreuses lacunes relatives à l’ écologie du rat et de la surveillance de la maladie se sont accumulés dans la littérature scientifique» ;
  • « Les rongeurs urbains sont insaisissables, souterrains, et souvent invisibles, ce qui rend les connaissances à leur sujet vraiment très difficiles à établir » ;
  • « La (…) plupart des observations conduisent à la désinformation qui se propage par les récits anecdotiques, par ouï-dire, et les médias. Le principal moyen pour lutter contre ce problème croissant est de surmonter les obstacles nécessaires à l’ étude des rats urbains in situ, dans leur environnement normal» ;
  • « (la question de santé publique) soulève la question de savoir combien d’autres agents pathogènes seront découvert quand les rongeurs seront plus régulièrement surveillés?» ;

nous obtenons la magnifique impression que l’humanité est fort dépourvue en connaissances sur les rats et qu’heureusement nos trois héros vont y remédier, pour un coût matériel de 15.000 $, jugé « négligeable » vu les enjeux. Et d’affirmer péremptoirement que « de toute évidence, de nouvelles méthodes sont nécessaires pour surmonter ces obstacles importants (NDA :peu de documentation sur les zoonoses murines) et de nouveaux tests détaillés contribuent à ouvrir de nouvelles perspectives de recherches ».

Des surmulots sont donc capturés, anesthésiés le temps de leur implanter une puce sous la peau (20’) puis relâchés dans la même zone, où se trouve désormais un emplacement avec des chiffons imprégnés d’odeurs et phéromones d’autres rats, dissimulant une balance permettant de peser les rats visiteurs, l’ensemble étant filmé par caméra. Certains rats sont recapturés pour mesurer l’évolution de leurs germes infectieux et de leurs parasites.

Après 6 mois de relevés sur 7 zones concernant 20 rats chacune, les résultats sous forme de tableaux indiquent qu’en moyenne, l’endroit a été visité 2,4 secondes et 4,7 fois par jour par les femelles, et 3,5 secondes et 2,6 fois par jour par les mâles.

La balance a été jugée peu probante, car les rats ne se positionnaient pas toujours correctement pour la faire fonctionner…

Comme d’habitude, détricotons le buzz. En commençant par le début.

« New-York hébergerait 2 à 32 millions de rats (pour 8 millions d’habitants) » : Cette « fourchette » énorme n’a aucun sens ; elle fait référence à l’étude farfelue du statisticien Jonathan Auerbach concluant à 2 millions de rats et aux légendes urbaines qui avancent 4 rats par habitant. Au moins le chiffre démontré de 1,75 rats par habitant est dans cette (immense) fourchette (cf. notre livre « Des rats et des hommes » Éditions Hyfom 2013)…

« Il y a un manque de connaissances sur les rats sauvages et les zoonoses qu’ils pourraient provoquer ». « Les rongeurs urbains sont insaisissables, souterrains, et souvent invisibles, ce qui rend les connaissances à leur sujet vraiment très difficiles à établir »  : Faux ! Il y a suffisamment de publications sur l’éthologie du surmulot, du rat noir et de la souris, entre quelques livres, de nombreux articles de revues et les publications scientifiques en ligne sur Google scholar, pour établir que l’on connait très bien leur biologie et leur éthologie. Les auteurs, publiant eux-mêmes sur Google scholar, sont vraiment de mauvaise foi pour ignorer les publications de leurs collègues !

Quant aux zoonoses, la réalité est qu’à part les épidémies pesteuses des siècles passés en Asie et en Europe (dues au rat noir et pas au surmulot), et la leptospirose à laquelle sont exposés les égoutiers et ceux qui ont à faire avec le ragondin, il n’a jamais été recensé d’autres épidémies dues aux rats en milieu urbain. Si les surmulots étaient vecteurs de maladies infectieuses, ils le seraient depuis toujours et n’auraient pas attendus le 21ème siècle… Donc, l’argument de la « méthode (qui) permettrait de surveiller les risques potentiels de zoonoses dues aux rats » s’effondre sur lui-même.

Bref, ces faux préalables suffisent à lancer un plan marketing / médiatique qui joue sur les peurs de nos contemporains pour préconiser une nouvelle méthode d’étude qui va rapporter des sous à ses géniteurs.

Au fait, quel est l’intérêt réel de cette étude ? Aucun. Démontrons pourquoi.

Nous savons depuis des siècles que le surmulot, et tous les autres murinés, vivent dans un monde d’odeurs au sens où la perception de leur environnement est essentiellement olfactive ; leur odorat est en effet 100 fois plus discriminant que celui d’un chien, alors que leurs sens du toucher et de la vision sont très limités (ils voient en niveau de gris et à moins de 20 mètres). Une étude récente vient d’ailleurs de confirmer le rôle primordial des vibrisses (les « moustaches ») dans l’appareil olfactif (http://jeb.biologists.org/content/219/7/937), chose que j’expose depuis 25 ans lors de mes formations.

