Paris : 200 queues de rats analysées pour mieux comprendre leur prolifération

Cet article a été publié dans le Parisien du 24 janvier 2021 .Il s’agit de « mieux connaître l’animal, sa résistance, ses déplacements… »

Pour cela, 200 queues de rats morts ont été collectées par les services de la Ville.

« L’expérience consiste à réaliser une cartographie de la résistance du rat parisien aux anticoagulants, censés les éliminer. On cherche à savoir si les rongeurs offrent le même degré de résistance à la molécule, d’un arrondissement à l’autre. (…) Ce qui pourrait donner des explications sur la façon dont circulent les populations. »

Les chercheurs souhaitent répondre à ces questions :  » Y a-t-il plusieurs populations ? La Seine est-elle une barrière ? Y a-t-il un rat de la rive droite et un rat de la rive gauche ? Combien sont-ils ? Que mangent-ils ?Où est le rat dans la capitale ? Y a-t-il plusieurs populations ? La Seine est-elle une barrière ? Y a-t-il un rat de la rive droite et un rat de la rive gauche ? Combien sont-ils ? Que mangent-ils ? Et sont-ils porteurs de maladies comme la covid ?« 

Décidément, la ville de Paris aime dépenser des sous pour pas grand-chose…

D’abord, la collecte de queues de rats est dépassée depuis qu’il est possible de faire des analyses à partir de leurs crottes, beaucoup plus faciles à collecter. C’est ce que fait notre partenaire Izinovation. C’est à se demander comment les spécialistes du rat qui sont aux manettes ignorent la chose…

Ensuite, cela fait bien 50 ans que l’on sait tout de la biologie et de l’éthologie du surmulot.

Depuis la nuit des temps, les rats se comportent toujours de la même manière. En résumé :

  • Ce qui les attire se sont les odeurs de nourriture, ce qui les fixe c’est de pouvoir y accéder et de nidifier à proximité ;
  • Ils passent 50 à 75%% de leur temps dans leurs terriers, dont ils ne sortent que pour manger, boire et ronger des matériaux, pour user leurs incisives hypsodontes ;
  • Ils stabilisent leur population en fonction des ressources trophiques et des possibilités de nidification disponibles ; ils ne peuvent donc pas proliférer ;
  • Ils se déplacent le moins possible, par crainte instinctive de la prédation (de 5 à 25 mètres le plus souvent) ;
  • Ils migrent si les ressources vitales diminuent.

Nous faisons donc les paris que :

  • Rien ne ressemblera plus à un rat de la rive droite que son cousin de la rive gauche ;
  • Que la Seine est bien une barrière mais on s’en fiche vu ce qui est au-dessus ;
  • On réalisera une nouvelle fois qu’ils sont omnivores à tendance carnivore, et s’adaptent aux situations ;
  • Que tous auront des traces d’anticoagulants dans leur organisme et que certains seront résistants ;
  • Que les chercheurs ne sauront toujours pas combien ils sont (puisqu’ils ignorent mes bouquins) ;
  • Et qu’ils ne seront pas, ou exceptionnellement, porteur de la covid.

Et qu’on ne nous ressorte pas qu’il faut inventer de nouvelles molécules pour remplacer les anticoagulants. Ils ont très efficaces quand ils sont appliqués correctement (norme EN 166-36) C’est parce qu’ils sont utilisés n’importe comment par des professionnels incompétents, qu’il y a des phénomènes de résistance.

La cerise sur le gâteau est ce qui suit :

« Parallèlement, un autre important projet scientifique, baptisé « Armagedon », a été lancé conjointement entre la Ville, le Museum et l’Inrae. Il devrait durer deux ans et demi et a aussi pour but de réfléchir à une « cohabitation saine entre le rat et l’homme ».

Mais on sait depuis les romains comment faire ! Pourquoi appelaient-ils « commensaux » les rats et souris, si ce n’est qu’ils savaient les maîtriser ?

Je renvoie mes lecteurs à un précédent article de ce blog sur ce sujet justement : https://bloghyform.wordpress.com/2018/03/28/comment-vivre-en-harmonie-avec-les-rats/

Comme quoi, il n’y aurait pas besoin de deux ans d’études onéreuses pour arriver aux mêmes conclusions.

Mais la puisque la Ville de Paris aime dépenser des sous pour pas grand-chose…

Pierre Falgayrac

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