L’arrêté du 15/01/21 sur les restrictions d’utilisation des produits phytosanitaires

Le texte est ici : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043023130

Il modifie l’arrêté du 4 mai 2017 et interdit l’usage des produits phyto quasiment partout :

  • Habitations privées et leurs espaces extérieurs
  • Hôtels, auberges, campings et parcs résidentiels
  • Cimetières et colombariums
  • Jardins familiaux
  • Parc d’attraction
  • Espaces verts des zones commerciales
  • Voies d’accès privées, espaces verts et zones de repos sur les lieux de travail
  • Zones à usage collectif des établissements d’enseignement
  • Tous les établissements de soin et maisons de retraite
  • Les aérodromes

Toutefois, cette interdiction ne s’applique pas « aux traitements des organismes nuisibles figurant sur une liste établie par l’administration, qui présentent des dangers sanitaires graves menaçant la pérennité du patrimoine historique ou biologique et ne pouvant être maîtrisé par un autre moyen, y compris une méthode non chimique. ». Les rongeurs ne font pas partie de ces organismes nuisibles-là.

Doit-on en déduire qu’il est désormais interdit de dératiser et désinsectiser avec des produits chimiques ?

Absolument pas.

Revoyons les définitions européennes qui distinguent les produits phytosanitaires des produits biocides.

Les produits phytopharmaceutiques (terme exact) protègent les végétaux ou les produits végétaux contre les nuisibles. Sont concernés l’agriculture et les espaces verts urbains.

Les produits biocides sont destinés à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l’action ou à les combattre de toute autre manière par une action autre qu’une simple action physique ou mécanique. Est concernée l’hygiène publique.

Lutter contre des rats et des souris à l’intérieur comme à l’extérieur des locaux (habitation, travail, commerces, administrations…), ne revient pas à protéger des végétaux ou un silo de grains. Il s’agit de les empêcher de nuire à nos équipements électriques, voiries et denrées stockées. Les rodenticides utilisés sont donc des biocides et non des phytos.

Cette réglementation sur les produits phytos ne concerne donc pas les entreprises de 3D, qui peuvent continuer à utiliser des anticoagulants et, maintenant, le Cholécalciférol.

Pierre Falgayrac

www.hyform.fr

Paris : 200 queues de rats analysées pour mieux comprendre leur prolifération

Cet article a été publié dans le Parisien du 24 janvier 2021 .Il s’agit de « mieux connaître l’animal, sa résistance, ses déplacements… »

Pour cela, 200 queues de rats morts ont été collectées par les services de la Ville.

« L’expérience consiste à réaliser une cartographie de la résistance du rat parisien aux anticoagulants, censés les éliminer. On cherche à savoir si les rongeurs offrent le même degré de résistance à la molécule, d’un arrondissement à l’autre. (…) Ce qui pourrait donner des explications sur la façon dont circulent les populations. »

Les chercheurs souhaitent répondre à ces questions :  » Y a-t-il plusieurs populations ? La Seine est-elle une barrière ? Y a-t-il un rat de la rive droite et un rat de la rive gauche ? Combien sont-ils ? Que mangent-ils ?Où est le rat dans la capitale ? Y a-t-il plusieurs populations ? La Seine est-elle une barrière ? Y a-t-il un rat de la rive droite et un rat de la rive gauche ? Combien sont-ils ? Que mangent-ils ? Et sont-ils porteurs de maladies comme la covid ?« 

Décidément, la ville de Paris aime dépenser des sous pour pas grand-chose…

D’abord, la collecte de queues de rats est dépassée depuis qu’il est possible de faire des analyses à partir de leurs crottes, beaucoup plus faciles à collecter. C’est ce que fait notre partenaire Izinovation. C’est à se demander comment les spécialistes du rat qui sont aux manettes ignorent la chose…

Ensuite, cela fait bien 50 ans que l’on sait tout de la biologie et de l’éthologie du surmulot.

Depuis la nuit des temps, les rats se comportent toujours de la même manière. En résumé :

  • Ce qui les attire se sont les odeurs de nourriture, ce qui les fixe c’est de pouvoir y accéder et de nidifier à proximité ;
  • Ils passent 50 à 75%% de leur temps dans leurs terriers, dont ils ne sortent que pour manger, boire et ronger des matériaux, pour user leurs incisives hypsodontes ;
  • Ils stabilisent leur population en fonction des ressources trophiques et des possibilités de nidification disponibles ; ils ne peuvent donc pas proliférer ;
  • Ils se déplacent le moins possible, par crainte instinctive de la prédation (de 5 à 25 mètres le plus souvent) ;
  • Ils migrent si les ressources vitales diminuent.

Nous faisons donc les paris que :

  • Rien ne ressemblera plus à un rat de la rive droite que son cousin de la rive gauche ;
  • Que la Seine est bien une barrière mais on s’en fiche vu ce qui est au-dessus ;
  • On réalisera une nouvelle fois qu’ils sont omnivores à tendance carnivore, et s’adaptent aux situations ;
  • Que tous auront des traces d’anticoagulants dans leur organisme et que certains seront résistants ;
  • Que les chercheurs ne sauront toujours pas combien ils sont (puisqu’ils ignorent mes bouquins) ;
  • Et qu’ils ne seront pas, ou exceptionnellement, porteur de la covid.

Et qu’on ne nous ressorte pas qu’il faut inventer de nouvelles molécules pour remplacer les anticoagulants. Ils ont très efficaces quand ils sont appliqués correctement (norme EN 166-36) C’est parce qu’ils sont utilisés n’importe comment par des professionnels incompétents, qu’il y a des phénomènes de résistance.

La cerise sur le gâteau est ce qui suit :

« Parallèlement, un autre important projet scientifique, baptisé « Armagedon », a été lancé conjointement entre la Ville, le Museum et l’Inrae. Il devrait durer deux ans et demi et a aussi pour but de réfléchir à une « cohabitation saine entre le rat et l’homme ».

Mais on sait depuis les romains comment faire ! Pourquoi appelaient-ils « commensaux » les rats et souris, si ce n’est qu’ils savaient les maîtriser ?

Je renvoie mes lecteurs à un précédent article de ce blog sur ce sujet justement : https://bloghyform.wordpress.com/2018/03/28/comment-vivre-en-harmonie-avec-les-rats/

Comme quoi, il n’y aurait pas besoin de deux ans d’études onéreuses pour arriver aux mêmes conclusions.

Mais la puisque la Ville de Paris aime dépenser des sous pour pas grand-chose…

Pierre Falgayrac

L’émission « Touche pas à mon poste » du 27 janvier 2021

L’équipe de Cyril Hanouna me contacte hier par téléphone à 16h45, pour participer à l’émission du soir même, à 20 heures, dont le thème sera me dit-on, « Les rats vont-ils dominer le monde ? » Quel ne fut pas l’étonnement de mon correspondant lorsqu’il réalise que je ne suis pas parisien et que j’habite loin de leur studio.

Voilà qui pose le sérieux avec lequel l’émission de Cyril Hanouna est préparée. C’est de l’improvisation totale…

Connaissant un peu cette émission, Il va sans dire que je décline d’intervenir à distance via zoom.us (le logiciel que j’utilise pour mes formations). Bien m’en a pris…

Comme professionnels, ils n’ont trouvé que deux gamins de 20 ans pas du tout crédibles, qui ont raconté des fadaises, et encore le mot est faible, sur les rats, qui « sont agressifs et n’ont plus peur des hommes ». Bref, le téléspectateur est maintenu dans l’ignorance et la crainte des rats.

Heureusement que l’émission a duré moins de 5 minutes !

Voilà qui ne m’incite pas à regarder cette émission, qui vole vraiment très, très bas…

Pierre Falgayrac

Le monitoring connecté

L’interdiction de l’usage des rodenticides en appâtage permanent est aujourd’hui avalisé par la profession, qui utilise donc des appâts placébos (sans poison) dans les fameuses ceintures de stations d’appâtage à l’extérieur, et parfois aussi à l’intérieur, des bâtiments de leurs clients.

Il est évident que le contrôle visuel et manuel de nombreuses boites est chronophage et qu’en conséquence les technologies numériques sont intéressantes pour tout contrôler depuis un ordinateur, une tablette ou un GSM.

Le principe est simple : le passage d’un rongeur dans le dispositif de détection (capté par des capteurs thermique et infrarouge) est communiqué en temps réel sur l’appareil du professionnel. Ce qui lui permet de savoir où intervenir avec un dispositif de lutte active (AVK ou piégeage) ; et dispense bien sûr de se déplacer quand il y a zéro détection.

Et M. Kjaer, le patron d’Anticimex, qui propose un dispositif connecté, d’asséner SES vérités dans le dernier NPI (117), notamment :

  • Son dispositif détecte les problèmes de rongeurs au fur et à mesure qu’ils apparaissent partout, même dans les réseaux d’égout ;
  • L’analyse des données recueillies permet de mieux comprendre les raisons de l’activité des rongeurs ;
  • Le technicien dispose de plus de temps pour inspecter et résoudre les problèmes sur un site ;
  • Il permet de réduire les coûts de la main d’œuvre ;

Tout en reconnaissant que « les rongeurs ne passent pas forcément dans les postes d’appâtage et de détection », ce monsieur édicte que « seul un monitoring automatique qui encercle la problématique du site permet de faire un véritable monitoring » (autrement dit, il faut beaucoup de dispositifs connectés très onéreux).

Toutes ces assertions sont fausses.

Lors d’une formation faite récemment pour un client qui a obligation de son donneur d’ordres d’utilise des pièges Anticimex, voilà ce que nous avons constaté :

  • L’installation et le réglage d’un piège à herse dans un égout demande plus de deux heures de travail à deux techniciens, qui doivent mettre en sécurité le tampon (signalisation pour les automobilistes), descendre l’appareil, le stabiliser et régler la hauteur des herses ;
  • Si une caméra est adjointe, c’est une demi-heure de plus ;
  • Le démontage, c’est à peine moins de temps, donc plus de 4 heures au total. Nous sommes loin d’une économie de main d’œuvre…
  • L’efficacité du piège est mauvaise : des caméras montrent que pour un ou deux rats réellement tués, les herses ne se déclenchent pour rien lors du passage d’une grande quantité d’eau chaude (vidange de baignoire) ou de gros excréments ;
  • Sans parler des rats qui hésitent à passer et font demi-tour.

Il est clair que les rats captent un danger avec l’informatique embarquée des pièges, qui émet un puissant signal wifi. C’est bien là que les modules de détection connectés sont un inconvénient : les mammifères animaux sont sensibles à des phénomènes qui ne nous dérangent pas nous, mammifères humains. Faut-il rappeler que chiens et autres chats, bovins chevaux… « captent » la survenance d’un tsunami ou d’un tremblement de terre avant même qu’ils ne se produisent ? Les propres vidéos de M. Kjaer, à l’époque où ces produits s’appelaient Wisecon, montraient des rats d’égout très hésitants à passer sous le piège et qui regardaient vers le haut (vers l’électronique), comme s’ils percevaient un danger. Nous pensons en effet que les rats sont sensibles aux ondes wifi.

Professionnels qui lisez ces lignes, dites-vous bien que placer des modules électroniques émettant en wifi, sur vos dispositifs de détection ou de lutte, n’est pas sans conséquences pour les rongeurs. Il y a de fortes chances pour qu’ils évitent les boites ou pièges ainsi équipés.

Passons rapidement sur le fait que les pièges Anticimex destinés aux égouts ne conviennent que pour les buses béton, c’est-à-dire là où il y a peu de rats puisqu’ils ne peuvent y creuser des terriers…

En surface, les dispositifs de surveillance, pardon de monitoring, qu’ils soient connectés ou non, n’ont qu’une efficacité très limitée, voire nulle, si les rats ont toujours accès à leurs sources de nourriture saine. Je prends pour exemple ce que j’ai constaté, lors d’un audit, dans un port céréalier où un alignement de boites d’appâtage se trouvait le long d’un mur, de l’autre côté de la route longeant les silos de grains. Il n’y avait que quelques consommations partielles relevées, autrement dit peanuts. Alors que crottes et traces de passages de rats étaient abondantes au pied des silos, où se trouvaient quelques boites d’appâtage, elles aussi peu visitées. Et pour cause : il y avait des grains partout… (voir aussi un précédent article de ce blog sur l’inutilité des ceintures de boites).

Rappelons que ce qui attire les rongeurs ce sont les odeurs alimentaires. Ce qui les fixe, c’est la possibilité d’accéder à cette nourriture et de nidifier à proximité.

Pour qu’ils s’en aillent, il y a deux solutions simples : les empêcher d’accéder à la nourriture ou les empêcher de nidifier (les deux seuls matériaux que ne peuvent ronger les murinés sont le béton sec et l’acier). Si aucune de ces deux choses n’est mise en œuvre, poser des boites ou des pièges connectés est aussi efficace qu’une miction dans un violon.

Professionnels, pour installer un dispositif de monitoring cohérent, il faut dans l’ordre :

  • Appliquer une des deux solutions évoquées au paragraphe précédent ;
  • Parfaire l’étanchéité des bâtiments concernés (laine d’acier ou béton) ;
  • Installer des dispositifs de surveillance aux seuls accès possibles, et dans les locaux où sont stockées les matières premières arrivantes ;
  • Il possible de marier surveillance et traitement en utilisant des pièges multiprises sans biocides, comme les Mimétic Mhouse ou les Ekomile.

Avec ces pièges, le comptage des captures est simple et indéniable : il s’agit de compter le nombre de rongeurs noyés.

Nous pensons que les meilleurs systèmes de détection passifs sont les caméras infrarouges. Il convient d’en utiliser plusieurs pour couvrir l’ensemble de la surface à protéger. Les caméras doivent donc être installées en hauteur et réglées pour couvrir des surfaces différentes. C’est la suggestion que nous avons fait au Museum d’Histoire Naturelle de Paris qui souhaitait étudier les rats du Jardin des Plantes, qui ignoraient les pièges destinés à les capturer. Les caméras ont permis de détecter 600 rats différents, en les suivant depuis la sortie de leurs terriers vers les points de nourriture. Preuve que la détection par caméras infrarouges est pertinente..

Pour faire passer cette conception de monitoring auprès de vos client IAA, nous vous proposons de leur présenter une analyse écrite du risque nuisibles, tenant compte de la situation globale du ou des bâtiments (environnement, voisinage, étanchéité), de la gestion des matières premières et des déchets, des conditions de stockage des produits finis…

A chaque fois que nous avons fait des audits en IAA, nous avons établi une analyse du risque nuisible qui a abouti à une réduction significative du budget consacré au plan de lutte.

Si vous souhaitez savoir comment établir une analyse du risque, telle que décrite dans la norme EN-166-36, nous pouvons le faire dans le cadre d’une formation à distance.

Pierre Falgayrac

Covid 19 et désinfection

Pour bien comprendre le sujet, rappelons quelques éléments de biologie et de désinfection.

Les microbes

Les microorganismes unicellulaires, ou microbes, sont les bactéries, les micromycètes (moisissures, levures) et les protozoaires. Ils sont constitués d’une membrane sélectivement poreuse et d’un noyau où se trouve le patrimoine génétique.

Ils se reproduisent par mitose ou scissiparité.

Dans des conditions optimales, une division se produit toutes les 20 minutes. Une bactérie peut donc se multiplier en un milliard en 12 heures.

Pour ce faire, les microbes ont besoin :

  • De nourriture ;
  • D’humidité ;
  • De chaleur (généralement de 30 à 40°).

Quand ces conditions ne sont pas réunies, les microbes vivent au ralenti ou meurent. D’où la conservation des aliments au froid, en milieu stérile (conserve) ou sous vide.

Certaines bactéries peuvent sporuler, c’est-à-dire s’envelopper d’une carapace très résistante, qui disparaitra lorsque les conditions redeviendront bonnes.

Un virus n’est pas à proprement parler un organisme vivant. Il s’agit de petit amas de protéines et d’un « bout » d’ADN, qui « trompe » la bactérie ou la cellule corporelle et parasite son noyau. En se multipliant, la bactérie ou la cellule corporelle multiplie aussi le virus.

Transmission des microbes

Ben sûr que des « droplet » (éternuements) peuvent répandre des microbes jusqu’à 80/90 cm autour de nous, qui resteront en suspension dans l’air quelques secondes. D’où la distanciation officielle d’un mètre. Mais c’est surtout par les mains que se transmettent les microbes. Tout ce que touchent des mains contaminées est susceptible d’être contaminant.

La désinfection et les désinfectants

On ne peut désinfecter que des surfaces propres (l’infirmier nettoie une plaie avant de la désinfecter).

Les désinfectants autorisés répondent aux normes NF EN 14885 (Europe), 1276 et 13697 (bactéricides), 14476 (virucides), 1650 et 13697 (fongicides), NFT (lavage des mains).

Il est distingué les actions :

  • BACTERICIDE : les bactéries sont tuées ;
  • BACTERIOSTATIQUE : Inhibition momentanée du développement bactérien ;
  • FONGICIDE : les champignons et leurs spores sont tués ;
  • FONGISTATIQUE : Inhibition momentanée du développement des moisissures et champignons ;
  • SPORICIDE : Les spores bactériennes sont tuées ;
  • VIRUCIDE : les virus sont inactivés.

Tous les désinfectants percent la membrane cellulaire, seuls les virucides détruisent aussi le noyau et son ADN.

Il est donc clair qu’un désinfectant bactéricide n’est pas actif sur Covid 19, seul un virucide le serait.

Les termes Désinfection et Décontamination sont d’ailleurs officiellement définis. En simplifiant, la décontamination n’est pas active sur les virus, la désinfection, si.

Sur les gestes barrière

La doxa médiatique présente comme solutions efficaces pour éviter d’être contaminé ou contaminant :

  • Le port du masque ;
  • Le lavage fréquent des mains avec un gel hydroalcoolique.

Ce qui soulève plusieurs remarques et questions.

1/ Les masques soi-disant étanches au Covid 19 sont pure affabulation : un virus est certes 40 à 60 fois plus petits qu’une bactérie, mais nous avons vu qu’il ne peut être actif que lorsqu’il parasite une bactérie ou une cellule corporelle. Un simple masque antipoussières est donc suffisant. Le masque protège les autres de nos droplet, il est donc Inutile d’utiliser des masques chirurgicaux ;

2/ Les gels hydroalcooliques courants sont simplement bactéricides, donc inefficaces sur Covid 19. Leurs étiquettes indiquent parfois qu’un lavage chirurgical des mains, avec effet virucide, doit durer 10 minutes. Ce que personne ne fait ;

3/ Quel est intérêt de se laver les mains avant de faire les courses ou d’entrer dans un lieu accueillant du public ? Aucun. Cela revient à toucher des surfaces potentiellement contaminées avec des mains propres ;

4/ Dés lors que nous manipulons un clavier de paiement par carte, une poignée de porte ou n’importe quelle surface susceptible d’avoir été touchée par d’autres, il y a risque de contamination. C’est donc juste après qu’il faudrait se désinfecter les mains. Qui le fait ? Peu de personnes…

Les recommandations officielles sont donc perfectibles.

Au quotidien, que faire pour se protéger et protéger les autres efficacement ?

1/ Porter un masque simple dés que nous sortons de la maison ou de notre voiture ;

2/ Disposer d’un flacon de gel hydroalcoolique virucide et se laver les mains après chaque manipulation de poignée de porte, clavier, interrupteur, volant de véhicule, barre de maintien dans un transport en commun, etc.

A propos des microbes pathogènes

Tous les microbes et virus sont utiles là où ils se trouvent, dans l’ordre naturel des choses.

Certains peuvent devenir pathogènes, c’est-à-dire nuire à notre santé, lorsqu’ils se trouvent là où il n’est pas prévu qu’ils soient.

Par exemple, la célèbre Escherichia Coli est naturellement présente au fond de nos intestins ; elle déclenche l’envie d’aller aux toilettes. Quand, par manque d’hygiène, elle se retrouve dans l’estomac et au début de l’intestin, elle fait ce pour quoi elle existe : signal d’évacuation. D’où diarrhée…

Les salmonelles sont naturellement présentes dans le système digestif des serpents asiatiques. Lorsque les éleveurs avicoles ont trouvé que les plantes fourragères chinoises étaient moins chères, une fois importées, que les produits européens, ils en ont nourri leurs élevages. Or, des déjections de serpents s’y trouvaient, qui contaminèrent toute la filière…

Quant au Coronavirus, présent dans le système digestif des chauves-souris, il s’est retrouvé dans celui des pangolins, insectivores eux aussi et qui fréquentent les lieux de repos des chauves-souris. La promiscuité dans les marchés traditionnels chinois a contaminé les hommes, et les voyages intercontinentaux ont assuré sa dissémination.

Autrement dit, la course effrénée à la rentabilité des élevages et les voyages par avion sont directement responsables de zoonoses récentes.

Accord de partenariat entre la CS3D et le Ministère de la Ville et du Logement pour lutter contre les punaises des lits

Il est ligne sur le site de la CS3D, accessible aux seuls adhérents.

L’objet de ce partenariat est « de structurer la filière pour donner des références et des gages de qualité aux propriétaires et aux occupants de logements infestés ».

D’après le Ministère, la CS3D « représente 80% des acteurs du marché avec ses 180 adhérents et travaille en étroite collaboration avec la communauté scientifique (entomologistes, vétérinaires, chercheurs…) ».

C’est une demi-vérité qui fait fi de cette réalité :

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

La CS3D est très loin de représenter 80% des prestataires, elle regroupe seulement 100% des très grosses entreprises du secteur et une minorité de TPE. Quelle légitimité a-t-elle donc pour rouler dans la farine un ministère ?

Car il s’agit qu’il :

  • S’engage à promouvoir les gestes de prévention et les recommandations formulés par les experts ainsi que les protocoles-types pour les interventions dans l’habitat et les immeubles de logements collectifs ;
  • Valorise les formations à destination des professionnels et recommande aux particuliers de s’orienter vers les prestataires référencés (tous adhérents de la CS3D, il va sans dire) ;
  • Assure l’information sur le dispositif de certification ou de labellisation vers les particuliers (spots TV souhaités ????) ;
  • Mobilise l’Agence Nationale d’Information sur le Logement (AFNIL) et son réseau départemental pour qu’ils adoptent les préconisations et protocoles de la CS3D.

Que s’engage à faire la CS3D ? (Qui a déjà beaucoup de travail pour préparer la fusion de branche…)

  • Construire des protocoles -types selon la nature et l’importance des infestations (échéance 30 juin 2020) ;
  • Délivrer des formations aux professionnels conformes à l’EN 16636 (par les formateurs de la CS3D, forcément – échéance 1er septembre) ;
  • Mettre en place un dispositif de certification ou de labellisation pour les professionnels adhérents (échéance 31 décembre).

La CS3D et son quarteron de scientifiques inféodés ignorent-ils donc cette publication du CNEV (Centre National d’Expertise sur les Vecteurs) de 2015 (2ème édition…) « Les punaises de lit Cimex lectularius et Cimex hemipterus Biologie, Lutte et Santé publique » (en ligne ici : https://www.researchgate.net/publication/284166985_Les_punaises_de_lit_Cimex_lectularius_et_Cimex_hemipterus_-_Biologie_lutte_et_sante_publique) ?

Qui contient déjà TOUT ce qu’il convient de savoir sur les punaises des lits et les moyens de lutte, je dis bien TOUT ?

  • Quel intérêt de mobiliser du monde pour refaire la même chose ?
  • Quel intérêt de dispenser des formations théoriques qui n’apprendront rien de plus que ce contient ce document ?
  • Quel intérêt d’ajouter une surcouche de certification à l’EN16636, qui regroupe l’ensemble des nuisibles ?

La seule réponse possible est : lobbying. De l’art de faire payer au gouvernement une campagne de communication au profit de la seule CS3D. Cet accord pue effectivement l’illégalité et l’abus de position dominante. Nous le dénonçons.

Finalement, Covid 19 a du bon puisqu’il a manifestement chamboulé le planning initial.

Pendant ce temps, le Syndicat National de l’Hygiène (SNH) bosse et propose une « Certification punaises de lits » pour ses adhérents qui s’engagent à respecter des protocoles de lutte raisonnée exposées dans on prochain bulletin.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Le réchauffement climatique ne peut pas justifier la prolifération des rats à Paris

Il s’agit d’un article de Nicolas Berrod dans Le Parisien du 23 janvier dernier, qui a pour titre « Municipales à Paris : les rats prolifèrent-ils plus vite avec le réchauffement climatique ? »

Je suis cité à plusieurs reprises dans cet article, mais mon commentaire sur le site Web du quotidien a été censuré. Allez comprendre…

Les propos de Virginie Lattard, chercheuse à l’INRAE m’ont interpellé : « Globalement, il y a plus de rats dans les pays chauds que dans les pays froids (…) lorsqu’il fait chaud, la période de reproduction des rats, de plusieurs mois en temps normal, peut être rallongée de quelques semaines. Ce qui leur laisse potentiellement davantage de temps pour proliférer (…) La pullulation est plus importante lorsqu’il fait chaud, donc le réchauffement climatique a probablement un rôle. Mais personne ne pourrait dire dans quelle proportion, faute d’avoir des études plus complètes sur la physiologie du rat. »

Tous ces propos sont infondés. Comment cette personne peut-elle affirmer qu’il y a davantage de rats dans les pays chauds alors qu’elle ignore dans quelles proportions ? Il n’y a aucune rigueur scientifique dans cette assertion. S’il y avait davantage de rats en Amérique du sud ou en Afrique qu’en Europe, pourquoi n’en parle-t-on jamais ?

Partout dans le monde, c’est la quantité de nourriture disponible qui conditionne le nombre de rats et jamais la température, surtout que le surmulot, le rat d’égout, n’aime pas la chaleur ! Il affectionne en effet les endroits humides et frais…

Quant à déplorer « l’absence d’études plus complètes sur la physiologie des rats », c’est un aveu d’incompétence : il y a des dizaines d’années que l’on sait TOUT sur le rat d’égout, je dis bien TOUT. Entre les études en ligne sur Google Scholar et les livres publiés depuis 1904 comme « Das Rattenbuch » de M. Koller et les écrits de M. Rode (entre les deux guerres) puis de M.Giban (dans les années 50), MM. Robitaille et Bovet (1976), etc. tout ce qui concerne la biologie, la physiologie et l’éthologie des rats est connu et accessible.

Quant à l’argument du réchauffement climatique qui fait proliférer les rats, il est bien pratique pour Anne Hidalgo, qui se dédouane du problème : « Un certain nombre d’experts m’ont dit – et j’avoue être tombée de ma chaise – qu’avec le changement climatique, les rats font une portée supplémentaire par an. Une portée de rats, c’est huit petits rats. »

Je me demande bien qui sont ces « experts »… Et le Parisien de ressortir ce tableau :

Qui est totalement faux. Pourquoi ?

1/ Parce que les rats régulent leur population en fonction des ressources vitales (voir de précédents articles de ce blog). D’ailleurs, en ville (gros avaloirs d’égout, bas d’immeubles de la première couronne, jardins des Plantes…) il est dénombré un maximum de 600 rats. Bien loin du chiffre théorique de 46.410…

2/ Reportons cette logique mathématique aux humains : une femme peut avoir un enfant tous les 9 mois entre ses premières règles et sa ménopause, soit 45 à 50 enfants uniques, ou 90 à 180 si elle a des jumeaux. Cela ne s’est jamais vu (Google vous chalutera un maximum de 69 enfants). La moyenne de la natalité mondiale est entre 1 et 5 enfants. Eh bien pour les rats, c’est pareil : ils n’en ont pas autant que ce que prédit la théorie. Il est inutile et malhonnête de tirer des plans sur la comète avec ce genre de tableau.

Parlons à présent du réchauffement climatique. D’après le site climate-data-org, ces dernières années, les températures moyennes sont de 11,3° pour Paris et 14,2° pour Marseille.

Comme il fait plus chaud à Marseille, il devrait donc s’y trouver davantage de rats qu’à Paris, n’est-ce pas ? Et pourtant, à Marseille les plaintes adressées via le service Allo Mairie ou d’autres canaux, comme les courriers aux élus, sont passées de 990 en 2016, à 396 en 2018. (Soit trois fois moins – NDLA) – Monique Daubet, élue en charge de l’hygiène, citée ici https://www.20minutes.fr/societe/2636779-20191026-marseille-apres-rats-villes-semblent-perdre-terrain-rats-plages-affut )

Voilà qui invalide totalement l’argument du réchauffement climatique parisien pour expliquer la prolifération des rats.

Au fait, pourquoi les signalements de rats ont-ils baissé à Marseille en une année ?

Il se trouve que j’ai réalisé en 2018 un audit sur la gestion globale des rats à Marseille, pour le compte de la SERAMM, qui gère les égouts et la station d’épuration de la ville, et est délégataire de la Mairie pour la dératisation.

Je ne révèlerai pas ici les préconisations de mon audit, mais il est évident que c’est leur mise en œuvre qui a produit ces bons résultats.

La Ville de Paris ne veut pas de mes services ? Tant pis pour elle.

Pierre Falgayrac

http://www.hyform.fr

Quand la science se dévoie

Deux expériences de laboratoire avec des rats ont fait le buzz en fin d’année dernière :

Les rats ont été dressés à conduire de petits véhicules électriques avec de la nourriture, comme le font tous les dompteurs et apprivoiseurs d’animaux de la planète.

Des examens ont permis de constater que les rats qui conduisent sont moins stressés que leurs passagers (NDLA : comme chez les humains, donc), ce qui confirme de précédentes expériences avec des rats moins stressés quand ils maîtrisent des tâches difficiles.

« Cette découverte pourrait être utilisée pour comprendre comment l’acquisition de nouvelles compétences soulage le stress et l’influence des conditions neurologiques et psychiatriques sur les capacités mentales » (sur les humains), dit l’équipe de chercheurs.

Quelle découverte ? Il y a longtemps que l’on sait que les processus de motivation au travail reposent sur l’accroissement accepté de davantage de responsabilité et de complexité des tâches. Voir notre article de blog sur ce sujet ici : https://bloghyform.wordpress.com/2007/09/19/la-motivation-au-travail/

Et l’équipe d’ajouter : « (…) par exemple, les tests de conduite pourraient être utilisés pour sonder les effets de la maladie de Parkinson sur la motricité et la conscience de l’espace, ou les effets de la dépression sur la motivation, dit-elle. « Si nous utilisons des modèles plus réalistes et stimulants, cela peut fournir des données plus significatives ».

Le problème, comme nous l’écrivions déjà en 2007, est que la psychologie humaine à peu à voir avec celle des animaux, notamment parce que tous, et particulièrement les rats, n’ont pas d’égo, alors que les humains…

Comme l’a écrit l’éthologue Vinciane Despret, « les expériences sur les animaux de laboratoire nous en apprennent davantage sur les chercheurs que sur les animaux ».

Ceux de cette expérience sont donc des bricoleurs amusants.

Pour les rats qui jouent à cache-cache, la motivation de l’expérience scientifique est pitoyable : « Le neuroscientifique Michael Brecht de l’Université Humboldt de Berlin a eu l’idée de son expérience sur YouTube. « Il y a toutes ces vidéos YouTube de propriétaires d’animaux qui disent que leurs animaux aiment faire cela », dit-il. Bien qu’il soit notoire que les rats jouent souvent à des jeux compliqués, le cache-cache est tellement plus élaboré que Brecht s’est demandé s’ils pourraient le faire réellement. »

Michael Brecht écrit :« Après avoir vécu dans des cages, il a fallu un peu de temps pour que les six rats mâles adolescents de l’expérience se sentent à l’aise dans la pièce spacieuse. Mais une fois qu’ils se sont sentis en sécurité, ils étaient prêts à jouer. »

Nous avons donc à faire à des rats conditionnés, qui ont été apprivoisés (« entraînés ») par des récompenses : des caresses et des chatouilles.

L’article de Sciencemag dit : « De nombreux scientifiques pensent que c’est trivial, mais ce sont des comportements très complexes » parce que les rats assument des rôles différents, suivent des règles et même élaborent des stratégies pour se cacher, dit Brecht.

Et d’étudier le fonctionnement neuronal de la chose, dans le cortex préfrontal (impliqué dans les stratégies d’apprentissage chez les hommes, qui sont des mammifères comme les rats).

Brecht redécouvre alors que les rats ont des capacités cognitives… La cognition, pour faire simple est la faculté d’apprendre de nos expériences, sur le schéma « l’eau ça mouille, mais la pluie moins qu’un bain ». C’est grâce aux capacités cognitives des rats et des ragondins que Gunter Sacckman réalise un numéro de cirque : https://youtu.be/89w2iO5id2c?t=12 .

La science ne découvre donc rien de nouveau et s’interroge sur les motivations des rats apprivoisés : jouent-ils à cache-cache pour le plaisir ou pour une récompense ? Il est supposé que c’est pour le plaisir, et de conclure que les rats disposent « de rudiments du comportement humain ».

Comme tous les mammifères et bien des oiseaux…

Nos animaux de compagnie chiens, chats, perroquets, perruches, canaris, etc. apprécient aussi de jouer avec leurs maîtres quand les conditions sont sécurisantes. Le cortex préfrontal (chez les mammifères) est forcément impliqué à chaque foi ; est-ce une découverte scientifique ? Non.

Que ce serait utile, en revanche, que la science analyse l’effet du réchauffement climatique sur la reproduction des rats, histoire de démonter l’argument fallacieux utilisé par certains pour se dédouaner de la présence ostentatoire des rats à Paris.

Pierre Falgayrac

www.hyform.fr

Fusion de branches et coup de MOU

Tout commence ici :

https://travail-emploi.gouv.fr/archives/archives-courantes/loi-travail-2016/les-principales-mesures-de-la-loi-travail/article/branches-professionnelles

Extrait : « L’objectif est de passer de 700 branches aujourd’hui à 200 branches professionnelles d’ici 3 ans. Cette restructuration aura pour effet de renforcer les branches. La négociation sociale sera donc plus équilibrée et redynamisée. Ainsi, les branches seront plus à même de remplir leurs fonctions économiques, sociales et normatives et les conventions et accords collectifs négociés seront de meilleure qualité.

Enfin, des branches renforcées pourront jouer un rôle plus structurant pour les petites et moyennes entreprises qui n’ont souvent pas les moyens de négocier. »

Passons sur les états d’âme que peut provoquer un rouleau compressage de l’identité et l’originalité des petites corporations, contraintes de se marier par raison et contre nature pour simplifier le travail de l’administration.

Parce que pour compliquer la vie des pros, ça va le faire ! Il s’agira en effet de faire Convention Collective commune entre plusieurs métiers. Qu’en sera-t-il ensuite des codes NAF ou APE? Cela sent les modifications de contrats, fiches de paye, bulletins de salaires, donc des MAJ onéreuses (forcément) de logiciels de compta et de paye…

En politiquement correct, il convient de trouver des convergences entre des activités différentes, pour minimiser les divergences. A l’époque de l’hyper communication, force est de constater que certains maîtrisent remarquablement l’exercice.

Donc, la CS3D, représentante de la branche, se rapproche de la FNSA, la Fédération Nationale de l’Assainissement et de la Maintenance Industrielle. Dans la liste de mariage, il y a un OPCO commun et une collaboration sur le compte pénibilité (le si bien nommé).

Les deux partenaires sont enthousiastes et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Tant mieux, car l’aveu d’un chantier « colossal » augure d’une complexité et d’un temps de réalisation à rallonge : il faudra d’abord s’accorder sur les salaires, puis négocier un accord de convergence et l’appliquer… Remercions d’avance les bénévoles de la CS3D pour les longues heures de travail que prendra ce processus.

Décidément, l’ancien métier moyenâgeux « d’écorcheur de vilaines bêtes » qui s’est transformé en « applicateur » de vilains produits à la fin du siècle passé est le fourre-tout des métiers peu ragoutants. Il y a déjà le dégraissage de hottes et la désinfection des équipements liés aux ordures ménagères, on ajoutera dans quelques mois ou années le curage des égouts et la vidange de fosses septiques.

En quoi cela renforcera-t-il l’image de la profession ? D’abord quelle profession ? Peu de dératiseurs et désinsectiseurs circulent en camion de vidange ou de curage, et peu d’agents d’assainissement ou de maintenance industrielle ont à faire avec les souris et les blattes dans des appartements chicos du XVIème.

L’enrobage très politique du texte ministériel ne trompe personne. Qui peut raisonnablement croire que « Cette restructuration aura pour effet de renforcer les branches. La négociation sociale sera donc plus équilibrée et redynamisée » avec des métiers si différents ?

Quant au très hypocrite « Enfin, des branches renforcées pourront jouer un rôle plus structurant pour les petites et moyennes entreprises qui n’ont souvent pas les moyens de négocier », il fait fi de la structure très particulière de la branche des 3D :

Structure de la profession

Qui peut croire que les 88% de TPE et PME seront mieux entendues quand elles se plaindront encore et toujours, et à juste raison, de la gabegie d’un CERTIBIOCIDE de 3 jours obligatoire, même pour son renouvellement ?

Le déni de réalité est inquiétant. Lors de mes derniers audits pour des villes et agglos, j’ai encore constaté que les entreprises les plus connues du métier font un travail de piètre qualité, qui se résume à poser des boites en série, de très grosses gouttes de gel bien visibles sur des endroits où les blattes ne circulent pas, et remplir des tonnes de papiers ou de formulaires sur un logiciel dédié.

Même chez de petites PME je retrouve cette logique d’en « mettre plein la vue avec plein de boites, pourvu qu’on fasse un ou deux rats morts ». Comment voulez-vous que nos contemporains témoins de ce genre de pratiques aient une image positive du métier ? Comment voulez-vous qu’ils y comprennent quelque chose lorsqu’ils verront que les vidangeurs de fosses septiques sont des collègues des dératiseurs ? Il y a effectivement de quoi être sceptique, non ?

Mais s’il n’y avait qu’en notre douce France que se prépare un avenir meilleur pour notre métier… Le CEPA, le Syndicat européen des grosses boites (les 1% du camembert plus haut), fait dans la politique.

Il souhaite une reconnaissance professionnelle européenne malgré la « mauvaise qualification » de bien des entreprises « dans de nombreux pays ». En effet, il y a des pays européens qui ont la chance de n’être pas soumis un CERTIBIOCIDE, qui sont considérés comme mauvais élèves.

Tout part de là :

https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9morandum_d%27entente

Citation : « Un Mémorandum d’entente (en anglais Memorandum of Understanding – MoU) ou Protocole d’entente (PE) (Canada1) est un document décrivant un accord ou une convention bilatérale ou multilatérale entre ses parties. Elle déclare une convergence d’intention entre les différentes parties, indiquant une ligne d’action commune. Il est souvent utilisé dans les cas où les parties n’ont pas impliqué un engagement juridique ou bien dans des situations où les parties ne peuvent pas créer une entente ayant force exécutoire. Il est une alternative plus formelle à un gentlemen’s agreement . »

L’idée est donc de signer un accord qui déclare « une convergence d’intention entre les différentes parties, indiquant une ligne d’action commune. »

Dans cet accord, les professionnels s’engagent à être certifiés EN 166-36, à former leur personnel, à privilégier le préventif, le durable et l’humain et à être audité par des organismes externes.

La certification CEPA (norme EN 166-36), qui contient déjà tous ces engagements, n’aurait-elle donc pas assez de crédibilité auprès des clients ? Au point de nécessiter un résumé de son contenu ? Car le MOU n’est rien d’autre…

Au fait, pourquoi cette initiative ? Elle est faite pour les grosses sociétés dans des pays sans certification, qui veulent séduire des clients en se distinguant du menu fretin, parce que chez eux, la certification CEPA n’est pas suffisante.

Je ne crois pas qu’un coup de MOU arrangera les choses…

Pierre Falgayrac

Sur l’interdiction d’utilisation des anticoagulants en appâtage permanent

L’évolution de la règlementation française impose désormais aux fabricants d’indiquer sur les étiquettes des rodenticides « NE PAS UTILISER DE RODENTICIDES EN GUISE D’APPÂTS PERMANENTS (par exemple, pour éviter toute infestation de rongeurs ou pour détecter l’activité de rongeurs) » – Etiquette de « Notrax blox Tous Temps » de Lodi Group.

Et la CS3D d’enfoncer le clou lors d’une conférence de presse le 6 juin dernier : https://www.cs3d.info/actualite/6-juin-2019-journee-mondiale-de-la-prevention-des-nuisibles/

D’où il ressort que cette interdiction va « provoquer une prolifération des rats », en conséquence de quoi la CS3D va faire du lobbying auprès du Ministère de la transition Ecologique « afin d’obtenir un alignement de la France sur la position européenne (autorisation de l’appâtage permanent avec bromadiolone et difénacoum) »

Autrement dit, désinformation et hypocrisie. Expliquons.

Premièrement, lors de mes derniers audits pour des IAA ou pour des villes, j’ai constaté une nouvelle fois que tout ce qui est ceinture ou alignements de boites ne sert strictement à rien. A rien !

D’ailleurs, vous qui me lisez, vous savez très bien que sur des dispositifs comptant 300 boites, il y en a 298 dans lesquelles il ne se passe jamais rien ; quant aux deux autres ; il y a seulement des consommations partielles avec des crottes de jeunes rats. Autrement dit, une contribution au phénomène de résistance, dû, rappelons-le, à des prises répétées de doses non létales.

La preuve :

Nous sommes dans une IAA qui fait des aliments pour animaux. Le prestataire 3D est certifié Certibiocide et a suivi une formation en dératisation chez un fournisseur du collège formateurs de la CS3D.

Il y a donc une ceinture de boites d’appâtage avec 3 rodenticides différents (broma, difénacoum et diféthialone).

Une des deux boites il y a consommation partielle (granulés au difénacoum) et des crottes de jeunes rats
Dans le prolongement du mur où sont installés ces boites,
à 10 mètres, il y a une source permanente d’aliments sains: Du maïs.

Explication : Pendant que les rats dominants consomment du maïs sain, les dominés, de jeunes individus, s’alimentent un peu dans les boites d’appâtage qui sont à 5 et 10 mètres, en attendant que la place se libère au maïs..

Et malgré cette ceinture avec des rodenticides, il y a bien plus d’une centaine de rats à l’intérieur…
Donc, la ceinture de boites avec rodenticides ne sert absolument pas à « éviter toute infestation de rongeurs ou pour détecter l’activité de rongeurs », comme indiqué sur les étiquettes et dans le discours de la CS3D, absolument pas !


Pour une raison très simple : Tant que les sources de nourriture habituelles des rats leur sont toujours accessibles, l’appâtage permanent n’a aucune utilité et génère des phénomènes de résistance.


Je me répète, insiste, persiste et signe : Les ceinture et alignements de boites d’appâtage sont des lignes Maginot totalement inefficaces et perverses. L’interdiction de l’appâtage permanent est donc une bonne chose pour réduire les phénomènes de résistance.


Ensuite, vous, professionnels qui me lisez, demandez-vous pourquoi vos fournisseurs présentent à leur catalogue depuis déjà plusieurs années des appâts « placebo » ? Pour faire joli, ou pour respecter la règlementation ? Car si la France a adopté cette interdiction, avant les autres, dites-vous bien que le reste de l’Europe suivra tôt ou tard.


De toute façon, le rapport (écrit en anglais) « Mesures d’atténuation des risques pour les rodenticides anticoagulants » (Philippe BERNY, Alexandra ESTHER, Jens JACOB, et Colin PRESCOTT, 2014 ), qui sert de référence aux législateurs européens, précise :
– « L’appâtage permanent ne devrait pas être effectué à l’extérieur à moins qu’il y ait un risque élevé de ré-invasion, car il présente un risque très élevé pour les espèces non ciblées.
– L’appâtage permanent peut être effectué à l’intérieur, en particulier là où il y a une exigence réglementaire, ou lorsqu’il y a un risque élevé de ré-invasion, car il peut être géré pour présenter un faible risque pour les espèces non-cibles.
– En premier lieu, la durée de l’amorçage en extérieur devrait toujours être limitée à 35 jours (5 semaines). Par la suite, l’activité continue des rongeurs pourrait indiquer que les rongeurs sont résistants au rodenticide ou qu’une proportion importante de l’infestation n’est pas traitée et qu’ils se déplacent continuellement dans la zone traitée.
– La fréquence des visites devrait être laissée à la discrétion de l’opérateur, à la lumière des évaluations des risques effectuées au début du traitement. La grande diversité des sites infestés par les rongeurs exclut toute fréquence stricte. Cependant, les sites traités devrait être visité au minimum une fois par semaine. ».


Notons que le collège d’expert se prononce contre l’appâtage permanent « pour le risque espèces non cibles », alors que la CS3D joue sur les peurs de nos contemporains avec sa crainte de « prolifération des rats ». Désinformation, disais-je…


Que faire pour s’adapter à cette règlementation ?
Pour commencer, la respecter, puisqu‘elle contribue à diminuer les phénomènes de résistances, donc à augmentera à terme l’efficacité des anticoagulants.


Deuxièmement, acceptez la réalité des faits : L’appâtage permanent n’a aucun effet régulateur sur les populations de rats, aucun.


Troisièmement, là où vous avez installé des ceintures ou des alignements de boites, forcez sur l’étanchéité des locaux en faisant vous-même les petits travaux que vous demandiez à votre client de faire. Rien de bien compliqué à exécuter avec la laine d’acier et les pâtes répulsives que vendent vos fournisseurs. Rappel: Aucune ouverture supérieure à 6 mm pour la souris et 1,5 cm pour le rat.


Quatrièmement, là où les boites sont censées jouer un rôle de détection, en IAA notamment, remplacez donc les appâts empoisonnés par des placébos. Cela continuera à ne servir à rien, mais votre client sera toujours content de voir plein de boites.


Cinquièmement, si vous avez les moyens et votre client aussi, remplacez les boites par des pièges nasse, avec des appâts sains. Ils ne serviront à rien, mais tout le monde sera content.


Autrement dit, dans les faits, cette nouvelle règlementation ne change rien pour les dératiseurs qui aiment leur métier et limitent au maximum l’utilisation des biocides.

Ci-dessous un tableau récapitulatif

Pierre Falgayrac