Que peut donc produire l’installation de chiffons imprégnés d’odeurs et phéromones d’autres rats dans la zone d’activité d’une colonie de surmulots ? De la curiosité méfiante, tout simplement. Pourquoi méfiante ? Parce que ces odeurs étrangères ne sont pas bienvenues au sein d’une colonie dont la population est stabilisée, car dépendante des ressources alimentaires et des possibilités de nidification. Il est facile de concevoir que l’odeur persistante d’individus étrangers en un point particulier perturbe les rats au point de l’« inspecter » plusieurs fois par jour. Peu importe alors par qui et à quelle fréquence ! A la limite, que les femelles aient « inspecté » les chiffons un peu plus souvent mais moins longtemps que les mâles confirme qu’elles sont soucieuses de la protection de leur progéniture et que les mâles s’assurent bien qu’ils n’ont pas à en découdre avec un importun. La seule chose à retenir de cette expérience est que tous les rats qui se déplacent dans la zone des chiffons vont les sentir puis continuent leur chemin, et qu’ils agissent ainsi tant que les chiffons dégagent des odeurs. Tout au plus peut-on déduire que si un individu « étranger » avait été déposé au même endroit, en lieu et place des chiffons, il aurait suscité l’attention peu bienveillante des gros mâles qui ont inspecté le plus longtemps les chiffons…

Deux des auteurs avaient déjà conduit une expérience qui confirme que les rats sont sensibles aux phéromones (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?Db=pubmed&Cmd=ShowDetailView&TermToSearch=23590323). Ils démontrent par l’étude présente qu’aller plus loin n’apporte pas grand-chose.

Quant aux « enseignement éthologiques » tirés de l’étude, ils frisent le ridicule ! « Du point de vue éthologique, on peut distinguer des comportements différents entre les mâles et les femelles, y compris les adultes et les jeunes, les comportements des dominants et dominés et les temps d’activité de pointe. » : Non, les statistiques ne démontrent rien d’autre qu’une colonie a été perturbée par des odeurs étrangères, point. Seules des expériences basées sur l’accès à une quantité réduite de nourriture et/ou des possibilités insuffisantes de nidification permettent de dégager la hiérarchisation d’une colonie murine, en fonction de la force physique des individus. Et ces études n’ont pas besoin de capturer des rats pour leur mettre une puce sous la peau après les avoir anesthésiés.

Mais la cerise sur le gâteau est là :  Plus important encore, les données d’identification individuelle des rongeurs permettent d’évaluer les agents pathogènes dont ils sont porteurs, surtout pour les individus capturés à plusieurs reprises, qui permettent de suivre dans le temps l’évolution des agents pathogènes. Par exemple, il y a une incidence plus élevée de bactéries tels que Borrelia ou Rickettsia, tard dans la saison, alors qu’elles étaient peut-être absentes au début du printemps. En outre, certains rongeurs peuvent occasionner une nuisance pathogènes supplémentaires lorsqu’ils migrent saisonnièrement des espaces de parc publics aux égouts en hiver avant de ressortir (un processus appelé «migration verticale », d’après Corrigan).

Cette étude nous apprend donc que les microorganismes pathogènes du printemps et de l’automne ne sont pas les mêmes (quelle avancée scientifique !) et suppose qu’il y a un risque de zoonose lors des migrations « verticales » des rats, selon qu’ils quittent ou gagnent les égouts ou la surface. D’abord, répétons-le, les zoonoses dues aux surmulots sont une fable. Ensuite, cette histoire de « migration verticale » évoquée par M. Corrigan dans une étude privée sur les rats new-yorkais est sujette à caution. Que l’hiver incite des rats de surface à s’abriter dans les égouts est antropomorphiquement cohérent, mais pourquoi les rats abandonneraient-ils leurs sources de nourriture et leurs terriers adaptés aux froidures hivernales ? Par ailleurs, rien ne dit que les rats installés dans les égouts les accueillent à bras ouverts… C’est même tout le contraire qui doit se produire ! Les populations de rats étant stabilisées par les ressources alimentaires et de nidification, ils n’ont aucune raison de migrer tant que ces conditions sont bonnes, ni d’accueillir de nouveaux arrivants. Donc, ce concept de « migration verticale » paraît vraiment peu crédible, hors travaux d’excavation évidemment.

Ceci étant, quelle est la raison profonde qui a motivé cette étude ? Comme souvent avec les études américaines, elle se révèle dans le contenu « Il est de notoriété publique que les rats vus dans la journée indiquent qu’il y a une populations anormalement élevée dans l’environnement immédiat. Pourtant, la plupart des détections de rats sont basées sur un petit nombre d’individus de manière disproportionnée (…), ce qui conduit à des généralisations (infondées). (…) la plupart des observations conduisentt à la désinformation qui se propage par des récits anecdotiques, par ouï-dire, et les médias. Les principaux moyens pour lutter contre ce problème croissant sont de surmonter les obstacles nécessaires à l’ étude des rats urbains in situ, dans leur environnement normal, répliqués au niveau de chaque animal. »

Tiens donc, il semblerait bien que le service New-Yorkais du n° 312, le « Rat Portail », ait réalisé ce que je subodorais dans un précédent article : « Les signalements téléphoniques de rats sont davantage un outil statistique de l’humeur des citadins et de l’ambiance de leur quartier qu’une base de données fiables pour décompter des rats de NYC » (voir un précédent article de ce blog : https://wordpress.com/post/bloghyform.wordpress.com/202) . Cette étude s’inscrit donc dans un vaste dispositif de manipulation des électeurs new-yorkais, à qui il faut démontrer que la mairie s’occupe activement du problème des rats, potentiellement vecteurs de maladies nouvelles. Et tant qu’à faire, on en cause au monde entier, sous couvert d’avancée scientifique…

 Pierre Falgayrac

Le rapport d’expertise sur l’accident SNCF de Denguin en juin 2014

Le rapport complet est en ligne ici :

http://www.sncf-reseau.fr/sites/default/files/upload/_Import/pdf/Rapport_d_enquete_Rattrapage_Denguin.pdf

On y lit :

« Constats effectués le samedi 19/07/14 à l’occasion de la visite des installations organisée par l’autorité judiciaire :

– Un relais de signalisation présente un positionnement anormal ;

 – La présence de traces d’habitat de rongeurs est constatée ;

 – Après ouverture des chemins de câble du centre, il est constaté que plusieurs fils conducteurs sont dénudés partiellement ou présentent une partie isolante attaquée par des rongeurs mettant ainsi à nu ponctuellement la partie conductrice des fils conducteurs concernés (voir annexe 8). Les investigations menées ce jour-là n’ont pas permis de déterminer avec plus de précision quels étaient les fils conducteurs affectés ;

 – Plombage du dispositif « borne de maintenance » en place, mais ne présentant pas la marque d’une pince à plomber, ce point mériterait d’être éclairci ;

 – De nombreux plombs non coupés jonchent le sol de la guérite ;

 – Les essayeurs ont éprouvé des difficultés à ouvrir les ES8 (éléments de sectionnement) en tête de câble ;

 – Les règles de l’art en matière de protection contre les rongeurs, lors de la construction de ce centre, n’ont pas été respectées de façon exhaustive (mesures contre les intrusions, calfeutrement, …). »

(…) « A ce stade de l’enquête :

 – compte tenu des constats faits et des entretiens qu’elle a pu mener,

 – constatant en particulier des traces de rongeurs dans le centre de signalisation et la présence de nombreux fils conducteurs partiellement dénudés,  – et sous réserve des expertises complémentaires à conduire, la Direction des Audits de Sécurité privilégie l’hypothèse d’une réalimentation intempestive du relais de commande à voie libre du sémaphore 23 (S23). Cette réalimentation serait la conséquence directe d’un contact fortuit entre deux fils conducteurs partiellement dénudés et d’une conjonction de circonstances techniques exceptionnelles (proximité des câbles, présence de courant, mise en contact des conducteurs, par vibrations par exemple, séquence particulière conduisant à une conséquence sur un élément de sécurité).  

Les conclusions formelles et définitives de l’enquête appartiennent aux autorités judiciaires.

 Néanmoins, à titre de précaution, la Direction des Audits de Sécurité préconise :  

  1. de procéder dans un premier temps à la visite des centres de signalisation de cantonnement selon un calendrier hiérarchisé à préciser, en procédant d’une part à la mesure d’isolement global des installations et d’autre part à la vérification visuelle des équipements présents dans les centres, et notamment le bon état des câbles électriques ;
  1. de procéder dans un second temps à la visite complémentaire des autres centres de pleine voie ;
  1. de mener un examen approfondi des normes de conception visant à renforcer encore la prévention contre ce type de risque exceptionnel, à la fois par des spécifications techniques sur les circuits de signalisation (séparation de circuits, durcissement des sections de fils conducteurs, etc…), mais également par la protection contre les rongeurs, d’engager le réexamen des normes d’entretien, en particulier au regard de la protection contre les rongeurs ;
  1. d’engager le réexamen des normes d’entretien, en particulier au regard de la protection contre les rongeurs,
  1. de s’assurer par ailleurs de la bonne appropriation par l’ensemble des acteurs concernés des procédures de protection technique à mettre en œuvre avant toute intervention dans le cadre de la maintenance préventive ou corrective. »

(…) L’annexe 8 présente des photos de fils rongés dans la guérite et l’annexe 9 est le plan de lutte contre les rongeurs adopté par la SNCF. Le voici :

LUTTE CONTRE LES RONGEURS

Il arrive parfois que des rongeurs pénètrent dans nos installations et rongent des câbles sans que la sécurité soit pour autant engagée (sauf conjonction exceptionnelle type Denguin).

D’autres réseaux et d’autres industries connaissent ce genre de problème.

Des mesures existent : des dispositions précises sont reprises dans des instructions techniques IN 0494 et dans les instructions de conception DES 184 et de travaux IN 7157.

Des études sont également conduites par la SNCF, parfois en collaboration (Muséum d’Histoire Naturelle), visant à améliorer la protection de nos installations.

Ces règles se fondent sur 2 principes  

  • Des mesures de Conception ;
  • Des mesures de Surveillance et de Maintenance.

Les câbles  

Chaque câble est techniquement spécifié pour un usage précis. De manière générale et depuis les années 90 les câbles sont blindées. Les câbles de ligne mis en œuvre dans les installations sont équipés d’une enveloppe métallique. Ces principes étendus à certains câbles locaux en 1989, permettent d’obtenir une protection efficace. Des mesures de renforcement ont été décidées en 2008.

(Suit un tableau des caractéristique des câbles)

Mesures de prévention et de conception

Les règles ci-après sont à appliquer lors de l’établissement ou de la modification des installations électriques, de manière à interdire la pénétration des rongeurs dans les postes et centres d’appareillages.

  • Placer les câbles en tranchées chaque fois que cela est possible,
  • Obturer les extrémités des caniveaux débouchant dans les centres d’appareillage par un bouchon de laine de verre maintenu par un tampon de plâtre ou de ciment maigre,
  • Combler les soubassements de guérite ou d’armoire avec du gravier,
  • Réaliser les entrées de câblage au moyen de fourreaux, ceux-ci étant ensuite obturés,
  • Éviter la multiplication des entrées de câbles,
  • Soigner l’étanchéité de ces centres,
  • Munir les bouches de ventilation, justifiées par des conditions réglementaires ou de salubrité (fort taux d’humidité), d’un fort grillage à mailles fines en inox ou traité contre l’oxydation,
  • Condamner les bouches de ventilations ainsi que les passages divers dans les centres d’appareillage, etc. qui ne seraient pas utiles,
  • Obturer les entrées de câbles et de conducteurs isolés dans les appareils. Cette précaution est particulièrement importante sur les installations où les rongeurs peuvent provoquer des incidents graves (coincement d’un moteur d’aiguille, ou d’un moteur de barrière de PN à SAL, etc.),
  • Établir les câblages intérieurs en torons ou ouvrir les goulottes après avoir immobilisé les conducteurs lorsque la situation le justifie,
  • Vérifier l’obturation des platines.
  • Si, malgré toutes les précautions prises, on constate la présence de rongeurs, il convient
    • De rechercher rapidement et très attentivement toutes les possibilités de pénétrations par les canalisations, les gaines, les caniveaux, etc. et de réaliser les obturations nécessaires au plus tôt,
    • De recourir à la dératisation éventuellement,
    • D’ouvrir les goulottes en prenant soin d’immobiliser les conducteurs si l’installation en est dotée et si l’ouverture n’a pas déjà été réalisée.

     

    Les études  

    – Etudes sur le comportement de l’animal

    – Généralisation dans la mesure du possible de câbles renforcés

    – Isolants de câbles et fils répulsifs ou renforcés

    – Barrières techniques ou barrières électriques

    Par ailleurs, a SNCF déclare dans un communiqué à propos de ce rapport (http://www.sncf-reseau.fr/fr/publication-du-rapport-sur-la-collision-de-denguin) :

    « Il s’agit d’une conjonction technique très exceptionnelle et sans précédent connu sur ce type d’équipement.

    Elle comporte le cumul de trois événements : l’action de rongeurs sur les gaines d’isolement des câbles, malgré le dispositif de précaution existant ; le fait que les deux fils détériorés étaient situés à l’extrémité de la chaîne électrique commandant le signal ; enfin une séquence défavorable provoquant la mise en contact de deux fils électriques, comme des vibrations ou encore la mise en tension des circuits voisins. »

    ____________________________________________________________________________________

    Ces préalables étant posés, voici ma contribution à l’analyse de cet accident et à l’amélioration du plan de lutte contre les rongeurs de la SNCF

    Le problème posé est simple :

    • Des rongeurs sont à l’origine du dysfonctionnement électrique du signal qui a trompé un chauffeur de train ;
    • Le dispositif de protection (un appât empoisonné) n’a pas fonctionné.

    Le rapport d’expertise n’analyse pas pourquoi des rongeurs se trouvaient là. Quantités de guérites qui présentent les mêmes défauts d’étanchéité et de circuits non séparés n’ont pas connu de dysfonctionnements, bien que la présence de rongeurs soit avérée dans certaines.

  • Il tombe donc sous le sens que la question de la raison de la présence des rongeurs dans les guérites mérite d’être posée.
  • Elle en entraîne une autre : Pourquoi les rongeurs s’attaquent-ils aux gaines des câbles électriques ?En conséquence, l’identification des rongeurs incriminés est fondamentale, car c’est la connaissance de leur biologie qui permettra de répondre à ces questions. Il est difficile d’affirmer sur photos s’il s’agit de rats ou de souris ; Le type de nidification fait penser à des souris, mais les excréments sont peut-être ceux de rats. (photos journal Sud-ouest). Pourquoi est-ce important de savoir exactement de quel rongeur il s’agit ? Parce qu’on ne lutte pas de la même façon contre des rongeurs qui ont des comportements différents.L’environnement de la guérite semble plus favorable au rat surmulot qu’à la souris ou au rat noir, qui vivent généralement à l’intérieur des bâtiments ; mais nous sommes en été dans le sud du pays, où ils peuvent donc vivre à l’extérieur.SNCF3

    Le rat surmulot n’aurait pu être attiré par la guérite que s’il y avait à manger à proximité, mais comme il préfère creuser un terrier au frais plutôt que faire un nid de chiffons et papiers au chaud, il y a fort peu de chances, voire quasi-impossibilité, qu’il soit attiré par la guérite (sauf éventuellement par l’appât empoisonné, mais c’est un autre sujet que nous aborderons plus loin).

    Revenons aux souris et rats noirs. Il est évident qu’ils trouvent de la nourriture dans l’environnement végétal, mais pour s’abriter des prédateurs et des températures plus fraiches de la nuit, la guérite est idéale, surtout qu’ils y rentrent facilement. À supposer que les passages de câbles soient bouchés à « la laine verre ou au plâtre ou au ciment maigre », quelques coups de dents leur auraient frayé un passage vers l’intérieur. En effet, seul l’acier résiste à leurs dents… Les conclusions de l’expertise tirent le drap du côté de l’étanchéité à parfaire dans les guérites, mais les techniques préconisées ne constituent aucunement une barrière dissuasive pour souris et rats !

    Seuls certains mastics ayant une composition particulière, vendus par des professionnels de la lutte contre les  nuisibles, peuvent constituer une barrière sûre. À défaut, des tampons de laine d’acier destinés à la vaisselle ou l’ébénisterie feront très bien l’affaire, et pour moins cher !

    Et que trouvent les souris ou rats noirs en recherche de chaleur dans la guérite ? Un appât rodenticide. À supposer qu’il soit plus appétissant que la nourriture saine de l’extérieur, ils le consomment en plusieurs fois et ne sortent plus à l’extérieur. Le poison anticoagulant (AVK) agit en effet après deux à quatre repas. Entre ces repas, même affaiblies par l’AVK, il leur faut user leurs dents hypsodontes (qui poussent permanence)… Et que trouvent-ils à ronger ? Rien d’autre que les gaines des câbles électriques !

    Voilà le fond du problème : Un appât rodenticide ne peut pas constituer un dispositif de protection, puisqu’il « fixe » le rongeur jusqu’à plusieurs jours dans l’installation technique, temps pendant lequel il peut nuire. Il agit donc à l’inverse du but recherché !

    Ce qui attire les rongeurs, c’est avant tout la nourriture, ce qui les fixe c’est la possibilité de nicher à proximité. Dans le cas des guérites de la SNCF, ces deux conditions sont réunies lorsqu’une source de nourriture est proche (poubelle, déchets…), ou dans la guérite (appât à action lente).

    Que faire pour éviter que des rongeurs rongent à nouveau des fils ? Il faut revoir le plan de lutte SNCF contre les rongeurs.

    Sans entrer dans les détails, en voici les grandes lignes :

    • Étanchéifier les accès possibles avec des mastics répulsifs « prévus pour » et/ou des tampons de laine d’acier ;
    • Utiliser exclusivement des grilles d’acier à maillage fin (<5mm) ;
    • Utiliser du béton armé pour les soubassements, dés que cela est possible ;
    • Là où le risque rongeur est important, installer des générateurs d’ultrasons à balayage de fréquences (pour éviter les phénomènes d’accoutumance) ;
    • Là où le risque est faible, utiliser des appâts anticoagulants de dernière génération (Brodifacoum, Difethialone) en pâte (ou gel). Étant hydratés, ils attireront plus facilement les rongeurs qu’un bloc hydrofuge, et un à deux repas suffiront pour tuer les rongeurs.
    • Et placer un morceau de branchage naturel à proximité : Les rongeurs le choisiront de préférence aux gaines de câbles.

    SNCF4

    (dispositif installé dans un local électrique)

    Rien de bien compliqué en somme. Mais je doute que les pontes de la SNCF lisent mon blog ou me prennent au sérieux, vu que je ne suis pas intervenant au Muséum d’Histoire Naturelle.

    Au fait, pourquoi les cheminots posent-ils des appâts dans les guérites ? Parce qu’ils ont vu des applicateurs d’entreprises de 3D faire ainsi, à l’époque où la SNCF sous-traitait ce travail.

    Là aussi, comme il n’y avait rien de bien compliqué à faire, autant le faire soi-même ont décidé les grands chefs de la SNCF.

    Quand je disais, dans un autre article, que le métier se tirait une balle dans le pied, avec des pratiques de poseur de boite et puis s’en va, et des certifications bidon…

    Et pendant ce temps-là, comme depuis toujours, les souris dansent. Dans les guérites de la SNCF.

     

    Pierre Falgayrac

    http://www.hyform.fr

Les rats récompensent-ils leurs congénères pour leur générosité ?

’est le sujet, et la conclusion, d’une étude menée par Vassilissa Dolivo et Michael Taborsky, de l’Université de Berne, en ligne ici :

http://rsbl.royalsocietypublishing.org/content/11/2/20140959.

Le postulat qui cadre l’étude : « Un facteur qui influence la motivation de l’Homo sapiens pour la réciprocité dépend de la valeur estimée de l’aide reçue. Mais jusqu’à présent, il a été
difficile de déterminer si d’autres espèces fondent aussi leur décision de coopérer sur l’appréciation de la qualité de l’aide reçue
 ».

Et nos chercheurs de préparer une colonie de rats de laboratoire à cet effet (les
mêmes qui sont incriminés pour discréditer l’expérience du Dr Séralini sur la consommation d’OGM).

Les résultats semblent concluants, puisque les chercheurs précisent que leurs « données montrent que la propension d’un rat à restituer une aide semblable à celle reçue dépend, en effet, de la l’appréciation de l’aide précédente du partenaire. (…) Les rats apparemment estiment le bénéfice obtenu pour ajuster leur niveau d’aide en retour. (…) Ils aident préférentiellement les coopérateurs plutôt que les autres (non coopérateurs).

Notons la prudence de MM. Dolivo et Taborsky dans la formulation leurs
conclusions : il leur « semble »,« apparemment »… Bien leur en prend !

Un coup d’œil sur les prestations de Gunter Sacckman Jr : https://www.youtube.com/watch?v=89w2iO5id2c montre que les capacités d’apprentissage des rats sont
considérables.

Par ailleurs, une lecture du livre de Vinciane Despret (« Penser comme un rat », éditions Quae) éclaire d’une lumière très vive la vacuité des expériences de comportement sur les rats de laboratoire. Citations : « Seuls des expérimentateurs
absolument neutres ou indifférents peuvent garantir des rats tout aussi neutres et indifférents à la manière dont ils sont traités. Ce qui, vous en conviendrez, se base sur un présupposé aussi absurde que simpliste – que les rats sont indifférents à l’indifférence.
 » « Les rats répondent à une autre question que celle qui leur est posée ».

Cette expérience nous en apprend en effet davantage sur l’équipe de chercheurs
et ses motivations que sur les rats : cela fait des décennies que l’on sait que les rats de laboratoires font ce qui est attendu d’eux…

Quand-est-ce qu’un chercheur se résoudra à lâcher une colonie de rats de laboratoire sur un trottoir afin d’évaluer leurs capacités à s’adapter à la vie sauvage, donc à évaluer leur potentiel de « vrais » rats ? Nous parions qu’ils ne survivraient que quelques heures, pour les plus forts d’entre eux…

Bref, encore une expérience creuse et non signifiante qui fait un petit buzz. Ah ! Que le Web est merveilleux : On y trouve tout et son contraire, ce qui, en l’espèce, n’arrange pas le niveau d’inculture de notre société sur la gent murine.

Au moins, avec ce genre d’expérience, il n’y a pas matière à modifier le chapitre sur les rats de laboratoire dans notre premier livre (disponible ici).

 Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Les rats éprouvent-ils vraiment des regrets ?


L’article publié ici  http://www.nature.com/neuro/journal/vaop/ncurrent/full/nn.3740.html
fait un buzz planétaire. On ne compte plus les reprises, analyses et commentaires sur le Web, y compris par les sites « sérieux ».

Toutes ces lectures sont affligeantes… L’anthropomorphisme qui a présidé à l’expérience et ses conclusions n’est dénoncé par personne, et une bonne publicité est donnée à ce laboratoire et ses chercheurs, ce qui est manifestement l’objectif recherché.

L’anthropomorphisme consiste à prêter des sentiments et comportements humains aux animaux; par exemple, Mickey.

Résumons l’expérience : Les rats de laboratoires (les mêmes qui sont incriminés pour contester la validité de l’expérience du Dr Séralini) sont placés une heure dans un couloir circulaire où s’ouvrent différents tunnels, dans chacun desquels se trouve un type de nourriture différent.

A chaque entrée de tunnel un signal sonore annonce le délai d’attente pour accéder à la nourriture : plus le son est aigu, plus ce délai est long.

Certains rats passent leur chemin devant les tunnels d’où vient un son aigu puis, constatant que des tunnels suivants provient un son encore plus aigu (donc une attente plus longue), ils regardent alors en arrière. Avant d’aller manger la nourriture du tunnel où ils se trouvent, dés qu’elle arrive.

Durant l’expérience, l’activité neuronale des rats est enregistrée par des électrodes implantées dans deux aires cérébrales impliquées, chez les humains, dans l’évaluation des récompenses potentielles lors d’une prise de décision. L’analyse des données révèle que lorsque les rats regardent en arrière, ils se « représentent » l’occasion manquée. Enfin, c’est ce que prétendent les « chercheurs ».

Selon eux, la faculté d’éprouver des regrets pourrait être assez répandue parmi les mammifères et constituerait un avantage adaptatif, en permettant d’optimiser la prise de décision par la réévaluation de comportements passés.

De l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes… Tous les mammifères capables d’être
apprivoisés ont des capacités cognitives, c’est-à-dire qu’ils développent des processus mentaux d’apprentissage par l’expérience, caractérisés par des formes de raisonnement et la prise de décisions (dans le genre « le feu ça brûle » et « manger trop loin du terrier est fatiguant et
dangereux »).

La notion de « regret » est typiquement humaine. Nous pouvons certes regretter des actions, mais nous pouvons aussi regretter d’avoir pensé ou dit certaines choses, choses que les rats sont incapables de faire.

Tous nos chiens et chats fonctionnent comme les rats : ils apprennent de leurs expériences malheureuses, mais qualifier celles-ci de « regrets » est abusif et trahit une vision anthropomorphique de l’expérience, qui d’ailleurs ne correspond à rien de ce que pourraient rencontrer des rats sauvages dans la nature. Mais cela permet à des « chercheurs » de se faire un peu de publicité à pas cher.

Ce nouveau buzz sur une expérience biaisée avec des rats de laboratoire (qui seraient infichus de survivre une heure sur un trottoir) démontre une nouvelle fois le manque de culture de notre
civilisation sur les rats (les rats sauvages n’ont vraiment pas grand-chose à voir avec leurs cousins de laboratoire…).

Ces deux sujets sont abordés en détail dans notre premier livre, toujours disponible ici.


Pierre Falgayrac

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À propos de l’article de Libération du 13/04/14 « Une matinée avec la police antirats de Paris »


Dans LIBERATION 13/06/14 « Une matinée avec la police antirats de Paris » ,  nous pouvons lire un ensemble d’informations erronées ou étranges, dont il est difficile de savoir si elles proviennent du professionnel interviewé ou de la journaliste.

Avec l’arrivée des beaux jours, le rongeur se prend à vouloir remonter des égouts et expérimenter la vie au grand air.

Non. S’ils ne sont pas délogés par des travaux, les rats vivent toute l’année au même endroit de la même façon : ils ont leurs terriers et/ou abris dans les égouts, où il n’y a pas grand-chose à manger mais où ils sont bien à l’abri des prédateurs (et où ils passent entre 70 et 75% de leur vie) . Ils sortent consommer ce qu’il y a en surface le soir venu, puisque la lumière du jour les dérange et que leur cycle naturel est une activité nocturne. Les rats aperçus en plein jour
sont des rats de dernier rang cherchant pitance ou en train de migrer en un endroit plus favorable pour eux. Il n’y a pas de notion de villégiature lors des beaux jours chez la gent murine.

>Reste à savoir comment les animaux sont parvenus à s’extirper des égouts. Il suffit parfois d’un rien : un tampon hermétique non-remplacé dans une gouttière, par exemple. «J’étais d’ailleurs intervenu il y a six mois sur cette place pour faire boucher une colonne d’évacuation,
se souvient Michel. Les rats en avaient peut-être déjà profité pour remonter.»

Cela n’a rien à voir (voir plus haut). D’ailleurs, le professionnel dit : «La présence des rats est avérée. Les rongeurs trouvent ici tout ce dont ils ont besoin. De la terre pour leurs galeries, de la nourriture grâce aux déchets qui jonchent le sol, et de l’eau dans les caniveaux», ce qui est exact : si des rats s’installent en surface, c’est que les ressources trophiques (nourriture et possibilités de nidification) dont ils ont besoin sont suffisantes. Il s’agit de rats de second ou dernier rang qui ont migré depuis les égouts. La population murine a donc augmenté mais ne s’est pas « déplacée » des égouts vers la surface.


>Le gardien de l’immeuble, torche à la main, prend les devants. Tout roule : le tuyau a été réparé et des produits anti-rats ont été disposés un peu partout.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire. Un professionnel consciencieux place les appâts au plus prêt des terriers repérés, à l’abri des regards et de la curiosité des chiens et chats. Par ailleurs, cette méthode de dératisation génère des souches de rats résistants aux anticoagulants, puisqu’en ne consomment quasiment jamais suffisamment de poison pour mourir, le peu de poison qu’ils avalent régulièrement agit comme un vaccin.

>«Dans les sous-sols, il faut se méfier, explique Michel. Ça n’est parfois pas éclairé, et si un rat se retrouve acculé, il attaque. Il se dresse sur ses pattes arrière,couine, et peut se jeter à hauteur de taille pour mordre.»

Si c’est le cas, c’est que le professionnel a sciemment chercher à effrayer les rats (en tapant du pied sur le sol et en criant), ce qu’il ne faut surtout pas faire ! Non seulement pour la raison évoquée (comme bien des mammifères, les rats se défendent en attaquant lorsqu’ils se sentent
acculés), mais surtout parce qu’ils associent l’odeur de l’homme qui les effraie aux appâts qu’il vient de  déposer , et dont ils se détourneront

>«De toute façon, il ne faut pas zéro rat, dit-il. Ils ont leur utilité, ils mangent nos déchets !

Oui.

> Il s’agit juste de les laisser dans leur habitat,sous terre.»

Cela ne veut rien dire. Seuls des travaux peuvent les déloger, auquel cas il conviendrait de procéder à une dératisation préventive. Je répète que des zones négligées en surface augmentent  la population murine mais n’incite pas l’ensemble de celle résidant dans les égouts à migrer à surface.

Je parle en détail de ces choses dans mon premier livre (disponible ici).

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Une réaction au précédent article – Complément de réponse à M. Montmoreauu


Voici ce que vient de m’envoyer par mail un client, après la lecture des échanges sur NPI et le
précédent article de ce blog 
:

Je viens de lire votre réponse (à M. Montmoreau) sur votre blog, avis totalement partagé, j’avais lu les échanges sur NPI, visiblement, vous dérangez… J’avais eu une discussion avec un
représentant de l’un de mes fournisseurs, qui, tout à fait objectivement, reconnaissait que les formations devaient être exclusivement faites par des personnes ou organismes totalement
indépendants (sa société vend pourtant des formations…). Il semble qu’HYFORM, hélas, dérange…

C’est pourquoi je vous avais recommandé auprès du CFPPA de XXX, mes employés passés chez vous en formation ont gardé un excellent souvenir de celle-ci, c’est d’ailleurs la seule formation à ce jour ayant permis de réduire notre consommation de matières et améliorer certaines techniques de prestation. (c’est moi qui souligne)

En vous souhaitant bonne continuation. Bien cordialement.

Ce témoignage non sollicité me conforte dans ma vision des choses.

Je n’ai aucune raison de me laisser faire la morale par un quarteron de confrères solubles dans l’autosatisfaction et le lobbying politico-économique des 3D, car mon rhésus professionnel est incompatible avec la pensée unique qu’ils prônent.

Pierre Falgayrac, empêcheur de dératiser et désinsectiser en rond.

http://www.hyform.fr

Réponse à M. Montmoreau, Président d’honneur de la CS3D et représentant le collège formateur de ce syndicat

Réponse à M. Bertrand
Montmoreau, président d’honneur de la CS3D et représentant le
collège formateur de la CS3D /

Proposition de réforme
du CERTIBIOCIDE

Merci beaucoup, Monsieur Montmoreau, pour la « Lettre ouverte » qui m’est destinée en page 4 du dernier « Nuisibles et Parasites Informations » (n°84 de mars-avril 2014) : je n’aurais jamais pensé à une telle publicité !

Philippe Dommanget, le journaliste de NPI, avait pourtant prévenu en introduction de l’article : « Ames sensibles s’abstenir ! ». Il semble donc que certains de mes confrères du collège formateur de la CS3D aient vraiment l’âme sensible… C’est de mon point de vue, gênant dans le métier de formateur.

Vous écrivez : « Nous ne pouvons vous laisser critiquer aussi ouvertement, et sans éléments concrets (suit la liste des victimes».

J’en déduis donc que la critique n’est pas souhaitable dans le monde professionnel des 3D, et que l’on ne considère pas comme « éléments concrets » mon témoignage sur les retours de quelques-uns de mes stagiaires qui ont récemment suivi des formations en dératisation-désinsectisation, Certiphyto, ou Certiphyto + Certibiocide chez des OF (Organismes de Formation) du collège formateur de la CS3D. Je ne vois pas en quoi ma parole peut être mise en doute. Il n’y a rien d’anormal ou de
choquant à ce qu’une minorité de leurs stagiaires n’aient pas été satisfaits et me l’aient fait savoir. Sachez par ailleurs que j’ai suivi à mes frais une formation en dératisation dispensée par un membre du collège formateur de la CS3D et que ce que j’y ai entendu confirme tout ce que j’ai dit lors de l’interview de NPI et écrit dans mon premier livre. Réalisez-vous qu’en défendant ces OF qui ont « formé depuis de longues années des générations d’applicateurs » vous approuvez des techniques
d’application qui ont généré des souches de rongeurs et d’insectes résistants aux biocides ?

A ce sujet, permettez-moi de vous faire par de mon étonnement de l’absence de réactions sur une de mes phrases dans le n° spécial de NPI : « Ceux qui acceptent de désapprendre pour travailler en raisonné gagnent en efficacité, donc en temps, et consomment jusqu’à quatre fois moins d’insecticide et rodenticides ». Elle invalide votre saillie sur mon « irresponsabilité qui fait le jeu de tous ceux qui réclament des restrictions d’usage encore plus fortes, voire l’interdiction pur et simple des anticoagulants ». Si vous assistiez à l’une de mes formations vous seriez surpris de m’entendre les défendre,
car bien appliqués ils sont infiniment plus efficaces que les techniques alternatives de piégeage, par exemple.

Votre plaidoyer bien ronronnant sur la pertinence de la certification obligatoire et la neutralité des formations dispensées par les formulateurs/ distributeurs ne convainc que les victimes que j’ai « ouvertement critiquées ». Chez plusieurs OF du collège, le plus gros des documents remis aux stagiaires est le catalogue du formulateur/ distributeur dont le logo est affiché dans chacun des « slides » PowerPoint du  support de formation…

Par ailleurs, pouvez-vous citer, M. Montmoreau, le nombre de victimes accidentelles des biocides appliqués en hygiène publique, recensées ces vingt dernières années ? Quand bien même il y en aurait une ou deux que l’Internet est infichu de dénicher, cela justifie-t-il d’imposer trois jours de formation sur les dangers et risques des biocides dosés à 0,005 % dans les appâts et 1% dans certaines formulations ? Et vous osez parler d’un « minimum vital » avec les trois jours de formation obligatoires ? Vital pour les finances des OF du collège, sans aucun doute…

M. Montmoreau, je suis partisan d’une certification pertinente pour les professionnels (lisez donc mon premier livre pour le vérifier) et je déplore que le dispositif obligatoire actuellement en vigueur en soit tout le contraire. Il s’agit d’une formation de pharmacien, alors que la profession a besoin de praticiens qui établissent un diagnostic puis prescrivent et conduisent un traitement curatif. Deux jours de formations axés sur les problématiques agricoles et jardins sont inadaptés aux besoins des PCO. Quant à la troisième journée axée sur les « dangers et risques des biocides pour les personnes et l’environnement » et les « techniques alternatives », elle ne laisse aucune place à la biologie et l’éthologie des rongeurs et arthropodes
« nuisibles ». Autrement dit, elle ne donne aucun « élément concret » sur l’utilisation de ces techniques alternatives. En outre, je n’ai rien vu, dans les documentations remises aux stagiaires de Certiphyto-Certibiocide, comme éléments sur l’application raisonnée des insecticides et anticoagulants. Et vous parliez « d’expertise produit » pour dispenser des formations ?

Mais il vrai que simmbad.fr nous dit que « le certificat porte sur des connaissances et non sur des compétences professionnelles. Il exclut donc l’évaluation des savoir-faire et ne confère pas une qualification professionnelle. »

En fait, vos propos, M. Montmoreau, confirment les miens. Soyez-en remercié une
nouvelle fois.

Je reviens de dispenser une formation de deux jours en « lutte raisonnée contre les nuisibles urbains » aux formateurs d’un CFPPA qui envisage de se positionner pour Certibiocide. A l’issue du stage, tous pensent qu’en l’état, Certibiocide est inadapté aux besoins des PCO, même s’il est marqué des progrès par rapport au feu DAPA (c’est le seul point où nous rejoignons, M. Montmoreau). Ils sont d’accord avec ma
proposition de modifier les durées du contenu pour l’adapter aux problématiques de l’hygiène publique, car le législateur indique bien dans l’arrêté du 9 octobre 2013 que
« les durées par chapitre sont indicatives » et ouvre donc la porte à une adaptation aux besoins telle qu’exprimée dans le « Protocole de mise en œuvre » du Simmbad :
« l’organisme de formation s’assure de l’éligibilité du demandeur (certificat/attestation de
formation Certiphyto éventuellement possédé), s’informe sur l’expérience professionnelle, les formations suivies, s’informe sur les spécificités de l’activité professionnelle des stagiaires et les problématiques environnementales de la zone géographique où ils exercent leurs
fonctions
. (…) Les organismes de formation s’attachent, dans toute la mesure du possible, à constituer des groupes de stagiaires exerçant dans le même secteur d’activité : utilisation de biocides ou vente de biocides
. »

Nous proposerions donc une formation Certibiocide de trois jours ainsi répartie :

Jour 1 : règlementations, dangers et risques pour les personnes et l’environnement présentés par les biocides appliqués en hygiène publique. Désinfection (biologie des
micro-organismes, les désinfectants, les normes NFT 72, principes de désinfection, techniques de désinfection des vide-ordures, containers à déchets, bacs à sable, post
mortem…) ;

Jour 2 : lutte raisonnée contre les rongeurs nuisibles urbains (biologie, éthologie, méthodes de prévention – ratproofing -, techniques de lutte sans biocides – ultrasons, piégeages -, application raisonnée d’anticoagulants) ;

Jour 3 : lutte raisonnée contre les arthropodes nuisibles urbains (biologie des arthropodes cibles courants ; prévention, piégeages, lutte chimique raisonnée
contre les blattes, puces, punaises des lits, fourmis, mouches, moustiques, frelons).

Et dans la documentation remise aux stagiaires, il n’y aura pas le catalogue d’un formulateur/ distributeur.

Je ne vois pas en quoi cette proposition serait « choquante et ne servirait ni l’image de la profession ni la mienne ». Au plaisir, Monsieur le Président d’honneur de la CS3d et du collège formateur de la même CS3D de lire votre prochain « droit de réponse ».

Cordialement,

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr