La VAE, une opportunité en période de crise

La Validation des Acquis de l’Expérience permet d’obtenir un diplôme sans avoir à retourner sur les bancs de l’école. Une recherche sur Internet vous chalutera quantités de sites d’information sur le sujet.

L’objet de cet article est de faire le point sur l’intérêt de la chose et de présenter une offre
d’accompagnement adaptée.

A titre personnel, il est évident qu’un diplôme, certificat ou titre crédibilise une qualification et
en atteste la reconnaissance. Ainsi, ceux qui n’ont pas fait d’études et ceux qui travaillent dans un secteur professionnel où les diplômes sont arrivés après leur entrée dans le métier, ont une
opportunité de faire valoir officiellement leurs compétences.

A quoi cela peut-il bien servir?

A l’heure où quantité de recruteurs ne recherchent que des diplômés, et où l’évolution de certaines carrières passe par des diplômes, il est indéniable que le recours à la VAE est un avantage.

Les demandeurs d’emploi qui postulent à des postes dans les services à domicile, l’entretien
des locaux, l’indsutrie ou la grande distribution savent qu’être titulaire d’un diplôme est important. Il se trouve que Pôle Emploi a pris des mesures pour favoriser les parcours de VAE, même pour les chômeurs non indemnisés.

Est-il utile de s’étaler sur l’intérêt de profiter de son chômage pour obtenir un diplôme?

Pour ceux qui ont un emploi, à titre d’exemple récent, nous pouvons citer le cas d’un de nos clients, fonctionnaire de la DDE, confronté a un prochain transferts d’employeur vers la Région, qui se voyait barrer l’accès à un poste à responsabilités en raison de l’absence de diplôme professionnel dans son CV.

Par la VAE, il a obtenu le BAC PRO / Maintenance des matériels, option B – Travaux publics et manutention et le BTS Maintenance et après-vente des engins de travaux publics et de manutention en moins de six mois. Ce qui démontre que la VAE n’est pas forcément un parcours long.

Quel intérêt pour un employeur ou une entreprise d’inciter son personnel à utiliser la VAE, ou à accéder aux demandes de financement d’accompagnement VAE émanant de certains salariés?

D’abord, un salarié qui souhaite valider sa qualification est un élément positif. Il est peu
probable que les démotivés et les accros de l’arrêt de travail de complaisance soient candidats à la VAE. Ensuite, valoriser les subordonnés est un aspect fondamental du management. Et dans le cas de la VAE, la valorisation est officielle!

Une PME qui ne compterait que des diplômés aurait d’ailleurs là un sujet de communication
« porteur », comme on dit… La crainte de voir le nouveau diplômé démissionner et voler de ses propres ailes? Outre que ce n’est pas interdit (combien d’artisans aujourd’hui prospères ont
démarré ainsi?), il est possible de faire signer une clause de dédit de formation, s’il y a eu mobilisation de fonds du plan formation pour financer la VAE.

Enfin, quand on constate que seulement une à deux TPE/PME sur dix consomme de la formation, il est clair qu’utiliser des fonds de formation pour que des salariés préparent un diplôme chez eux, hors des horaires de travail habituels, est une opportunité à ne pas négliger…

Tout le monde aura compris qu’un parcours de VAE entre dans le cadre des actions de formation et d’accompagnement financées par les FAF et OPCA, et … Pôle emploi!

Que vous soyez donc employeur, DRH, salarié ou demandeur d’emploi, nous vous invitons à consulter le site dédiée à notre offre d’accompagnement de parcours VAE jusqu’au niveau BTS, où vous trouverez toutes les informations utiles sur le sujet : http://sites.google.com/site/vaeadistance/

Cordialement

Pierre Falgayrac

www.hyform.fr

Les protocoles d’hygiène en maison de retraite et établissement d’accueil

 

Le but de cet article n’est pas de dénoncer une nouvelle fois le manque de moyen en personnel dans les établissements assurant l’hébergement de publics à autonomie réduite et/ou santé déficiente, mais plutôt de démontrer qu’à trop se compliquer la vie, on accentue ce phénomène.

On entend par « protocoles d’hygiène » toutes les procédures de nettoyage et désinfection des surfaces et de l’air. Ils sont sensés décrire « comment faire quoi, et avec quoi ».

Les fournisseurs de produits d’entretien et  de désinfection abreuvent depuis longtemps leurs clients de belles affiches et documents variés illustrant et expliquant, par exemple,  comment nettoyer et désinfecter une chambre médicalisée, avec bien évidemment leurs produits « à eux».

Lors de récentes interventions dans des maisons de retraite et établissements d’accueil ayant une section médicalisée, quelle ne fut pas ma surprise, en 2010, de constater:

  • Qu’en un endroit, les protocoles d’un fournisseur « X » étaient appliqués avec les produits d’un fournisseur « Y »,  avec pour conséquence principale que la solution détergente/désinfectante séchait trop rapidement pour être efficace; 
  •  Qu’ici, alors que le directeur pestait à juste titre contre les traces de lavages persistantes au sol, « qui en plus colle sous les pieds », les ASH  (Agents de Service Hospitalier) « rinçaient de temps en temps le sol à l’eau claire et bien chaude, mais en cachette»;
  • Que là, l’absence d’un cadre hygiéniste pour les diriger n’empêchait pas les ASH de faire un travail que bonne qualité (avec des protocoles de bric et de broc, certes, mais surtout avec de la logique, issue de l’expérience acquise par les éléments les plus anciens dans la fonction);
  • Qu’ailleurs, les protocoles que les ASH n’arrivent pas à respecter par manque de temps et de matériel, avaient été rédigés et validés par des personnes qui n’avaient jamais mis les pieds dans l’établissement, mais qui « sont compétentes grâce à leurs diplômes »; 
  • Que là-bas, on « cachait » des balais classiques, ou on empruntait « celui de la collègue qui nettoie les bureaux », « pour balayer les escaliers et de temps en temps le réfectoire quand il est trop sale ».

Pourquoi ces situations, bien plus courantes qu’on ne l’imagine?

Partout, la référence en matière de protocoles d’hygiène sont les brochures des C.CLIN (Centre de Coordination de Lutte Contre Les Infections Nosocomiales). Citons par exemple et entre autres, la publication en  ligne du  C.CLIN Ouest. « Hygiène des structures d’hébergement pour personnes âgées », 2002 », et la brochure « Entretien des locaux dans les établissements de soins », C.CCLIN Sud Ouest, 1998, C.CLIN Ouest, « Hygiène de la restauration », 2001.

Parlons-en :

  • Premier constat : En matière de techniques de nettoyage et désinfection, ces brochures compilent des extraits choisis d’ouvrages bien connus dans le monde professionnel de la propreté. Rien de bien sorcier ou nouveau, donc;
  • Deuxième constat : Les comités de rédaction sont très majoritairement constitués d’infirmier(e)s, hygiénistes, médecins et d’une écrasante minorité des représentants des ASH, ceux qui sont chargés de mettre en œuvre les protocoles, « sur le terrain »;

Troisième constat : On y lit des recommandations, des préconisations, et des interdictions.

Exemples: 

  • «A supprimer : balais et balayettes en fibres naturelles et manche en bois. 
  •  A supprimer: éponges, serpillères. 
  • En présence de divers débris, on peut utiliser la raclette. 
  • A éviter: grattoirs, tampons abrasifs.
  • Balayage à sec interdit :
    arrêté du 26 juin 1974 réglementation des conditions d’hygiène relative à la préparation, la conservation, la distribution et la vente des plats cuisinés à l’avance, Ministère de l’agriculture, J.O. du 16 juillet 1974, 7397-7399»….

Dans l’esprit, que du bon sens, pourrait-on dire. Mais où cela conduit-il concrètement? Prenons comme premier exemple le balayage des sols des escaliers et du réfectoire.

Même là où des sols carrelés à joints larges et profonds rendent inappropriée cette technique de balayage humide, il faut utiliser systématiquement et impérativement un balais trapèze avec gaze à usage unique… 

D’où des situations ubuesques quand le sol d’un réfectoire est jonché de miettes de pain ou de gâteau : Les ASH passent un temps fou à les ramasser, à sec, avec une minuscule balayette ou une micro raclette, avant de repasser avec un balais trapèze…

Idem lorsque des escaliers sont plein de terre ou de déchets: Beaucoup de temps passé, le dos courbé, à balayer avec une balayette de jeu pour enfant ou une raclette de nain, toujours à sec, avant de s’enquiquiner (il n’y a pas d’autres mots!) à passer ensuite, mal, un balais trapèze.

Considérons comme deuxième exemple les systèmes de « balayage au mouillé », préconisés par certains fournisseurs, et largement adoptés par tous ceux qui se laissent séduire par l’argument de « rentabilité ». Pensez donc ! Balayer et laver en une seule opération, quel gain de temps ! On en oublie d’ailleurs les commandements du C.CLIN, qui édicte « Lavage toujours précédé du balayage ». Voire… Ce que l’on constate là où l’on fait ainsi, c’est que les sols sont marqués par des traces de franges, et que bien des coins et recoins sont chargés en poussière et particules. Quelle prise en compte remarquable de l’hygiène!

Que déduire de ces considérations?

D’abord, que ceux qui ont autorité sur les ASH ont  parfois bien du mal à se mettre à leur portée. A l’heure des « projets d’établissements » et autres « guides de bonnes pratiques  d’hygiène », j’affirme que c’est incongru.

Ensuite, que les diplômes et les statuts, quand bien même fussent-ils d’hygiéniste, ne donnent pas « par défaut » des compétences en manipulation de balais et lavettes. Par contre, cette compétence ne fait pas obstacle à la bonne compréhension d’un protocole et de fiches techniques de produits. A cet effet, je prends plaisir à écrire qu’à l’issue d’une formation en « hygiène et connaissance des produits », ce sont des stagiaires ASH qui ont décelé les incohérences entre le protocole qu’on leur demandait d’appliquer et les indications des fiches techniques des produits utilisés !

Enfin, les fournisseurs savent  profiter de cette situation « d’incompétence de terrain » pour «informer » les acheteurs et leur vendre matériels et produits, généralement chers mais « aux normes HACCP » (rions ensemble). Les « partenariats » avec leurs fournisseurs, évoqués par certains acheteurs, me laissent parfois très dubitatifs. Des exemples? 

  • Des chariots en parfait état mis au rebut pour laisser place à une « nouveauté » très chère, pas plus légère ou maniable, qui n’avait pourtant pas séduit les ASH
  • Une ligne de produits haut de gamme « pour remplacer l’eau de Javel, interdite » (ce qui est totalement faux. D’ailleurs les CCLIN la citent  à plusieurs reprises)
  • Et cette cadre hygiéniste d’avouer son incompétence en connaissance des produits d’hygiène, et qui s’en remet « totalement » à son fournisseur…

Bon, maintenant que j’ai bien égratigné les C.CLIN, quelques directeurs ou cadres hygiénistes autocrates et des commerciaux peu scrupuleux, qu’ai-je à proposer pour améliorer la situation «  sur le terrain » ?

D’abord une relecture « par le petit bout de lorgnette » des publications des C.CLIN, et une adaptation du balayage « classique » :

  • Pour ne pas utiliser de « balais et balayettes en fibres naturelles et manche en bois », il n’y a qu’a utiliser des balais de cuisine, en fibres synthétiques
    décontaminables, avec manche en aluminium;
  • Pour respecter l’obligation (logique) de pratiquer exclusivement du « balayage humide », il s’agit d’humidifier régulièrement ces fibres avec un vaporisateur manuel rempli d’une solution désinfectante. 

La technique est simple:

  • L’ASH humidifie régulièrement les fibres du balais redressé à hauteur de la taille (puisque les fibres sont toujours humides, il n’y a pas de risques de dissémination);
  • Au sol, le balais est manipulé par petits mouvements, avec le minimum de décollements; 
  • Le vaporisateur sert aussi à maintenir humide les balayures poussées au sol.

Il faut quelques minutes de démonstration pour que les ASH adoptent cette technique, peu déroutante et très « rentable » en terme de qualité et de temps.

Il n’est pas question de la généraliser à l’ensemble des locaux, mais partout là où le balayage avec balais trapèze fait perdre du temps (et de la qualité, quoiqu’on en dise), elle peut être utilisée, dans le respect des préconisations des C.CLIN et des bonnes pratiques d’hygiène: Escaliers, salles de bains exiguës  avec carrelage antidérapant, zones sales de réfectoires…

Passons au lavage des sols. 

Un des inconvénient des protocoles prévoyant seulement l’alternance de deux détergents dont un désinfectant, est que les sols s’encrassent forcément, avec l’accumulation d’un film résiduel gras, faisant ressortir traces de franges et de pas.

Il faudrait impérativement, et en toute logique, prévoir des lavages périodiques avec un détergent acide désincrustant, et des rinçages à l’eau claire. 

Mais qu’il est dur de faire comprendre ça à des chefs qui estiment « n’avoir pas besoin de la formation destinée aux ASH » !

Il se trouve que ces techniques figurent sur les protocoles d’hygiène élaborés en commun avec les ASH, en validation d’une formation tenue pour une maison de retraite publique. Et ces protocoles ont reçu l’approbation de la direction, de la responsable des achats et de l’infirmière en chef, qui ont beaucoup apprécié de suivre le module de formation sur la connaissance des produits.

Comme quoi, quand on sait raison garder, on peut satisfaire tout le monde avec un minimum d’analyse et d’esprit pratique, ce dont ne manquent pas beaucoup d’ASH.

En ce qui concerne les produits, je préconise à mes clients une politique de mise en concurrence par les critères techniques, et non plus par les dénominations d’usage. Cela revient à solliciter des offres pour, par exemple:

  • X litres d’un détergent neutre non odorant, avec tensio-actifs anioniques, non ioniques et
    amphotères, à dilution d’utilisation de 1 à 2%;
  • X  bidons d’un litre de récurant crème sanitaire à PH 9 avec séquestrant;
  • X litres d’un détergent-désinfectant sans tensioactifs cationiques et agents de blanchiment chlorés (ou oxygénés), à dilution d’utilisation de 1 à 5%;
  • X litres d’un antitartre à PH 4 à utiliser pur
  •  X litre d’un détartrant à PH 2 à utiliser pur
  • etc.

Nul doute que les fournisseurs sont ainsi obligés de jouer cartes sur table et proposeront peut-être un jour (et enfin !), des «détergents génériques », comme il existe des médicaments du même tonneau chez les pharmaciens.

J’arrête là mon propos, mais vous aurez compris qu’il y a en encore beaucoup à dire (dénoncer?) sur le partage des compétences et des connaissances dans les établissements d’accueil, médicalisés ou non, car c’est bien de cela dont il s’agit, en fait. 

Ce n’est aucunement un handicap, pour une maison de retraite, que les ASH sachent analyser un protocole d’hygiène et comprendre le contenu d’une fiche technique produit, au contraire même, non? 

Pierre Falgayrac

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Enterrement de première classe pour le DAPA ?

Je consulte régulièrement ce site pour me tenir à jour de la réforme attendue du DAPA:

http://clara.chlorofil.fr/index.php J’observe que dans les derniers textes mis en ligne, il n’y a rien sur cette réforme: http://clara.chlorofil.fr/index.php?id=81

Et on peut toujours lire à droite à gauche sur les sites des FREDON ou du Ministère de l’agriculture des informations indiquant la nécessité d’en être titulaire et de le renouveler tous
les cinq ans, dés lors que l’on a professionnellement à faire avec des produits phytosanitaires.

Oui, mais voilà, les directives européennes phytosanitaire et biocide établissent une distinction dans l’utilisation des produits rodenticides et insecticides selon qu’on les utilise en milieu urbain, ou pour protéger les cultures et stocks agricoles.

Cette distinction très technocratique revient à qualifier différemment un produit actif sur les nuisibles, selon le côté de la porte d’entrée où il est utilisé. C’est à peine caricatural. La norme NFU 43-500 classe justement les entreprises de dératisation, désinsectisation et désinfection (3D) dans le domaine de l’hygiène publique, où l’on utilise seulement des produits biocides.

Je posais justement la question, dans un précédent article, de la pertinence d’une certification phytosanitaire, ce qu’est le DAPA, pour appliquer des biocides. Précisons que le DAPA est indispensable à la délivrance de l’agrément préfectoral, sans lequel nul ne peut facturer des ventes ou des applications de produits phytosanitaires.

Or, voilà que M. Jacques Dumez, Chef du Service Régional de l’Alimentation à la DRAAF Rhône-Alpes (www,draaf,rhone-alpes,agriculture,gouv,fr) écrit très officiellement ceci à l’un de mes clients souhaitant passer le DAPA pour obtenir cet agrément : « Suite à notre communication, je vous confirme que dans votre situation, vous n’avez pas besoin d’agrément pour la distribution et pour l’application en prestation de service de produits antiparasitaires à usage agricole et de produits assimilés.

En effet, les entreprises de dératisation, désinsectisation et désinfection, lorsqu’elles interviennent « dans les restaurants, habitations, immeubles et bureaux », sont soumises à la législation relative aux biocides et de ce fait ne sont pas obligées de détenir l’agrément délivré par la DRAAF »

Si cela c’est pas un enterrement de première classe !

On rétorquera que le dispositif CERTIPHYTO est en route. Certes, mais à titre expérimental… Nous sommes justement à l’époque où l’on devrait voir sortir les premières promotions de
certifiés. On attend, donc.

Et dans cet intervalle entre la fin du DAPA et l’avènement de CERTPHYTO, il va se passer quoi? D’abord, il ne serait pas étonnant que d’une région à l’autre, les collègues de de M. Dumez interprètent différemment les textes, vu que déjà, pour le DAPA, il y avait des disparités ubuesques.

Ensuite, nous ne sommes pas à l’abri d’une réforme du DAPA, qui cohabiterait avec CERTIPHYTO, puisque officiellement le DAPA n’est pas mort.

C’est quoi, CERTPHYTO ? Un nouveau recueil expérimental de textes réglementaires, à orientation très agricole, qui « concerne les usages agricoles et non agricoles relevant de l’application en prestation de service, de la distribution et de la préconisation, ainsi que l’acte
d’achat des produits à usage professionnel. ». Attendons donc de voir ce qu’il va en retourner.

Au fait, nous n’avons toujours aucune nouvelle des CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) de la profession…

En tous cas, et à ce jour, la Chambre syndicale 3D pourra se mordre les doigts de son immobilisme si elle voit, dans un proche avenir, marcher sur ses plates bandes les entreprises de services (nettoyage et multiservices) qui ne manqueront pas de s’engouffrer dans la brèche ouverte d’une législation obsolète et incohérente.

A quand une certification spécifique pour les entreprises de 3D, qui ont vraiment du mal à trouver leur place dans le giron du Ministère de l’Agriculture, et qui seraient bien plus dans leur élément avec le Ministère du Développement Durable?

Pierre Falgayrac

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Introduction de rapaces européens en Guadeloupe ?

Il y a quelques années, j’ai fait une formation en dératisation, désinsectisation et désinfection pour le FREDON de Guadeloupe. Les échanges avec les stagiaires, où l’on trouvait notamment deux agriculteurs (bananes et canne à sucre), ont été d’une grande richesse.

J’en ai bien évidemment profité pour visiter le pays, mais ma déformation professionnelle a autant orienté mon attention vers les traces de présence de rats et souris, que vers la beauté des paysages…

La Guadeloupe fait effectivement face depuis longtemps aux problèmes de prolifération des rongeurs muridés rat noir (rattus rattus) et souris (Mus musculus), qui impactent si fortement l’agriculture, que l’NRA a diligenté ses représentants pour trouver des solutions.

Certaines ressemblent à un emplâtre sur une jambe de bois: Des postes d’appâtage tous les cinq mètres, en lisière de champs de canne à sucre. Comme si les souris, attirées par l’entêtante odeur des cannes mures, allaient faire une halte dans une boite où se trouve un bloc hydrofuge empoisonné, bien moins appétissant que le cœur d’une canne à sucre…

L’analyse de la situation est limpide : Il n’y a pas de prédateurs pour réguler les populations de rongeurs
muridés, et c’est pour ça qu’ils prolifèrent.

Il faut préciser que la mangouste fut introduite à la fin du XIXème pour tenter de remédier au problème,
mais ce fut un échec car elle fait repas de serpents et d’œufs d’oiseaux nichant au sol, mais pas beaucoup de rats et souris… Exit les serpents, qui ne se nourrissent que de rongeurs…

Par ailleurs les récentes canicules que nous avons connu en Europe ont été l’occasion de remarquer que l’activité des buses, chouettes, hiboux et autres rapaces ne s’était pas vraiment ralentie.

D’où cette idée, qui peut paraître saugrenue au premier abord: Introduire un, ou des, rapaces européens en Guadeloupe.

Bien sûr, dans le fracas des levées de bouclier que ce genre de propos ne manquent pas de susciter, on perçoit le bon sens d’une remarque telle que « une catastrophe écologique avec la mangouste ça suffit, ne jouons pas aux apprentis sorciers »

Oui, mais… Une buse ou une chouette ne se nourrissent QUE de rongeurs ou cadavres, alors que la mangouste est omnivore.

Si l’introduction d’un rapace européen est loupée, ce sera par la disparition des rapaces, certainement pas par leur prolifération et leur impact sur l’équilibre écologique de l’île.

Comme la buse et ses collègues supportent mal l’hiver, il y a des chances que le climat guadeloupéen soit à leur goût. Ils chasseraient du coup toute l’année!

Et puis si la nourriture disponible ne leur convient pas, que peut-il se passer d ‘autre que leur extinction
naturelle?

Alors que si elle leur convient, elles se reproduiront normalement, du moins tant qu’il y aura à manger des rats et des souris.

Il s’agit simplement de rééquilibrer un déséquilibre, alors que rien faire revient à entretenir ce
déséquilibre.

Je subodore qu’il y a une statue qui attend celui qui réussira l’introduction de rapaces capables de réguler
les populations de murinés nuisibles en Guadeloupe.

Pierre Falgayrac

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Le CDD devient de plus en plus dangereux

De récents arrêts de la Cour de Cassation cernent d’encore plus près le Contrat à Durée Déterminée, qui devient un outil de gestion du personnel à deux tranchants très affutés.

Rappelons que le recours au CDD ne se justifie qu’en cas de remplacement d’un salarié absent, ou en cas de surcharge temporaire d’activité (de plus en plus difficile à démontrer devant un Conseil de Prud’hommes).

Il y a quelques temps déjà la Cour de cassation avait arrêté qu’il convenait d’indiquer les noms de tous les salariés remplacés dans le cas d’un CDD de remplacements multiples (cas d’un agent de service à temps plein qui remplace trois ou quatre agents à temps partiels en congés).

Maintenant il faut indiquer aussi le nom du ou des salariés remplacés, et leurs qualifications !

Le contrat (obligatoirement écrit) doit mentionner une date de début et une de fin. Or, si le terme du contrat est incertain en raison de la nature de l’absence du salarié remplacé (maladie, maternité…), il était d’usage d’indiquer « le contrat pendra fin au retour de M. X dans l’entreprise », mais c’est désormais
insuffisant. Maintenant, il faut aussi indiquer la durée minimale du CDD.

A défaut de ces éléments, un CDD sera requalifié en CDI par les prud’hommes.

Au bout du compte, entre la prime de précarité à verser et les contraintes règlementaires du CDD, un bon CDI et une rupture conventionnelle au bout, c’est assez avisé.

Et en plus c’est tendance…

Pierre Falgayrac

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Réf : Cour de Cassation / Chambre sociale / 06-46055 et 08-41543

Un bilan du DIF, 5 ans après

Jean-Pierre Willems, expert en Droit de la Formation chez DEMOS FORMATION a publié un intéressant bilan sur le
DIF (Droit Individuel à la Formation), dressé entre octobre 2008 et mars 2009, auprès de 1.100 salariés.

On peut regretter que les cadres parisiens représentent près des deux tiers des sondés (constitués de ceux qui ont suivi des formations ou souhaitent en suivre). Ce fait démontre d’emblée que les objectifs présidant à la création du DIF (droit pour tous) n’ont pas été atteints.

On peut aussi déplorer que 50% des entreprises où travaillent les sondés sont en région parisienne. L’enquête ne précise pas par ailleurs si les sondés sont exclusivement des clients de DEMOS, mais on le subodore.

Et puis il y a cette phrase à noter « Le taux de salariés répondant à l’enquête est quasiment le double du taux d’accès à la formation dans le cadre du DIF au plan national. Il est nécessaire de tenir compte de ce ratio pour
prendre l’exacte portée des réponses aux autres questions. »

Ceci étant, les enseignements tirés de l’étude correspondent assez bien à mon ressenti sur le terrain des mes clients divers et variés. En voici un résumé.

La grosse majorité des salariés déclarent savoir ce qu’est le DIF, mais l’information est majoritairement interne, là où il y a des services Ressources Humaines ou formation. Autrement dit, dans les TPE PME, le DIF est moins bien connu, même si ses grands principes de fonctionnement sont acquis.

Il persiste toutefois du flou au sujet du sort du DIF en cas de changement d’employeur. Il y en a aussi en raison même du nom du DIF. « Droit individuel » fait oublier que l’employeur peut refuser autant de fois qu’il le souhaite l’accès au DIF.

L’étude montre par contre que les utilisations du DIF sont très diverses et très individualisées. Au moins le « I » de DIF est justifié.

Hormis le cas très minoritaire des salariés ignorants ce qu’est le DIF, les deux principaux motifs de non-utilisation du DIF sont la capitalisation des heures (et la crainte de tout perdre si les droits sont épuisés), et la difficulté à choisir une formation. Il semblerait que la VAE progresse, mais elle demeure néanmoins minoritaire dans le panel des formations les plus demandées (développement personnel, langues et management se partageant le podium).

Et la formation« hors temps de travail »? C’est un échec! En fait, le plus souvent l’employeur « aménage » les
horaires pour que la formation se passe en semaine, dans le cadre d’un horaire de travail normal.

Tentons une synthèse.

Si je mets en miroir ce que je constate chez mes clients et prospects, les principaux obstacles à la consommation du DIF chez les salariés faiblement qualifiés sont en fait:

    • Une rémunération des heures de formation à 50% du salaire normal

    • Un désintérêt pour les formations permettant de se qualifier dans un métier choisi souvent par résignation ou dépit

    • L’absence d’information sur la VAE. Car il se trouve que la VAE pour obtenir un diplôme est justement un facteur de motivation puissant dans les secteurs d’activité peu valorisants (propreté, assainissement…)

J’en conclue que le DIF, sous ses dehors BCBG et l’important battage dont il fait l’objet, est un énième dispositif technocratique boiteux qui profite surtout à ceux qui sont bien placés pour en profiter et qui savent « s’arranger ».

L’aménagement des horaires pour suivre les formations en semaine en est un bon exemple, et je doute par ailleurs que tous les stagiaires aient accepté de percevoir seulement la moitié de leur salaire en étant en formation (il est
si facile de faire signer une fiche de présence pour deux demi-journées au lieu d’une seule…).

En fait, le DIF a complexifié le dispositif général de la formation et n’a pas profité aux salariés les moins qualifiés, ceux-là même qui sont pourtant « boostés » par la prochaine réforme attendue en cours d’année.

Et puis, et puis, et puis….

Il va surtout va se poser à court terme le problème de la consommation des heures de DIF capitalisées par tous ceux qui n’ont pas encore suivi de formations. Et « plein de monde en même temps », ça promet un bug du DIF!

Sans doute qu’une réforme pointera le bout de son nez à ce moment-là…

Pierre Falgayrac

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7 tendances lourdes qui devaient changer le métier, 4 ans après

Il y a environ deux ans, l’ISSA (Association américaine du nettoyage industriel) commandait au cabinet de stratégie Giraffe une étude sur les tendances « lourdes » caractérisant l’évolution du métier de la propreté.

Le magazine « Bâtiment entretien » qui s’était fait écho de cette étude dans son numéro de septembre octobre 2008 la qualifiait de « passionnante ».

Mon activité de consultant-formateur me donnant l’occasion de côtoyer de très près le « terrain » des PME et TPE de nettoyage dans toute la France, je peux établir un bilan de cette étude à plus deux ans, et juste avant le salon EUROPROPE d’avril prochain à Paris. Le cabinet Giraffe avait dégagé sept grosses tendances :

  • L’avènement irrésistible du tout électronique (Pocket pour les contrôles par les inspecteurs,
    pointages d’entrée et sortie de chantier, sms généralisés, géolocalisation des véhicules…)
  • La globalisation (contrats clients passant d’un niveau local au niveau régional, voire national)
  • Les regroupement « contre nature » d’anciens concurrents ou de prestataires et fournisseurs
  • Une diversification grandissante des activités, des valeurs, des horaires de travail, des ethnies
    d’agents de services
  • Des clients de plus en plus informés et exigeants, tendance « développement durable »
  • Une rationalisation de l’encadrement du métier (précision des contrats, des procédures de
    contrôle-qualité…)
  • Une globalisation des services vendus aux clients (multiservices, facility management…)

Pour ma part, j’aurai résumé ainsi : Tendance à la globalisation :

  • Des acteurs (moins nombreux, mais de plus en plus puissants),
  • Des comportements clients (plus exigeants et économes)
  • Des services vendus (diversification, contrôles, tout électronique)

Entre-temps, la crise est passée par là. Ainsi, la globalisation en général se confirme : rachats et fusion d’entreprises, contrats de moins en moins « locaux » et de plus en plus « régionaux », augmentation et diversification ses services exigé par les clients, standardisation des contrats et procédures de contrôle… Mais c’est un phénomène bien plus fortement ressentit par les grosses entreprises que par les PME-TPE.

En fait c’est surtout chez les fournisseurs de produits et matériels que l’on constate une offre réduite en choix, et uniformisée entre les enseignes. Le prochain salon EUROPROPRE qui comptera encore moins d’exposants qu’il y a deux ans est symptomatique du phénomène. Ce qui démontre l’inexactitude d’une des conclusions de l’étude Giraffe: le métier ne se scientifise techniquement pas, au contraire, il se simplifie.

La mode des produits bio n’est toujours pas rentrée dans les mœurs, tout simplement parce que les fournisseurs ne jouent pas le jeu (tarifs élevés, et mauvaise communication, notamment au niveau des produits surodorants, très demandés – à tort – par le métier). La tendance « développement durable » a du plomb dans l’aile sur ce plan.

Le « tout électronique » ne décolle pas. Il n’y pas que les réticences des inspecteurs les plus âgés, pointées du doigt par le rapport, pour l’expliquer. Il y a surtout qu’il s’agit de technologies chères, fonctionnant souvent avec des logiciels propriétaires spécifiques demandant un apprentissage ardu, qui génèrent des comportements pervers.

Les inspecteurs qui passent plus de temps à se battre (ou a jouer) avec un pocket ou un téléphone cellulaire multifonctions, sont moins à l’écoute de leurs clients et moins au contact de leur subordonnés. Il s’éloignent du cœur de leur métier, qui est la proximité physique avec leur « monde », pour une virtualité électronique. D’ailleurs, certains clients, davantage soucieux de la qualité des services achetés que des jolis papiers de traçabilité, déplorent une inadéquation entre la réalité et sa mesure électronique. On observe ainsi des tendances conflictuelles entre les usagers des locaux et les agents de services, alors qu’en haut lieu, inspecteurs et acheteurs sont satisfaits l’un et l’autre.

Les procédures de pointages d’entrée et sortie de chantier sont aussi sources de dysfonctionnements et tensions. La gestion des pannes de matériel et oublis de pointage prennent infiniment plus de temps que des visites sur sites ou du management de proximité, sans compter l’image négative renvoyée par l’entreprise à son client…

La géolocalisation, quand elle fonctionne bien (ce qui est très loin d’être évident…) génère aussi des comportements pervers. Les patrons passent beaucoup de temps à apprendre les logiciels, puis encore beaucoup de temps à « pister » leurs employés, ce qui provoque souvent des tensions inutiles avec des agents de services qui se sentent espionnés. Ah! Que les choses seraient différentes si le petit patron était sur le terrain plutôt que derrière son ordinateur…

La réalité du moment, c’est que la qualité du travail des grosses entreprises et de biens des PME se dégrade, quoiqu’on puisse en dire officiellement.

La multiplication des services vendus exige des compétences techniques, organisationnelles et managériales, qui sont le point faible de la profession depuis longtemps déjà (cf le Contrat d’Etude Prospective – CEP- publié 2000). Et comme son image de marque n’a guère évolué en dix ans, elle a toujours du mal à attirer de jeunes diplômés. J’ajoute que trop souvent, les jeunes gens qui arrivent dans le métier se heurtent à une réalité bien éloignée des cours de fac’, ce qui n’aide pas à l’amélioration de l’ambiance de travail…

En fait, l’étude (sans doute très chère) commandée par l’ISSA américaine, est une belle arabesque intellectuelle assez creuse, qui n’apporte pas grand chose de concret aux PME-TPE de propreté industrielle de France, qui ont remarqué depuis longtemps :

  • Que la profession continue son « creusement par le ventre » (moins de PME, plus de
    grosses entreprises de plus en plus puissantes, de plus en plus de TPE)
  • Que les fournisseurs vendent de plus en plus les mêmes choses aux mêmes prix
  • Que le management des agents de service est très délicat

Une crise est toujours une opportunité pour les TPE qui savent s’adapter. Oublions les rodomontades des experts de Giraffe pour nous attarder sur une constante des études américaines eu européennes de bien des cabinets stratégiques. Je veux parler de cette tendance si vulgairement traduite par « puisque je le vaux bien », implicitement exprimée par la majorité des clients, quelle que soit leur importance.

D’abord, il est important de choisir des clients à notre taille. Inutile de fantasmer sur les contrats du métro ou de l’Aéroport Charles de Gaulle si l’on est une TPE-PME, a fortiori en Province.

Ensuite, une bonne politique de réduction des dépenses consiste à ne pas complexifier les outils managériaux, notamment ceux qui sont informatisés. Des visites régulières des chantiers, des contacts fréquents avec nos clients et nos salariés, « humanisent » le métier et renvoient de la considération à nos interlocuteurs (et réciproquement envers nous-mêmes, par la même occasion!). Plutôt que des codes barres à pointer avec une « douchette » a chaque fois que l’on entre et sort d’un chantier, offrez des vêtements professionnels valorisants, du matériel neuf et solide. Contrôlez régulièrement les chantiers avec les intéressés, en complétant des fiches de contrôle simples et positives (ne pointons pas uniquement ce qui ne va pas, mais aussi ce qui mérite des félicitions).

Autrement dit, faites confiance « utile » pour éventuellement sanctionner « utile » quand c’est justifié. N’hésitez pas à personnaliser votre prestation selon les spécificités des clients. Le « petit plus » que vous pouvez apporter vous différencie de vos concurrents et renforce votre implantation chez votre client. Pensez à l’entretien des plantes vertes, de la vaisselle, à la gestion sélective des déchets…

C’est avec ce genre de détails que, progressivement, l’on bâtit une image de marque partagée par les salariés, un sentiment d’appartenance à une entité porteuse de valeurs. En effet, comment envisager satisfaire nos clients si nos salariés ne sont pas satisfaits de leur sort? C’est ce genre d’indicateur fondamental que ne mesurent pas les pockets et autres I-Pod…

Oui, l’entreprise de propreté est avant tout une affaire de relations humaines, il est donc prudent de se méfier de tout ce qui peut la déshumaniser!

 

Pierre Falgayrac

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La rupture conventionelle du contrat de travail à durée indéterminée (loi du 25 juin 2008)

En voici une analyse synthétique simplifiée

Objectifs

– Assouplir le formalisme de la rupture du contrat de travail.

– Permettre aux «démissionnaires en puissance» de percevoir les indemnités chômage.

 

Formalisme

Celui d’une procédure de licenciement :

– Entretien impératif avant la signature de la convention de rupture.

– L e salarié doit avoir été informé de la possibilité de se faire assister.

DONC : Convocation à un entretien par courrier en RAR, ou lettre remise en main propre contre décharge, comme d’habitude.

Ensuite

– 15 jours calendaires pour se rétracter (pour réflexion…).

– Par courrier en RAR ou par lettre remise en main propre contre décharge (afin de prouver que le délai a bien été respecté).

– Ensuite, envoyer un exemplaire pour homologation à la DDTEFP.

Rôle de la DDTEFP

– La DDTEFP vérifie que :

  • Un entretien a eu lieu,
  • Le salarié a bien été informé qu’il pouvait être assisté,
  • Le délai de rétractation a été respecté,
  • L’employeur a versé au salarié une indemnité au moins égale à l’indemnité conventionnelle ou légale de licenciement.

– 15 jours ouvrables pour accepter ou refuser l’homologation. «Le contrat de travail
n’est pas rompu tant que l’homologation n’a pas été acceptée par la DDTEFP
».

– DDTEFP silencieuse pendant 15 jours : homologation acquise tacitement.

La rupture du contrat de travail peut-elle être contestée par la suite?

– Oui. L’administration ne donne pas un blanc-seing à la DDTEFP, qui pourrait homologuer à
tort…

– Le Conseil des Prud’hommes pourra donc être saisi pour prononcer la nullité de la rupture
conventionnelle.

Alors, la rupture conventionnelle est-elle un bon plan ?

Oui et non :

– Le risque d’annulation ne peut pas être totalement exclu.

– Elle n’est pas une transaction (qui ne peut intervenir qu’après la rupture du contrat de travail),
mais n’y fait pas obstacle non plus.

– Dans les faits, le principal bénéficiaire de cette nouvelle disposition est le salarié qui quitte
l’entreprise.

– Mais on ne peut négliger l’opportunité donnée aux employeurs de se séparer de salariés démotivés en réduisant considérablement le risque prudhommal.

Pierre Falgayrac

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Réponses aux questions du précédent article

Il est temps de donner les réponses aux questions du précédent article:

1/ Quel est le TMS le plus fréquent chez les femmes de ménage ?

Celui du poignet de travail. Généralement dû à une mauvaise ergonomie.

Utiliser la gestuelle de la godille pour l’essuyage des surfaces au dessus du sol prévient cette maladie professionnelle.

Un stage formation sur les techniques manuelles de nettoyage démontre le bien-fondé et l’intérêt de cette technique.

2/ Quel est le pourcentage moyen de produits gaspillés lors de travaux de nettoyage ?

Les 3/4. On utiliserait quatre fois moins de détergents et lessives, la France ne serait pas plus sale qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Le surdosage de détergents sol est manifeste avec les traces de serpillère et le voile parfois collant qui persiste sur le sol.

3/ Les détergents récents à parfums rémanents sont-ils vraiment plus efficaces que les « autres »?

Certainement pas! Ils favorisent même l’encrassement des surfaces en raison de la présence de matières grasses qui ralentissent (et donc font « durer ») l’évaporation du parfum.

4/ L’eau de Javel est-elle interdite en hôpital?

Oh que non! Plusieurs établissement privés et publics généralisent son emploi depuis longtemps ou y reviennent! Et puis si elle était interdite en collectivité, pourquoi  serait-elle en vente libre?

5/ Les microfibres absorbent combien de fois plus d’eau que les textiles traditionnels ?

Jusqu’à 10 fois. Elles font gagner du temps et augmentent la qualité de l’essuyage. Seuls celles et ceux qui ne s’intéressent pas à leur travail ne perçoivent pas ces avantages.

6/ Les traces de lavage persistantes sur le sol sont-elles dues à la qualité du détergent utilisé?

Un peu, mais pas essentiellement. C’est surtout une histoire de dosage de produit, de propreté des franges et de technique de lavage.

Utiliser la technique du double-seaux et des franges régulièrement lavées en machine est essentiel.

7/ Utiliser la technique du double seau revient à s’encombrer de combien de poids en plus (par
rapport à un seul seau) ?

Le poids d’un seau vide, soit quelques dizaines de grammes. Il s’agit en effet de répartir la quantité habituelle en 2/3 (solution détergente) et 1/3 (eau claire) dans deux seaux  différents.

Ceci étant, il faut quand-même 8 à 10 litre d’eau pour faire un travail de qualité dés qu’il y a plus de 20 m² à laver.

8/ Quelle est la logique du nettoyage d’une pièce (ordonnancement logique des tâches) ?

  • Du haut vers le bas (sauf pour le lessivage des parois),
  • Du fond vers la sortie,
  • Des bords vers le milieux,
  • Du plus vers le moins encombré,
  • Des déchets et salissures non adhérentes vers les salissures collantes,
  • Du plus propre vers le plus sale

Ce qui signifie qu’il faut penser à s’organiser car il est rare que tous ces paramètre ne soient pas contradictoires…

9/ Quel est le gain de temps apporté par l’aspirateur (par rapport au balayage classique) dans un couloir d’immeuble carrelé ?

Aucun! Il fait même perdre du temps comparé à un bon balayage (la surface de travail d’un suceur d’aspirateur est très réduite).

En outre l’usage de l’aspirateur relargue une grande quantité de fines poussières qui vont se déposer en quantité sur les surfaces hautes…

10/ Les sprays en « bombe » sont-ils plus efficaces que les huiles « surodorantes » pour la
désodorisation d’une pièce ?

Non. Au pire ils sont nettement plus chers ( le conditionnement et l’emballage sont très coûteux)

Pierre Falgayrac

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Enjeux et intérêts de la formation professionnelle continue

               
La science infuse n’est l’apanage de personne et l’évolution des connaissances et de la technologie remettent en question bien des habitudes ou des méthodes de travail que d’aucuns croyaient intemporelles, pour ne pas dire infaillibles.

C’est bien parce que tout change vite que le législateur a profondément réformé, à la fin des années 70, l’épais et complexe livre IX du Code du travail, relatif à la formation professionnelle. En effet, la Formation des salariés et des employeurs, dans le cadre de l’exercice de leur métier, est devenue un droit, voire même une obligation dans certaines branches d’activité (médecine, éducation, par exemple).

Quantités de dispositions nouvelles ont d’ailleurs récemment été prises pour inciter employeurs et salariés à « consommer » de la formation.

Et pourtant, combien sont grands les besoins en formation des personnels d’exécution de la propreté et de l’hygiène, et que d’avantages peut-on en retirer… Faisons un tour d’horizon.

Les clients apprécient généralement favorablement les efforts faits par leur prestataire pour former le personnel d’exécution. Ils y voient une volonté de qualité, un désir de progression professionnelle et l’image de marque de l’entreprise de service s’en trouve renforcée.

 Pour le personnel, aller en formation lors d’un stages inter entreprises change agréablement du labeur quotidien et permet de rencontrer des collègues inconnus d’autres
sociétés, dans un contexte détendu et agréable. Ainsi, les stages sont souvent un carrefour
d’échanges d’expériences et d’idées qui permettent à tous les participants de progresser et mieux se situer dans leur profession, ce qui n’est jamais un mal dans le contexte  concurrentiel actuel.

Même si un stage de formation n’apprend rien de bien nouveau aux « vieux routiers » de la profession, il est toujours une information ou un éclaircissement qui leur fera découvrir ou redécouvrir un aspect utile, voire important, de leur métier. Car nous avons  effectivement tous tendance à « oublier » : automobilistes, vous qui lisez ces lignes, seriez vous capable de réussir aujourd’hui au premier coup l’épreuve écrite du code de la route pour obtenir le permis de conduire ?

Voilà qui illustre un des avantages des stages de formation professionnelle : la mise à jour des savoirs et compétences. En outre, les stages de formation permettent de mieux connaître et comprendre les nouvelles réglementations, qui sont très changeantes par les temps qui courent : loi sur les biocides, évolution du droit du travail…

On constate généralement qu’à la reprise du travail, le lendemain d’un stage, la motivation professionnelle est au rendez-vous et rejaillit sur l’ensemble des collègues. Cela se comprend, car connaître le pourquoi et le comment des choses de son métier fait gagner en efficacité et est valorisant sur le plan le personnel. En effet, un véritable
professionnel est bien sûr quelqu’un qui pratique le métier avec des automatismes, mais surtout quelqu’un qui sait réagir sans faire d’erreur et s’adapter à une situation imprévue. Or, comment est-ce possible sans connaître davantage que les simples bases du métier ?

Évoquons aussi « l’unification du langage » dans l’entreprise que favorise un stage. Tous les acteurs de l’entreprise ont entendu un même discours et disposent d’une même documentation technique. Tout le monde a donc une référence commune ! Voilà qui ne peut que faciliter la communication et la bonne compréhension des consignes et directives. Notons, qu’il s’agit en l’occurrence d’un des axes principaux d’un bon
plan de formation interne.

Rassurons les chefs d’entreprises qui craignent que leurs salariés envoyés en formation utilisent les connaissances acquises pour se mettre à leur compte et les concurrencer
déloyalement. D’abord, il est évident qu’avoir une compétence professionnelle ne signifie
pas obligatoirement avoir l’étoffe d’un artisan, ou d’un patron de PME. La consultation des registres des tribunaux de commerce est éloquente en l’espèce.

Mais en outre, avez-vous entendu parler du « dédit formation » ? il s’agit d’une clause du
contrat de travail (ou d’un avenant à celui-ci) qui permet à l’employeur de s’assurer du
bénéfice des formations financées par lui, en dissuadant les salariés de quitter l’entreprise avant que les dépenses de formation soient « amorties ». Elle prévoit le remboursement par le salarié des frais de formation dont il a bénéficié en cas de départ de l’entreprise avant un certain délai.

Le livre IX du Code du travail évoqué plus haut impose des cotisations obligatoires au titre le Formation Professionnelle Continue (FPC), de la Formation en Alternance et de la Formation des Apprentis. Les fonds versés sont utilisables par les entreprises qui
forment leur personnel.

Les droits ouverts sont « au réel » pour les entreprises de plus de dix salariés (elles récupèrent ce qu’elles ont ou devraient verser), ou plafonnés à quelques milliers de francs par an pour les moins de dix salariés. Les statistiques montrent qu’en moyenne une entreprise sur dix consomme de la formation, donc neuf entreprises sur dix payent à fonds perdus…

Les esprits avisés auront perçu que suivre des formations, c’est aussi récupérer de l’argent, même sur ses concurrents… Certaines sociétés ont tellement bien compris le système qu’elles se voient rembourser des sommes au delà de leur droit de tirage annuel ! C’est la « mutualisation des fonds ».
Dans les faits, donc, la formation professionnelle continue est quasi « gratuite : Pourquoi s’en priver ?

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr